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CHAPITRE IX

I. Rapports qoA «ctoteni : 1* tntre rima^noation et la raison : o*«st la raison seule qui conçoit Tidéal réalisé par rimagioatioD ; 2* entre ,1a raison et la sensibilité intelieetnelle et morale : les sentiments da trai, du beau, du bien, delà divinité supposent des idées oorrespondintes, fournies par la raison.

II. Caractères propres des idées de la raison : elles sont nécessaires, universelles, ab»uluesy et la oondition de toutes nos connaissances. Notions et vérités premières

m. Ces idées apparaissent de bonne heure dans rinteltigence enfantine, qni lei suit et les applique sans le fa voir. Idées de cause, de raison d'éire, d'espaoe, de dorée ; idée de Dieu.

Tel est l'étroit lien qui unit entre elles toutes les facultés de rftme, que les plus différentes en apparence se touchent en réalité de fort près. L'imagination est la faculté de Tidéal, et l'idéal n'est conçu que par la raison. Si elles sont souvent en désaccord, c'est que l'une a été développée au détriment de l'autre ; réunies, et en équilibre, elles se complètent et se soutiennent mutuellement. Locke veut qu'on raisonne avec les enfaçts (les garçons, car il ne s'occupe pas de l'éducation des filles^ « Ils sont capables d'entendre raison, dit-il, dès qu'ils entendent la langue maternelle ». » Les filles aussi, il faut les mener par la raison, autant qu'on peut, dit Fénelon ; c'est ce que disent également les femmes qui ont fait de la p^-dagogie, ou sans le savoir, comme Mme de Sévigné, oa à bou escionti comme Mme de Maintenon, Mme Necker de Saussure, Mme de Genlis, Mme Gampan^ Mme de Rémusat, Mme Gnizot. La rai-

i« De Véducatton aes enfUnts^ frad. Costos«

son, <c substitaée aux volontés despotiques et superncielles ^ », c'est l'autorité légitime du côté du maître, c'est la soumission intelligente et volontaire du côté de l'élève ; des deux côtés, c'est le devoir et la conscience. Mais le devoir est austère, et la conscience est impérative : l'idéal embellit les rigueurs du premier et adoucit les exigences de la seconde.

Tel est, au point de vue moral, le concert de l'imagination et de la raison : le trait d'union est dans la sensibilité ^. Car chacun des sentiments du beau, du bien, du vrai, de la divinité, suppose une idée correspondante, et ces idées sont fourmes par la raison. La raison est ainsi le guide de la sensibilité, et pour ainsi dire son aliment : elle lui offre les plus grandes choses & aimer, à rechercher, le vrai qui est )e Menr de l'intelligeiice, le beau qui est le vrai non seulement conçu, mais contemplé dans sa splendeur idéale, le bien qui est le beau moral et le vrai mis en acte. Et comme ce triple objet dépasse la capacité de l'être qui aspire à se l'approprier, comme nous sentons que toujours la vérité nous échappe par quelque endroit, que la beauté a ses taches, la vertu ses défaillances, la justice ses erreurs, nous concevons qu'il existe une vérité, une beauté, un bien absolus, éternels, sans limites et sans ombres, réalisés dans un être immuable, infini, parfait.

C'est \h le point de vue qui intéresse le plus directement l'éducation ; toutefois, sans entrer dans une métaphysique indiscrète, il n'est pas hors de propos de nous arrêter un instant sur l'étude de la raison en soi, ne fôt-ce que pour savoir d'où lui vient ce caractère d'autorité qu'elle affecte et quelle est la valeur propre des idées que nous lui devons.

Les facultés que nous venons de passer en revue s'exercent dans le domaine de l'observation et de l'expérience, sur des

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