V. — Exécution
Le sujet est dicté : l'enfant va se mettre à l'œuvre. Que faire pour l'aider '{ Hien. Si le sujet est bien choisi, adapté aux connaissances et aux aptitudes de la classe, on travaillera de bon cœur. Si les « directions » ont été
(1) Lycée de Tarbes : lycée de jeunes filles et école primaire upérieure de garçons de Toulouse.
judicieuses, on travaillera avec méthode. Cela suffit. Il serait dangereux d'intervenir indiscrètement dans rexécutioa du devoir. Conientons-nous de ménager à nos jeunes auteurs ua temps suffisant pour leur composition et de nous assurer qu'ils ne l'emploient pas à des occupations pins tentantes.
Est-ce à dire que nous devions fixer l'heure ou la minute à laquelle, dans chaque étude, on prendra la plume pour rédiger la composition française ? Certains chefs d'établissements ne reculent pas devant la rigueur d'un tel règlement. Mais je crains que les résultats ne répondent pas à leurs bonnes intentions. Nous avons tous éprouvé, durant nos années de collège, et nous éprouvons tous, chaque jour, qu'on ne fait pas de bonne besogne à contre-cœur. Si modestes que soient nos travaux, ils réclament, tout comme ceux des poètes, une sorte d'inspiration. Reconnaissons que l'inspiration ne vient pas toujours, chez nos écoliers, à l'heure fixée par l'emploi du temps. Et évitons-leur le supplice d'une tâche accomplie inçjtâ Minervâ. L'une des idées directrices de notre méthode, c'est que la joie doit accompagner l'effort ; si l'élève ne choisit pas son moment, la composition française, devenue travail forcé, ne saurait lui apporter aucune joie.
Bien que la surveillance de l'exécution soit la tâche propre des professeurs adjoints et répétiteurs, il n'est pas interdit aux professeurs de s'intéresser à l'élaboration des devoirs. Les uns font en étude quelques visites. Les autres, plus nombreux, exigent que, plusieurs jours avant la^ remise des copies, un brouillon
LA COMPOSITION FIUINÇAISE ll3
leur soit présenté (1). Ils ont ainsi la preuve qu'on n'attend pas le dernier moment pour bâcler le devoir. Et ils peuvent, à l'occasion, inviter l'élève à rectifier son ébauche, à modifier son plan, à expurger son manuscrit des fautes les plus grossières. D'autres, enfin, réclament le brouillon en même temps que la copie (2), et, si cette pratique est moins efficace que la précédente, elle a du moins un avantage : le maître peut s'assurer de la réalité, de la sincérité et de l'intensité des efforts accomplis.