‹ Pédagogie pratique et théorique [microforme] (volume 2)Chapitre 47 sur 133 · CONSEILS PRATIQUES · texte numérisé non relu

CONSEILS PRATIQUES

Cours ÉLÉMENTAIRE.—Les dictées seront très courtes et le sujet sera toujours à la portée des enfants. Si quelques termes ne sont pas connus des élèves, il faudra les expliquer, les écrire au tableau, les épeler et au besoin les faires copier.

Pour qu’une dictée du cours élémentaire constitue un exercice intelligent et profitable, il est nécessaire qu’elle soit expliquée et commentée en commun par le maître et les élèves, de telle sorte que ceux-ci n’y rencontrent pas de difficultés insurmontables, tout en ayant un effort à faire pour éviter les fautes.

Les questions et les explications ont pour but de

faire comprendre aux élèves les mots qu'ils vont écrire ou de s'assurer qu'ils les comprennent. Questionnez souvent sur les contraires, sut les mots de la même famille (noms, adjectifs, verbes correspondants,) sur les termes se rattachant à une même idée générale ; faites souvent du vocabulaire qui

complète le texte dicté. Indiquez quand ce sera possible, une waxime qui résume l’idée principale de la dictée. Enfin, proposez de nombreux exercices d'application de formes variées ; les maîtres choisiront ceux qui conviendront à la force de leurs élèves.

COURS MODÈLE ET ACADÉMIQUE.—Dès le cours modèle, et à plus forte raison au cours académique, le vocabulaire des enfants est suffisamment étendu pour que le maître ne se croie plus tenu de faire une étude rigoureusement méthodique des mots de la langue et de composer lui-même la matière de ses dictées, comme il l’a fait dans le cours élémentaire. Il a plus de latitude pour le choix des textes, et il lui est permis de faire aux bons auteurs des emprunts fréquents. Ces textes devront toujours être le développement d’une idée morale ou de quelque notion utile se rapportant,

autant que possible, au programme de la semaine, Les élèves doivent y trouver l'application de règles de grammaire précédemment étudiées.

L'exercice d'orthographe, sans être détourné de sa destination essentielle, prendra alors la forme d'une leçon des plus intéressantes et des plus profitables de langue française. Voici la marche qui nous paraît la plus rationnelle et que nous nous permettons de recommander :

Le titre du morceau à dicter n’a pas toujours besoin d’explication ; il nous paraît bon pourtant d’en faire l’objet de quelque observation ou d’un développement capable d’exciter l'intérêt des élèves et de leur faire désirer la lecture du texte qu'il anuonce. L’indication du nom de l'auteur, quelques mots sur sa vie, ses œuvres, le rôle qu’il a pu jouer, tendent aussi au même but,

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Le maître lit alors lentement le texte avec l’intonation exacte qui donne à la phrase tout son relief.

L'étude du fond précède naturellement celle de la forme. Les élèves doivent dégager eux-mêmes, sous la direction de l’instituteur, l’idée ou les idées principales du morceau et en faire brièvement le commentaire. On ne doit pas consacrer trop de temps à cet exercice. On serait mal avisé d’en faire, pour ainsi dire, une seconde leçon greffée sur la première.

Viennent ensuite quelques remarques sur le style, puis l'explication des termes inconnus ou dont le sens a besoin d’êtie précisé. C’est là que se placent ies remarques sur l'orthographe d'usage, les exercices sur les homonymes, les synonimes et ceux d’étymologie usuelle.

Du vocabulaire on passe à la grammaire. Le texte peut contenir des difficultés que les leçons antérieurement données ne permettent pas de résoudre. Dans ce cas, le maître signale le point difficile, énonce la règle ou la fait rappeler par un élève sans plus insister, Il faut, en général, réserver pour le moment de la correction, tout ce qui 1elève du programme déjà parcouru.

Ce n’est qu'après avoir fait ce travail préliminaire que le maître dicte.

On a beaucoup vanté, dans ces derniers temps, la dictée dite moderne, qui consiste à faire écrire en un quart d'heure au plus les passages difficiles que l’on détache d’un texte de plusieurs pages. Le procédé a du bon. Mais nous ne conseillons pas d’en faire régulièrement usage. C’est déjà un inconvénient grave que de dicter des expressions sans suite au lieu d’un tout complet qui est pour les élèves un

modèle de style. Ajoutez que la leçon ainsi faite est très fatigante pour le maître et sans grand intérêt pour les élèves. Enfin, l'accumulation des difficultés dans un temps relativement très court peut être un bon moyen d'investigation pour reconnaître la force des élèves, mais elle est un médiocre procédé au point de vue de l'instruction et de Ja formation intellectuelle.

Il faut, après avoir dicté, laisser aux enfants un temps suffisamment long pour qu’ils relisent leur travail. Dans la correction de la dictée, qu’on ue s’attarde pas à épeler les mots dont l'écriture ne présente aucune difficulté, et qu’on insiste surtout sur les explications grammaticales ayant trait à la leçon précédente.

L'enfant n'a plus qu'à faire, soit en classe,

soit à la maison, le relevé intelligent des termes qu’il a mal orthographiés. On peut exiger, par exemple, une liste complète des mots présentant une faute contre l'usage. Pour les fautes contre la grammaire, comme l'orthographe est expliquée par le sens, c’est le membre de phrase

tout entier qui doit être relevé.

Enf, autant que possiole, le maître fera bien de rattacher au texte de la dictée les exercices grammaticaux donnés comme devoirs dans la famille en application de la leçon du jour.

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