‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 75 sur 206 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm

L^ÏMAGÏNATION

I. It'taMfiMlifl» Ml U hoÊ^A de m Kiiréiwitor lltMigi d«i «l^fvte vappelét put U mémoire ; on l'appelle rimaginatioii reproductive. Elle est eneore la faealté 4e «réef defe idées qui nSmt pas d*objet réel, d*inTeiiter ee qui n'existe pas ; 4* l^ppsila ttloni ri««ciMtioD «ciatriM. LlamgimllM Myredacâv* «Kiete ohes les enfants; elle est d'an grand secours à 1a méaaoire ; elle eflt également utile dans l'apprentissage et Pexercice de la plupart des métiers. L'enseignement par l'aspeet est an bSH Msyett de H ««illisiBf »

II. yimâginatiQB evéateim te awintre ehes Im eafratS) d'eterd dans leors JQ«x». oii ils font preuve d'esprit inventif; dans leur goût pour Témotion dramatique^ ^pm» tes eoiÉtae, les Téoits memMllteaK; «tans lew intelKgenee de la plaisanterie ; ils ne sont même pas insensibles à certaines éasotieas eethétiqaea.

lU. Dangers de rimagination, si elle se dévelop^ au détriment de la réflexion M de !^ «ai»oii.Ses avaMagés il elle est bien dirigée et développée dans le sens «ta hmm «t do bàen. «W «i soDeplibled'Mwitioa, et eeMe éduwatisn eeasMÉi non à l'étouffer, mais à. la «égler. KUe est U faculté de l'idéal, et to«t 1» monde abetoin dtdéal.

Loftifie, mu retour àm y«tsiNicos, im éeolier raconte h ses eenuK radw un 'vi»;y«fe qa'i « fait, non senteMenC il m rappelle tee villes, les tnominiefils, les paysages qu'il a ras, «» te qui est le trayaii propfv de le mémoire et âe TaesoeiatiDii en idées, --^ meis ti ne peut ee lee rappder sans les revoir par la pensée, fin les déermnty il ias a pour ainsi dire sons les ^nsiue; et ses eiràK tenrs, qei se les ont pas vus, ee les figurent comme s'ils le» ye|»iei^ «u Air et à mesure de la description ; rineage^ eelon rezpressaon d'nn grand poète *, est « «ne perole nsihie ».

t. Dante, 4k't)tM cêméHê : Pwr^^, X,, M.

Il y a donc là une faculté nouvelle : c'est Timagmation, ou faculté de se représenter Fimage des objets auxquels on pense.

Le maître a promis à ses élèves, comme récompense, une partie de campagne : les enfants s*en réjouissent et littéralement 8*7 voient déjà. On ira dans les bois, on visitera une ferme, on goûtera sur Therbe... G*est encore Timagination qui fonctionne, mais d'une manière plus compliquée. Il n'y a plus simple reproduction imagée d^une idée, d'un souvenir; il y a combinaison d'idées et de souvenirs. L'enfant arrange dans sa tète, comme on dit, le divertissement qui lui est annoncé ; au moyen d'éléments divers qu'il rapproche, qu'il sépare, qu'il modifie à sa fantaisie, il en dresse le programme; que dis-je? il assiste par avance à sa réalisation. C'est une œuvre personnelle, une création de l'esprit, qui suppose d'abord la faculté de se représenter les idées sous forme d'images, mais en outre la faculté de travailler sur ces idées, d'inventer, de produire quelque chose qui n'existe encore que dans l'esprit et à quoi , le plus souvent, ne répondra pas la réalité.

Il y a donc deux sortes d'imagination, la première dite simplement reproductive, la seconde dite créatrice. L'une et l'autre existent chez les enfants.

Il n'est pas nécessaire d'insister longtemps sur l'imagination reproductive. Elle est en raison de la vivacité de l'impression produite et de la sensation qui en résulte. Par conséquent, elle dépend beaucoup, comme l'attention, comme la mémoire, de l'état du cerveau et des sens; mais elle dépend aussi des habitudes données à la mémoire et à l'attention : plus l'idée sera précise, le souvenir exact, plus fidèle sera l'image. Et réciproquement l'image viendra en aide au travail de Tintelligence : l'enfant apprend la géographie au moyen de la carte, mais il n'aura pas à chaque instant une carte sous les yeux ; pour se rappeler la géographie, il faut qu'il revoie par la pensée l'emplacement de telle ville, le cours de tel fleuve, la direction de telle chaîne de montagnes. Qu'on lui parle d'un mètre cube, il n'en aura une notion précise que si cette notion est enveloppée, par exemple, dans l'image d'un stère de bois. Il ne comprendra pas bien ce qu'est une longueur de deux mètres, s'il ne se figure un objet de cette longueur, une table, on banc. L'intelligence des idées abstraites est à ce prix : la

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géométrie ne ya pas sans des figures, ni le calcol sans des signes, quoique par Thabitude on puisse arriver à se représenter les formes géométriques sans les tracer et à faire des opérations compliquées sans les écrire.

