I. M. Egger, p
2M fûmGmiw
Um» fwble fflle df «n a» et sef)i6 moi» TOQlsnt atoir son dj^rp^ov, plaeè s«r une table- tve^ liaiite pom fuselle y péd attemdre r imk patime»,^ plein*», cris ; je me lève «t je le lar doffnie..Son premier jiunsveinent est de le mettre sur sa têfte* ; pais^ aporès quelcpies^ ii^amla 04i elle parait médiiler, e)le va prend)% ison propre cha^ peac, pesé* s«r nae ebalse à sa porté», et me* le présente d'un air fort sérieux. Etait-ce un remerciement ou une invitation à la mener promener, peu importe : il y avait là évidemment un raisonnement analogique 0i même: indaetif. Un: petit garçon de deux ans, après avoir perdu un jouet qu'il aîmait beaucoup, avait été si heureux de le retrouver,, qu'ensuite il le cachait pour avoir le plaisir de le chercher et de le retrouver encore : acte d'invention Imaginative, où le raisonnement a sa part, raisonnement où se rencontrent l'induction et la déduction, comme dans la plupart de ceux que noua faisons- spootanément a» cours de la vie habituelle : « J'ai eu du plaisôr une fois, decz fois... à retrouver mon jouet ; done j'y aurai toujour» da plaisir (inductiioa). -*- Toutes les fois qiie j'ai retrouvé un jouet, j'a» eu du plaisir ; done j'en aurai encore eette fois^ (déductian). » Ce d&uble mourement est figuré par Bacon dans t» qu'il appelleune échelle double : par l'induction on monte, par ki déductida on descend. Raisonner ressemble assez, en efifet, à Faction de mocater o«i de âeseeodre ua escalier ; If es^mt sei^itiâque seitl monte on descend mardM par marche ; dansl'usage ordiDalrev on franchit plusieurs degrés à la fois, sans i^en rendre eomptft. C'est surtout ce qui arrive aixi cnf antsv ; ausd l'analoigie est-elle !• procédé le plus familier k leur intelligence, prescpia le seaft qoi soit bien à leur portée dans leurs premières années*
Il y a donc chez Thomme-enfant une logique naturelle que l'enseignement a pour but de cultiver et de diriger ^. En moiirtr«nt les conditions nécessaires pour juger, on ne donne pas> le jugement; de même, en apprenant acte élevés à raisonner, aa ne Lsnr donne pas la faculté au moyen de laquelle ils peavent
1. Si l'enfant nlivaft pss eette osipadié de raisoimer dès le bereesm, il de pourrait jamais racquaérii, selon la remarque de Laromiguiére : « Son âne^ réduite à de pures sensations, qu'elle ne pourrait ni démêler, ni comparer, ni réunir, ai diviser, serait privée de foute idée et ne prendrait 'amais son rang parmi les intelligences. » {Discours sur la langue du raisonnement, p. 185.)
le* faire et qui est toujoars la raison, nitai» on leur donne 1ibs> coa> seils dont ils ont besoin pour bien joger et bien raisonner; il est aussi facile de usai raisonner foe de' mal juges. JvLsqa!k l'âfge de neuf ou dix ans, la mémoire- et Fatbenfeion s'es^eeent beaucoup plus que la raison , bien qwe Venfrait rai»3ane déjà spontanément ; mais Ters cet % e t on peut ooonmencer à plier cette raison naissante aux lois du raisonnemeni.
Nous avons passé en revue les diverses opérations de l'intelligence. Toutes tendent au même but : connaître. Mais à quoibon connaître, si l'on ne connaît la vérité ? Elle seule implique la connaissance ; connaître et connaître la vérité, c'est tout un. L'intelligence a donc pour objet la vérité. La vérité prend corps dans les différentes sciences, qui en représentent chacune un côté, une partie. C'est par là que l'intelligence peut l'atteindre, non tout entière, maïs par fragments, et la plus mince conquête a son prix. Le petit enfant qui sait reconnaître les lettres on compter jusqu'à dix a fait un gain qui, pour lui, vaut autant que vaudra quelques années plus tard la connaissance de l'arithmétique tout entière ', Et nous avons la conviction que nous sommes capables de connaître la vérité, nous l'affirmons. Je suis certam.,. que signifient ces mots ? Ils expriment l'état de l'esprit qui sesent en pleine possession de la vérité; cet état de Fesprit, c'est la certitude.
