‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 82 sur 206 · I. M. Bain, Outrage cUé^ p · texte numérisé non relu

I. M. Bain, Outrage cUé^ p

l'imagination 219

Dira-iron que cet idéal est bien haut pour la taOlo de Técoto primaire? Nous ne le pensons pas; nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire d'être nourri dans les délicatesses de la ^ matérielle et de participer par la transmission héréditaire aux délicatesses de la vie intellectuelle, pour être sensible aux belles choses, aux grandes choses. Un homme d'État qui est en même temps un moraliste ^ Ta dit avec autorité : « Quand le peuple est attentif, tout ce qui est grand l'enflamme. Il est généreux, il est fier, il aime le récit des grands sacrifices et des grands caractères. Donnez-lui sans hésiter la grande morale, et, autant que possible, donnez-la-lui dans la langue des maîtres, car il ne faut pas séparer ces deux choses, la belle langue et la belle doctrine. » Aussi bien, la poésie, la fiction n'a pas seule le privilège de nous enlever à nous-mômes, de nous transporter, pour nous y faire vivre un moment d'une vie supérieure et plus pleine, dans un monde idéal. Les merveilles de la nature, les découvertes de la science et de l'industrie, l'histoire, surtout l'histoire nationale, celle des bienfaiteurs de l'humanité, celle des dévouements obscurs, quelle source intarissable de nobles et attrayants enseignements, de hautes et fécondes émotions ! C'est la réalité, et c'est encore l'idéal, parce que c'est la réaUté dans ce qu'elle a de plus beau, de plus pur, la réalité donnant le sentiment de la beauté morale, la plus ravissante de ^toutes, éveillant le jugement moral, qui est la parole de la conscience.

Et, en revendiquant pour l'école primaire cette haute culture, j'entends l'école de filles aussi bien que l'école de garçons. Pourquoi les femmes seraient-elles exclues de cette forte et libérale éducation? Ont-elles moins que les hommes besoin do connaître ce qui donne du prix à la vie? Sont-elles moins capables de comprendre et de sentir? Non seulement elles sont accessibles à l'émotion, mais elles ont besoin d'émotion. Faisons en sorte que leur âme ne connaisse que de nobles sentiments, capables de fortifier en elles la conscience de leur dignité morale ; que leur imagination ne soit visitée que par des pensées généreuses et pures. Leur vie est vide, si elles n'y mettent le devoir; qu'elles y mettent aussi l'idéal, qui embellit le devoir et en allège le fardeau. Tout perfectionnement dans leur âme

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