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COMMENT FIXER LES CONNAISSANCES DANS L'ESPRIT DE NOS ÉLÈVES

A. Circulaire adressée aux Inspecteurs de V Académie de Toulouse (22 mars 1912).

I Nos élèves oublient rapidement ce cju'ils ont appris. Tous les jurys d'examens sont stupéfaits de l'ignorance de nombreux candidats auxquels les bons maîtres n'ont pas manqué. Sans doute, la loi de l'oubli est une loi fatale. Néanmoins, il estnéces saire de cherctier à en atténuer les effets. C'est pourquoi je désire que, dans tous les Lycées et Collèges, dans toutes les Ecoles Normales et Kcoles Primaires Supérieures du ressort, les assemblées de professeurs soient appelées à délibérer sur cette question :

« Gomment fixer les connaissances dans Vespril de nos élèves ?

•i Cliaque assemblée pourrait, dans une première séance, nommer une Commission dont le rapport serait ultérieurement discuté. Rapports et procès-verbaux me seront adressés avant le 15 juin.

« Si l'on veut aboutir à des conclusions précises, on fera bien de circonscrire le champ de la discussion : sans chercher si le mal vient de l'étendue des programmes ou des vices de l'emploi du temps (questions que nous retrouverons), nous pourrions

(1) Extrait du Bulletin de V Université et de l'Académie de Toulouse, octobre-décembre 1912.

COMMENT FIXIîa LKS CONNAISSANCES fiO

nous borner à nous demander si noua employons, pour inculquer des connaissances h nos élèves et pour les leur faire conserver, les méthodes les meilleures.

« 1" Acquhition des connaisaances. — On ne garde que co qu'on a gngné par un effort joyeux.

« Exigeons-nous de nos élèves des efforts assez intenses et assez réjiétés ? Certaines de nos mcttioiîes, par réaction conL-e celles qui réclanitiient' un t^ffort trop exclusivement machinal, te vont-elles pas jusqu'à bannir tout effort ? Quelles sont cilles qui, sans flatter à l'excès la sensibilité, donnent aux élèves lo goût de l'effort intellectuel sans lequel aucune connaissance n'est acquise ?

t 2° Conserimlion des connaissances. — .'ou s réussissons, on général, à rendre la mémoire de 1 enfant plus fidèle, cherchonsnous à la rendre plus tenace ? Nos élèves apprennent leurs" leçons pour une échéance fixe et prochaine. Mais l'oubli suit immédiatement l'échéance. Ne pourrions-nous pas modilicr nos traditions et donner certaines leçons pour une date indéterminée ou lointaine ? Au lieu de fixer à l'avance l'époque des revisiout-', ne devrions-nous pas admettre que le professeur peut, à ton Se heure et à l'improviste, interroger des élèves sur les leçons anciennes ? La mémoire s'habituerait ainsi à garder indéfiniment co qui lui aui'ait été confié.

« Ces remarques no sont destinées ni à délimiter étroitement l'ordre du jour des assemblées de professeurs, ni surtout à leur suggérer des conclusions, mais, ),out simplement, à amorcer, s'il eu est besoin, les discussions ».

B. Conclusions de V enquête.

A la suite de la circulaire du 22 mars 1912, j'ai reçu cent quatorze mémoires. Le cent quatorzième ne m'a pas paru moins intéressant quele premier : puis-je faire des auteurs un plus vif éloge 1 Je voudrais faire connaître toutes les observations délicates, toutes les discussions pénétrantes, toutes les idées ingénieuses que contiennent ces travaux. Mais la tâche serait immense, et, au risque

de donner une idée touf. à fait insuffisante de l'effort ac corapli et des résultats obtenus, je dois me borner à résumer et à apprécier brièvement les principales conclusions de cette enquête.

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