NOUVELLE MÉTHODE DITE PHONIQUE
La syllabe ne se décompose qu’en deux éléments : le son et l'articulation. Exemple, bâton s’épelle : be-â : bâ, te, on-ton, bâton ; Dyramide : pe-y (1) py, re-a (2) : ra, pyra, me-i, mi, pyrami, de-e : de, pyramide ; charité : che-a : cha, re : ri, Chari, te-é : té, charité ; monde : me-on : mon, dec : de, monde, etc.
Dans cette méthode le mot est considéré comme un composé de syllabes et non comme un composé de lettres. Dans la syllabe on ne distingue que deux éléments : le SON et L'ARTICUI.ATION.
(1), ne pas dire grec.
(2)—a aigu, comme dans le mot Pape.
On commence par l'étude des sons, qu'iis soient représentés par une lettre ou par plusieurs, et l’on fait lire : 4, 0, #, an, un, on, ou, of, etc, sans lenir compte des lettres. On apprend ensuite à distinguer les signes des articulations en leur donnant des noms aussi peu sonores que possible, et 6, 9, m, ch, gn, se lisent : be, pe, me, che, gne, etc., etc.—le mot champignon, cité plus haut, se lit alors : che-am : cl am, pe : pi, g'ne-on : gnon.
“II n’est pas douteux pour personne, dit Vincent, que ce procédé soit de beaucoup supérieur à l’ancien. Il ne satisfait pas non plus complètement la raison ni les sens ; mais il est si près de la vérité qu’il ne peut leur causer une brutale surprise, Les résultats qu’il a produits sont tels qu'on les avait attendus. Grâce à bi, l’enseignement de la lecture est moins routinier et moins fastidieux : cette étude est considérablement abrégée pour le plus grand bonheur des enfants e pour le plus grand avantage de l'instruction générale.”
L'ancienne épellation décompose la syllabe en autant d'éléments que de lettres ; exemple : cheval : cé-ache-é, vê-delle, Le procédé phonique ne décompose le mot qu’en deux éléments : le soz et l'articulation ; par exemple : cheval : che-e, ve-al.
son est le produit simple et élémentaire de la «ns inodification.
L’articulation, où son articulé, est une modification du son, produite par certains mouvements des dents, de la langue; des lèvres, etc.
La langue française a treize sons proprement dits et dix-huit articulations, ou sons modifiés.
Voici les treize sons : a, e, 6, à, 4, 0, u, en, ou, an, (ou bien en) zx, on, n.
Voici les dix-huit articulations : 4, 6, d, / ROAIUES Zm, p,r,s,E 0,23, ch, gn, ill.
Une syllabe est la réunion d’une articulation et d’un son (quelquefois c’est un son seul) qu’on prononce d’une seule émission de voix.
Dans la langage écrite, les syllabes, ne sont pas détachées les unes des autres, se composant directement de lettres. On compte vingt-cinq lettres : mais ces lettres ne correspondent pas chacune à un son particulier ; la langue française n’a pas autant de lettres que de sons proprement dits et de sons articulés ; en outre, quelques sons peuvent se représenter par plusieurs caractères différents, qui ainsi sont équivalents dans certains cas : e, an, cm, aon, etc.
Il y a deux sortes de lettres : les voyelles et les consonnes.
Les voyelles dans la méthode phonique, sont les sons : 4, €,1,0, 4, y.
Les consonnes représentent les articulations : ë, on 28 7; k, LA mn, ñ#, p, 4 r, S, ê, 7, #; 2.
Le son est simple lorsqu'il s'écrit par une seule lettre : 4, e, 2....; il en est de même de l’articulation : 4,c, d.... On entend par son composé et articulation composée un groupe de voyelles ou de consonnes qui ne représentent qu'un seul son ou qu'une seule articulation : en-on-an.... (sons composés), ch gn ill (1) (articulations composées).
C'est ici qu’il importe d'établir ce qui distingue la méthode phonique de l'ancienne méthode de lecture : nous voulons parler du mode de désignation, ou de l'appellation des lettres. ‘ Il importe, en effet, dit Charbonneau, de ne pas confondre le #0» des lettres, qui est bien connu (4, bé, cé, dé, etc.,) avec
L] (1) Prononcez : Che, gne, ye.
leur valeur, c'est-à-dire avec la prononciation qu'elles rffectent quand elles sont ré‘‘nies en syllabes (on p : . ainsi figurer cette valeur : & (1) be que, de, fe, gue, etc.)
Ceci posé, et dès qu’il s’agira d'apprendre à lire à un enfant, il sera évidemment préférable de désigner et de lui faire désigner les lettres par leur valeur et dire : a, be, que, de, fe, etc. Supposez, en effet,que l’on veuille faire lire à l'enfant la syllabe ma. Si, en apprenant les lettres, il les a nommées emme, à, il dira forcément et logiquement ee, & : EMMA ; il faudra le dérouter en lui apprenant que emmeet & réunis se disent #a ; c’est une double étude et une double peine. Mais s’il a appris à désigner ces deux lettres par #e, a, il ne s'agira plus que d’une simple élision d’e muet, et il lui sera bien plus facile de dire #e a : mea, et plus vite ma.” C'est à cette dernière appellation que se rallient la plupart des auteurs modernes : les enfants apprennent d’abord à désigner les lettres par leur valeur (4). Plus tard, quand ils savent lire, et qu’il n’y a plus à craindre d’embrouiller leur intelligence, on leur enseigne le zo» des lettres, qui est retenu très facilement, et que les enfants emploieront presque exclusivement dans la suite pour désigner ces lettres. Ù
Tandis que l’ancienne méthode oblige les enfants à apprendre tout d’abord une série de lettres majuscules et minuscules, italiques, gothiques, etc., etc., puis un nombre considérable de syllabes qui ne disent rien à leur esprit, la méthode phonique se
(1) Prononcez a comme dans rade.
(4) C'est-à-dire que l’on donne aux lettres la prononciation Fa .rà id groupement en syllabes. Ex : laële,te-a : ta, ble e :
e= table.
contente d'enseigner quelques soxs simples, quelques articulations simples ; puis elle combine ces sons et ces articulations qui donnent des syllabes avec lesquelles on forme immédiatement de petits mots.et de petits phrases à la portée des enfants. Des sons simples elle passe aux sos composés, aux articulaions ‘doubles, enfin aux diphtongues et aux autres difficultés de la lecture élémentaire, procédant toujours graduellement, ne présentant à l'élève qu’une difficulté à la fois.