L'imagination reproductive n*est pas moins utile pour l'apprentissage des arts dans leur partie matérielle, et môme des métiers les plus modestes. Le maçon qui aligne des pierres doit avoir l'idée de la ligne droite et voir en esprit le mur qu'il élève ; le peintre, l'enseigne dont il esquisse les lettres une à une ; la couturière, la robe qu'elle taille et qu'elle va coudi^ ; la fleuriste, la rose qu'elle est en train de façonner et qui n'est pas encore sortie de ses doigts.

Le sens de la vue est celui qui naturellement fournit le plus de matériaux à cette faculté, qui tire de là son nom; cependant elle reproduit aussi, et quelquefois avec une grande puissance^ le souvenir de sensations d'un autre <Mrdre. Quand l'instituteur fait solfier ses élèves, il a dans' l'oreiUe le son de chacune des notes de la gamme ; quand nn musicien accorde son instrument, il en compare les sons à ceux que son oreille a retenus et qu'il entend en imagination. Lorsque Beethoven, qui était sourd, avait composé une de ses symphonies, il allait se promener dans la campagne et se la chantait à lui-même : il s'entendait. Le souvenir des sensations du goût, du toucher, même de l'odorat, peut être assez vif pour que nous nous imaginions les éprouver réellement; il faut même qu'iâ en soit ainsi, car autrement comment pourrions-nous reconnaître une odeur, une saveur, etc.? L'influence de l'imagination s'étend jusque sur l'organisme : on bâille à la vue ou à la seule idée du bâillement; on frissonne à la pensée d'un objet horrible; la pensée d'un aliment a fait venir l'eau à la bouche », suivant une expression un peu triviale, mais exacte. Le souvenir d'une sensation provoque un état qui a quelque chose de cette sensation elle-même. Les enfants, et même souvent les grandes personnes, racontant une scène à laquelle ils ont pris part ou dont ils ont été témoins , la jouent en quelque sorte sous vos yeux en joignant l'action à la parole. M. Bain ^ a formulé la loi de ces phénomènes : la représentation mentale d'un objet tend à

i. Des tens et de Vintelligence^ 2* partie, eh. I, § 2.

wt9 PÈhAmiam

fiure «itftiiti^ «ti ïiotts te^ mouvetnetih pïiyîBiqttes qui ont ëlè pdmllivemdiit «itsociés à h. setisa!ioii die cet.o^jet.

C'est là «e qu< {yerm^ cte bien sai^h' Ids mpports dô l'imagination reproductive avec lia mémoire, et ta différence entre eHiB. La méMMiire reprodoit le souvenir, c'est-à-dire ridée de oô* (ât^ertes manières d^^tre, en les rapportant au passé; TimagiiilKti«<ii le ^produit également, mais par la vivacité qu'elle lui ^omie elle tend à le faire considérer comme an état actuel.

fi n'y a fms 4e enlture spéciale de «ette faculté : elle croît aiPee la mémoire «t avee le nombre des connaissances acquises.. Qm qu^M y a li fafvre da!»s Téedle, e'est de montrer, autant que possible, les objets dont on parle, &n totalité ou en partie, au «Aoms d'*«n flaire t<dfr da d!*en dessiner fimage. D'une manière pkis {générale, Fédafcalfen des sens inlÛtie sur le développement et «Me la 4^r««tîi»ii èè fimagioatiOB, mais c'est plutôt alors une q«estioa 4*ti{>ptNM)lâ!3sage professionnelle que d'éducation scolaire*

Llmaj^inatîon créatnce demande une attention plus piu^ticor Hère. Ses modes de manifestation soat nombreux, ses focm^us. variées, ses conséquences importantes. Voyons d'aJbiord c&mr ment elle apparaît chez les enfants.

Nous n^vons aucun moyen de savoir si rima|^in&tioA agit dans les enfïBints au berceau, dit Reid ^ . L'e:(ercice actif das . sens et le sommeil le plus profond semblent se partager toai eur temps et laisser peu de place à l'imaginajLion. D'aiUei^s le» matériaux dont elle pourrait disposer sont appfa'eiOHtent en bien petit nombre. Cependant, peu de jours après qu'ils sool nés, on les voit sourire dans le sommeil ; on remarque égi^ament qu'Os remuent les lèvres en dormant. Ces faits semUeiit indiquer que Iléjà leur imagination travaille. Cette observation du psycbologfte écossais est juste , quoique ipcomf»Iètew Nob seulement l'enfant sourit en dormant, mais il s'agite, crie., san* glotte, fait des mouvements comme pour saisir ou repousser les objets, selon la nature de ses rêves. Mais^ comme il ne peut

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