CHAPITRE VU
l'abstraction et la GÉNËRALISÀTION
I. L'esprit forme lai-m6me les idées abstraites. Elles difièrent des idées eottcrètes, en ee qo'elles n'ont j^as d'objet réellement existant. L'abstraction consiste à éfêtaolier one qualité d'un objet pour la conshléner isolémeiift. fflte fonctiofime d'abord spontewteMit : la» sens sont >Aas iurtmoiettl» d^abstraeUsn. SUa deneafc ensuite on iostrument soieattfiqae el une «o^ditiMi 4e la science.
IL L'idée généraie est une idée abstraite, appliquée à an nombre plus on moin» i^Mié «d^hgéts ; nnlB tonte 4dée tb^lraUte mV* pas «ne HMte ijgMrsAs, Uj ^ dm degrés 4lans la gteéralitéi d'oà Im deux earaetires de toote idée générale : . Textension et la comprébension. Exemples. Comment se forme Tidée générale. SaoB la généralisation, il n'y «nralt pas 4e scîMce possible.
sa. Rqyports 4n langage «fM l'aèntraetioB «t ia générniismsen : U Mt léewsaise pour aider à former les idées abstraites et générales et eosuite pour les Bxer ; mais il ne les crée pas. L'homme ne pense pas parce qu'il parle ; il parle paras qu'il peaM. Dangers de i*aiistnMrtieB 0t4« la <gésérsAintio% larsqaaoes facultés ne sont pas bien dirigées.
IV. L'intelligence enfantine est capable d'abstraire, mais dans une mesure très rsstreiiMe t ^iffienité peor le» «nftnts de saisir, les i4Mes «bitr«ft«s. Selles ^'tls oomprenneat n'entrent dans leor esprit que par leur rapport avec de* idées concrètes rappelées par la mémoire et l'imagination. Les données de la psyeboio^ expérimentale à oe poitrt de Tae sont cenftnBées par l^ids^rè de» tangvas. lia généralisaition paradt offrir aux «afaais moins de dtCfieuUés %nû. l'abstraction ; en réalité, les idées générales qu'ils saisissent ne sont que des Idées collectfres, par oonséquent ayant an rapport aisé à établir aree û»a ré»»
La itMlB lie papier sur laqueil* j'éorii ft iiû nartaia hftmt^ n oftriaki degré de feroe; elle est saitiaé», eile est blan^e : pÊfsm. ÉMites ces qualités, c'est ««tte denûère qui me û«ppe, j/^ la considère à part des autres et comme si elle existait seule. J& puis même la considérer indépendamment de l'objet auquel elle appartient, ca^ ma mémoire me rappellera l'idée de lilaa*
eheoF sans la rattacher à aucun objet particulier. De meniez dans Tordre moral, lorsqu'on dit : Tesprit de Mme de Sévig^né, la cruauté de Louis XI, le courage de Bayart, on détache^ en «pielque sorte, de Fensemble des qualités bonnes ou mauvaises de ces personnages, une qualité spéciale, que Ton met à part.
Les idées que Ton forme ainsi sont des idées abstraites. Elles n'ont pas d'objet réel, et c'est là ce qui les distingue des idées concrètes. L'idée de papier blanc est une idée concrète, parce qu'elle représente sous l'un de ses modes un objet réellement existant; l'idée de blancheur est une idée abstraite^ parce que, s'il y a dans la nature des objets blancs, il n'y en a pas un qui soit la blancheur. Il y a des personnes spirituelles, brayes, cruelles : il n'y a pas un être qui soit la bravoure, l'esprit, la cruauté.
La faculté que nous avons de former ces idées est l'abstraction. Abstraire t, e'est donc détacher une manière d'être de l'ensemble des manières d'être d'un objet, comme si elle existait seule en dehors des autres et en dehors même de l'objet. Ce n'est pas la même chose qu'analyser, l'analyse consistant à décomposer un tout en ses parties constitutives ; mais, sans la faculté d'abstraire, nous n'aurions pas celle d'analyser: l'analyse est un des emplois de l'abstraction. L'abstraction n'est donc au fond que l'attention elle-même qui s'arrête sur une qualité d'un objet.
L'abstraction entre en exercice spontanément, aussitôt que les sens fonctionnent, puisque, par la spécialité de leurs organes, ils nous font percevoir chacun un ordre de notions distinctes, celui-ci les sons,ceIui-là les couleurs, un autre l'étendue. Dès lors, nous sommes tout naturellement portés & considérer cet modes isolément les uns des autres et même de l'objet à propos duquel nous les avons perçus. Ainsi notre organisation physi* que nous met sur la voie ; « le corps humain est comme une machine à abstractions * » ; Fhomme le moins instruit use de cette faculté aussi bien que le plus savant, mais sans le savoir, et par conséquent sans grand profit. Il est souvent fort uUle de savoir user de Tabstraction, dans les jugements pratiques qvi