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heureusement pour la plupart des mots de notre langue on ne peut s’aider de ce moyen commode ; tels sont les termes abstraits, les expressions métaphysiques) ;
Par les synonymes ; mais il faut remarquer ici, qu’à rigoureusement parler, il n’y À pas de synonymes, et qu'entre chacun des mots que nous appelons ainsi, il y a des différences plus ou moins sensibles, mais dont il est aisé de s’apercevoir lorsqu'on essaie de traduire ces mots les uns par les autres. Ce moyen revient à celui que nous avons signalé en premier lieu. Siune idée peut être exprimée au moyen d’un terme scientifique et d’un terme vuigaire et que l’on s'adresse à de jeunes enfants, on aura soin de choisir le terme vulgaire, ce qui ne veut pas dire trivial ou grossier. Mais il faudra bien se garder de rendre un mot obscur par un autre mot plus obscur encore. Enfin, si le mot a plusieurs sens ou s’il est l’homonyme de quelques autres, il faudra le signaler en indiquant au tai leau les différences orthographiques qui les séparent.
—Il sera bon de remonter du sens figuré au sens propre, ee redescendre de celui-ci jusqu'au sens figuré : mais c’est à une partie fort difficile, et comme ce travail s'exerce sur
des mots abstraits et allégoriques, il sera bon, pour en faciliter l'intelligence, d'empioyer l'explication étymologique, s’il s’agit d'élèves assez avancés, pour la bien inculquer.
—Par l'explication étymologique, qui présente l'avantage de permettre aux enfants de faire connaissance avec les famiiles de mots, cette connaissance leur servira quand il s'agira de trancher quelque difficulté d'orthographe. Enfin, sans parler grec et latin, on peut leur donner qnelque idée des ne ‘nes si utiles quand on veut écrire correctement une angue.
VIL.—De la lecture expressive.—Ce n’est pas assez de savoir lire pour soi, il faut encore savoir lire pour les autres ; c’est-à-dire qu’il faut savoir ex lire. Et bien lire est un art qui conduit à #e” Darler, qualité indispensable à tous au sein de nos sociétés modernes.
Remarquons que dans la lecture expressive il ne s’agit plus, comme dans la lecture expliquée, de rendre compte de chaque mot et de sa valeur, mais
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#l s’agit surtout de traduire par l'expression de la voix, les sentiments exprimés par un auteur dans un ouvrage.
Celui qui lit à haute voix doit dre plutôt que lire, maïs dire avec sentiment, intelligence et grâce. Pour cela, il est absolument nécessaire qu'il comprenne ce qu’il a à exprimer. Il doit, de plus, savoir dériger sa voix à son gré, “ pour qu’elle soit comme l'interprète fidèle d’un texte qui, sans elle, est lettre morte.”
D’autres qualités sont encore nécessaires à la lecture expressive. Chasteau les résume très bien dans les lignes qui suivent :-—“Le maître veillera donc à ce que la voix soit bien choisie comme volume et comme ton ; à ce que l'élève parle intelligiblement, car une diction ferme, aisée et nette est plus qu’un agrément, c’est aussi le signe et l’auxiliaire de la pensée que l’on précise et que l’on met en relief. Après le choix du ton et de l'expression, il faut remarquer l’accent des élèves, s'appliquer à détruire en eux certaines habitudes de prononciation très défectueuses comme z# pour #», comme les finales longues et traînantes. Le maître doit encore veiller à ce que la respiration du lecteur soit prise à propos, au moment opportun, à ce que la ponctuaation soit fidèlement observée, car nous savons que l'on ponctue mieux encore avec la voix qu'avec la plume, et qu’une grande partie de la clarté, de l'intérêt même du récit provient de l’habile distribution des points et des virgules que l’auditeur entend sans qu'on les fasse trop sentir, ”
Les conseils de l'abbé Lagacé que nous avons cités au chapitre de la Zecture courante trouvent ici très bien leur place.
VIII. —De la récitation ou exercices de mémoire.—Nous l'avons vu il y a un instant, l’art de bien lire est un acheminement vers l'art de en Parler. Par conséquent, la lecture expressive ne saurait se séparer de la récitation.
