‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 95 sur 206 · Reid, Œuvres, t. V, p · texte numérisé non relu

Reid, Œuvres, t. V, p

tu des d'esprit. Quant à Tédu cation morale, qui consiste, si ron veut lui créer un domaine spécial, dans la culture des sentiments et dans celle de la volonté, mais qui, à vrai dire, est partout, c'est là que se vérifie avec toute évidence la double loi de Thabitude, et qu'il faut prendre garde aux commencements.

C'est une question, si l'enfant est natoreilement menteur, on s'il ne ment qu'après avoir appris le mensonge par l'exemple. Tout mauvais cas est niable : lorsque l'enfant a commis quelque méfait dont il est déjà capable de se rendre compte, il est naturellement porté à dire non^ parce qu'il sait qu'il sera grondé. Quoi qu'il en soit du point de départ, le défaut grandit vite; l'enfant arrive à mentir pour le plaisir de mentir, sans motif, sans utilité pour lui, uniquement parce que le mensonge lui est devenu naturel : c'est une habitude. Corneille a représenté ce défaut dans une comédie intitulée Le menteur : le Menteur trompe tout le monde, il a perdu le sens de la véracité, il lui est impossible de dire vrai; n'a-t-il aucun intérêt à mentir, il ment comme par un besoin de son intelligence pervertie ; il s'est faît nne nature artificielle qui a remplacé la nature originelle. D faut être impitoyable contre le mensonge, qui dégrade la dignité humaine dans un de ses plus nobles attributs, qui ravale l'âme tout entière; il y a dans le mensonge de la bassesse, de la lâcheté; on Ta qualifié de délit * : c'en est un à l'égard de nos semblables, aussi bien que contre notre propre personne. S. Johnson disait : « Si un fait s'est passé à une fenêtre, ne permettez pas à votre enfant de dire qu'il s'est passé à une autre fenêtre. » H y a imprudence à laisser passer comme inaperçues les plus petites altérations de la vérité, à plus forte raison ces petits mensonges dans lesquels les enfants cherchent des excuses à leurs fautes ou des facilités pour leurs essais de désobéissance. Même dans les bagatelles, il ne faut pas jouer avec la sincérité.

Donnons d'autres exemples. Saint Augustin raconte qu'un de ses amis assistait pour la première fois aux jeux du cirque, où, selon la sanglante coutume des Romains, des gladiateurs combattaient entre eux ou contre des bêtes féroces; d'abord effrayé, dégoûté, il n'osait ouvrir les yeux; peu à peu il laisse ses regards s'arrêter sur ce spectacle et finit par ne plus pouvoir échapper

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