A quelle condition la certitude existe-t-elle, où, ce qui revient au même, à quel signe se reconnaît la vérité f A l'évidence. L'évidence est le caractère de clarté avec lequel la vérité se présente et s'impose à l'esprit. J'entends le son d'une cloche. Je touche un morceau de glace : il est évident — et je suis certain — qu'une cloche a tinté, qu'un morceau de glace est sous ma main. Telle est l'évidence primitive, immédiate ; elle est souvent médiate,
;1. Neuf ans, selon M. E^er; dix ans, selon M. Bain. 2. « N*y ayant qn'inie vérité de chaque chose, qiûGonqiie la troave en sait autant que Ton peut savoir ; et,, par exemple, un enfant instruit en l'arithmétique, ayant fait une addition suivant ses règles, se peut assurer d'avoir trouvé, touchant la somme qu'il examinait, tout ce que l'esprit humain saurait trouver. » (Descartes, Discottrs (% la méthode j 2© partie.)
c'est-à-dire que Tesprit ne Paperçoit pas à première vue : il a besoin qu*on la lui fasse voir. Cette proposition : « L'aire d'un triangle est égaie au produit de sa base par la moitié de sa hauteur, » n'est pas immédiatement évidente : elle le devient après démonstration. Ainsi l'évidence est dans les idées et produit la certitude qui est dans l'esprit. Il suit de là que nous ne devons nous laisser persuader, comme le veut Descartes, « que par l'évidence de la raison. » La raison est le maître suprême, il n'y a d'autre autorité que la sienne. C'est elle qui est juge de l'évidence. Telle vérité est vérité, non parce que le maître l'affirme, mais parce que la raison la reconnaît pour telle. « La créance ne se manie pas à coups de poings, » dit quelque part Montaigne ; pour forcer l'adhésion, il n'y a que l'évidence. L'esprit voit la vérité et s'incline devant elle ; tant qu'il ne l'a pas vre, fût-il seul à ne pas la voir, elle n'existe pas pour lui.
Il n'y a donc pas de degrés dans la certitude, parce qu'il n'y en a pas dans l'évidence : la certitude est une, absolue. Quand une chose n'est pas évidente, elle est vraisemblable, probable, et elle l'est plus ou moins, selon des chances qui peuvent faire confiner la probabilité à la certitude ou la réduire à la simple possibilité. Il pleut aujourd'hui, il pleuvra demain, parce que le temps est à la pluie : en quoi diffèrent ces deux propositions? L'une énonce un jugement fondé sur Tévidence, le fait a lieu dans le moment où Ton parle ; l'autre annonce un fait qui pourra avoir lieu, mais qui peut ne pas arriver, parce que le temps peut changer; il n'y a donc pas certitude, il n'y a que probabilité. Plus les chances diminuent, plus la probabilité diminue elle-même au point de n'être bientôt plus que le simple possible : il est probable qu'il pleuvra demain, il est possible qu'il pleuve toute la semaine. Cette distinction à faire est d'une utilité dont l'enfant ne tarde pas à se convaincre, quoiqu'il ne soit pas encore en âge d'être bien prévoyant. Il peut se dire : je n'ai pas su ma leçon hier, il est probable qu*on me la fera encore réciter aujourd'hui, apprenons-la ; j'ai eu le prix de calcuj Tannée dernière , il est probable que , si je m'applique bien, je l'aurai encore cette année. Combien de fois dans la vie n'aurat-il pas à porter des jugements analogues !