Au moyen des exercices de mémoire, on fait acquérir aux élèves ce qui leur manque le plus au point de vue de la langue maternelle : des idées, et avec les idées un vocabulaire de termes propres, d'expressions choisies pour les rendre. X,a mémoire et l’imagination, associées par un lien si étroit dans tous les actes de la vie intellectuelle, tireront un grand profit des exercices de récitation. Le goût aussi bénéficiera de ce genre de travail, car on est toujours plus touché des beautés des pages qu’on a apraises par cœur et récitées à haute voix.
Il faut choisir avec soin le morceau que l'on donue à apprendre aux élèves, afin de profiter d’une occasion certaine de former le goût, facultée si peu cultivée dans un grand nombre d'écoles.
Donc à l’école, nous devons faire du par cœur un exercice SPÉCIAL, ayant en vue la lamgue maternelle, et occasior iellement, le développement de la mémoire, l'éducation de l'imagination et la formation du got.
ÉCRITURE
Il est de la première importance que l'écriture soit enseignée d’une manière pratique aussitôt que possible pour les raisons suivantes : (a) la connaissance de cet art est d’une très grande utilité dans
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l'acquisition des autres branches du cours d’études; (ë) la grande majorité des enfants ne fréquentent l’école que pendant un temps très limité.
Autrefois, l'enfant apprenait d’abord les vingtcinq lettres, puis on le faisait syllaber, lire et écrire.
Le comité catholique du conseil €: l’Instruction publique, d'accord avec les principes de la vraie pédagogie, recommande de modifier cet ordre en faisant lire l'enfant dès sa première leçon. Il trouve de plus de grands avantages dans le système combiné de lecture-écriture. L'enfant doit donc écrire dès qu’il commence à lire, c’est-à-dire, dès le début. L'écriture aide aux progrès de la lecture et réciproquement.
Ainsi on met un crayon entre les mains de l’en-
fant en même temps que son premier livre.
Est-ce à dire que ce crayon doive lui servir à exécuter ce qu’on appelle communément les exercices préparatoires à l'écriture, (barres ou bâtons bien droits, d'épaisseur uniforme, également espacés, plus ou moins inclinés, mais paralèlles dans toute da longuenr de la ligne, —jambages, liaisons, etc.) ? Non, cet enseignement aride, sans intérêt pour l'enfant, est une perte de temps.
Contentons-nous, avec les débutants, d'une reproduction des caractères qu’ils Æsew/ ; ils réussiront à copier passablement des lettres et des mots dans un temps plus conrt que celui qu’ils emploieraient à apprendre à faire de mauvais Od/ons ; sans doute, cette reproduction sera grossière, mais ce sera la copie de signes et de mots que l'élève connaît et qui ont pour lui une signification ; on ne peut pas en dire autant de la reproduction
des déliés, des pleins, des ovales, des liaisons et des fioritures diverses qui ne lui diraient rien du tout : d’ailleurs, avec un peu de bonne volonté et de patience de la part du maître, cette écriture informe s’améliorera rapidement.
Ainsi pour la leçon d'écriture aux petits enfants, que le modèle au /ableau noir où au tableau d'écriture, s’il y en a, reproduise une lettre, un mot, une courte phrase comprise dans la précédente leçon de lecture. Que le maître fasse comparer la forme des lettres manuscrites avec celle des lettres imprimées, qu’il explique de nouveau le sens du mot ; qu’il fasse reproduire ce mot par plusieurs élèves au tableau noir, avant que le travail sur les ardoises ou sur les cahiers ne commence. Cette reproduction-multiple, dirigée par le maître, permet à tous les élèves de se rendre compte des mouvements exécutés pour produire l’effet désiré.
Pour leur travail individuel, ils ont le modèle au tableau noir et le souvenir des mouvements plusieurs fois exécutés sous leux yeux.
Pendant toute la leçon, le maître circule dans les bancs faisant relire le mot imité,; corrigeant sur le cahier ou sur l’ardoise la lettre la plus défectueuse, la refaisant sous les yeux de l'enfant, dirigeant au besoin sa main pour produire le mouvement voulu.
En supprimant les barres ou bdto»s, en supprimant tous les autres exercices dits préparatoires, pour débuter par des lettres et par des mots, nous rentrons dans les voies simples de la nature.
Lorsque l'enfant connaît la lettre à, qu’il sait la retrouver dans tous les mots qu'on écrit au tableau noir, il est suffisamment préparé à la copier. Il
imitera un mot connu avec la même facilité qu’une lettre.
La première imitation sera grossière, malgré le soin que vous aurez pris de lui indiquer tous les mouvements à faire ; mais le /our de main viendra avec l'exercice.