La définition des mots pris dans leurs sens
- les plus ordinaires. —C'est là l'exercice fondamental
et celui qui doit être fait avec le plus de soin. Il est, en effet, indispensable que ces définitions soient très bien comprises avant de commencer les exercices plus difficiles. Pour obtenir ce résultat, il faut que le maître éclaire et justifie ces définitions. Il aura donc le soin de faire précéder chaque leçon d’une causerie familière dans laquelle, au moyen de l’image, ou en montrant les objets eux-mêmes, il fera comprendre le texte du livre.
2. Les exercices oraux, dans lesquels on constate par des questions habilement posées que la leçon a été suffisamment apprise.—Ces exercices peuvent être utilement complétés. On exigera, par exemple, que l’enfant trouve les principaux dérivés des mots étudiés : adjectifs, verbes, etc. ; qu’il forme des familles naturelles de mots, ou des groupements par association d'idées, etc.
3. Les exercices d'orthographe.—1\ est évident qu’en étudiant la signification des mots, on doit aussi apprendre à les écrire convenablement. Et pour donner de l’attrait à cet exercice, nous croyons qu’au lieu de les dicter isolément il y a avantage à faire entrer ces mots dans de petites phrases qui en fixent le sens où en rappellent la signification.
4. Composition française (Exercice oral et écri: à compléter avec les mots de la leçon du jour.)— Nous sommes persuadés qu’un puissant moyen de stimuler l’enfant et de le forcer à réfléchir sur cqu’il vient d'apprendre, consiste à l’obliger à en fair lPapplication en reconstituant un texte où les mot étudiés auront été volontairement omis.
5 Ælocution.—Ces exercices consistent à reproduire oralement et de mémoire la composition frangaise dont on vient de parler. Les enfants arrivent très vite à rendre le mot à mot et ils s’assurent ainsi un double avantage. D'abord, ils apprennent à parler, c’est beaucoup ; de plus, en retenant un texte où se trouvent les mots dont ils ont étudié le sens, ils se rendent plus facilement compte de l'emploi de ces derniers.
6. Invention. —Dans ces exercices, les enfants. etc., auront à exprimer des pensées avec chacun des mots définis. Il n’y a peut-être pas de travail qui prépare mieux à la rédaction. Bien conduite, cette recherche des idées excite l'émulation, requiert la réflexion, habitue au raisonnement ; c’est une excellente gymnastique intellectuelle. Si, avec
cela, on a soin d’exiger que les pensées soient le moins banales possible, et correctement exprimées, cet exercice constitue une des meilleures leçons de français.
III. Invention.—Nous venons de mettre en relief l'importance des exercices d'invention. Développons ce sujet avec plus de détails.
L'enseignement de la langue par L'élocution doit commencer dès que l'enfant nous est confié. Voilà une vérité pédagogique qui trouve son application immédiate dans les exercices d'invention.
Par des exercices très simples, les instituteurs s'efforcent de faire parler leurs petits élèves ; ils les obligent à nommer, énumérer, classer des choses connues, mises sous les yeux le plus souvent possi-
ble, Ils pourront, mais un peu plus tard, raconter des historiettes que les enfants seront appelés à reconstituer dans leur langage, bien incorrect sans doute, (qu’on corrigera avec soin), inaïs très intéressant parce qu’il sera personnel et qu’il sera d'ailleurs d’autant moins incorrect que les questions auront été plus judicieusement posées et plus claires.
Nous cons:‘:lons aux instituteurs de diriger tout d’abord leur: :iforts sur l'élocution et sur la désposition, le trevail d'invention étant naturellement très simplifié, puisque les élèves ont seulement à décrire des choses qu’ils voient.
Dans une seconde série d'exercices, les enfants auront à décrire des objets qui ne seront plus placés sous leurs yeux, mais qu’ils connaissent néanmoins fort bien. Ils auront ainsi l’occasion de cultiver leur wémoire et lenr imagination. L'effort d’77vention est encore très faible, la disposition et l’élocution restant leur principale préoccupation.
Plus tard on donne une simple formule, un canevas, c'est alors que l’ixven/ion proprement dite devient l’objet des efforts de l'élève. Mais l'habitude qu’il a contractée de classer ses idées (#/sposition) et de les exprimer correctement (é/ocufion) lui facilite ce travail, car il a déjà acquis le sentiment du plan, de ja méthode, qui lui fait trouver plus facilement les 2dées essentielles, autour desquelles viennent se grouper naturellement les z4£es secondaires ou acces- Sores,