On ne négligera donc pas, quand le progrès de l'intelligence le permettra, de montrer aux enfants pourquoi telle chose est
LE JUGEMENT ET LE RAISONNEMEm: %k9
vraie, telle autre fausse ; pourquoi Ton dit oui ou non. C'est ce i que signifie le précepte, si souvent répété, qu'il faut raisonner il avec les enfants, non pas se laisser entraîner par eux dans la discussion de leurs petites subtilités, car ils en ont, mais leur expliquer brièvement, nettement, ce que Ton attend d'eux, de telle sorte qu'ils comprennent qu'on ne leur commande pas pour le plaisir de les contraindre, mais parce qu'il le faut, que la raison le veut. On ne peut pas leur rendre raison de tout : il faut leur rendre raison de ce qui est à leur portée ; pour le reste, c'est affaire à l'instinct de crédulité, pourvu qu'on ne les trompe pas, et qu^en leur imposant une idée on ne fasse entrer dans leur esprit que la vérité.
Résumons-nôus, L'intelligence, à son début, est toute sensitive : la sensation l'a mise en branle; les idées sensibles sont conservées et reproduites par la mémoire , Tassociation des idées et l'imagination, toutes opérations qui tiennent à la fois de l'intelligence et de la sensibilité. L'attention introduit la volonté dans la direction et dans le travail de l'intelligence, qui s'affrancbit de plus en plus de son contact primitif avec la sensation^ et dont les opérations prennent un caractère de plus en plus exclusivement intellectuel; c'est ce qui apparaît dans l'imagination créatrice, dans l'abstraction, la généralisation, dans Texercice du jugement et du raisonnement, dans le rôle supérieur de la raison : ce qui permet de distinguer nettement l'intelligence de la sensibilité.
S'agit-il de la sensibilité pbysique et par conséquent de la sensation, on peut dire que la distinction est de sens commun. Les sens ne font pas l'intelligence ; un sourd peut être fort in* telligent, et un sot peut avoir l'ouïe fine; tout le monde a vu tomber une pomme. Newton seul est parti de là pour constituer le système de la gravitation universelle. Les sens nous montrent l'apparence des choses, l'intelligence seule nous les fait connaître telles qu'elles sont; les sens ne nous donnent qiie des idées particulières , Tintelligence nous donne des idées générales ; les sens ne nous font connaître que les sensations qui leur sont propres, l'iatelligenee seule connaît le vrai et le faux, et leurs différences. La sensation est toute passive, lame la subit; l'intelligence est active, puisqu'elle est attentive et qu'elle
250* f&J>ÂfiOGIE
cfée des idées. C'est par cette piussaoee d*actiYÎté créatcice ^pi» Tesprit iiomaiB aoriTe à la science^ à la possession de la vérité;. s'est là aiiâsi ce qui différencie Fintelligence hosiaine de TiateUigencA: aaimale. L'anisaal pense san» ancua docute^ se souvient, raisoBBe jusqta'à un certain points mais dana ie domaine da monde sensible; il a de Vintelligence Les opérations sensiti«es et non 1^ opésations supéiâeuces^ c'es^-dire proprement et purement intellectuelles..
S'agit41 dA la sensibiLité intellectuelle et morale? Le sentiment dâeete Tâmie, il ne l' éclaire pas; bien pluB^ Une serait paa> san^ ui» idée- (pà en est Fobjet et que rinteUigenett lui présenta. D'ailleurs, n'y a-t-il pas souvent désaccord entre le seBtLmei^ et la pensée, entre la passion et la raison? Qui pose la règle, qui ert capable de diriger,, de mayurieev les sentiments^ les passions, sL ce n'est la raison? C'est encore là une diatinction de sens comman^
Gonduotti qu'il ne faut pas confondre l'intelligence et la sensibilité ; elles constitaent deux fasultés distinctes^ dont les rap^ pcirts s'«pli«pient par l'unité fondamentale de la nature kumaine , mtaâs n'empêchent paa chacune d'elles d'avoir son d^HBiaine et sa fonction propre.