‹ Pédagogie pratique et théorique [microforme] (volume 2)Chapitre 53 sur 133 · L’ANALYSE LOGIQUE · texte numérisé non relu

L’ANALYSE LOGIQUE

Avec les commençants, elle consiste à décomposer la phrase

en propositions, à découvrir la principale et à reconnaître les parties essentielles de chaque proposition.

Ex : “ Pendant que les camarades jouent, Paul, accoudé sur la table, étudie attentivement sa géographie, parce que l'examen approche.”

En décomposant ce texte on a.

1ère Prop. Paul étudie pendant que les camarades jouent, 1ère surbordonnée qui indique le temps.

2e Prop. Paul est accoudé sur Ja table, 2e surbordonnée qui indique le lieu.

3e Prop. Paul étudie attentivement, 3e surbordonnée qui jodique Ja manière.

4e Prop. Paul étudie sa géographie, Principale.

5e Prop. Paul étudie, parce que l’examen approche, 4e surbordonnée qui indique le but.

Toutes les propositions subordonnées sont des complétives circonstancielles.

Les enfants s’habituent promptement à reconnaître les parties de la proposition. Voici un modèle d'exercice :

. 1 2 3 Paul étudie sa géographie.

Paui, | sujet.

E:udie, verbe.

Géogra- Phie, | complément.

1 2 3 Le ciel est bleu.

Oiel, sujet.

Est, verbe.

Bleu, attribut.

Il faut autant que possible faire marcher de front l'analyse grammaticale et l'analyse logique, l’une ne saurait aller sans l’autre.

Au cours supérieur, l'analyse logique revêt un caractère plus précis. Au lieu de faire commencer par trouver le nombre de propositions que renferme la phrase, il vaut mieux tout d’abord faire trouver les propositions principales ; faire dire le sujet et l’attribut complet de chacune d’elles avec les propositions qu’ils peuvent renfermer,et analyser ensuite ces propositions comme des compléments de tel ou tel terme du sujet où de l’attribut, avec indication du mot conjonctif qui sert de lien. Ce mode est rationnel. En effet, il n’y a absolument parlant que deux sortes de propositions : les fropositions principales, celles qui ne dépendent d'aucune autre, et les propositions complétives, celles qui servent de complément. L'étude de la concordance des propositions complétives avec les compléments de même nature offre aussi de grands avantages.

VI. Exercices orthographiques ou devoirs grammaticaux.—Les exercices orthographiques ne doivent pas seulement s'appliquer à l'étude des mots, l'étude des règles n'ayant pour seul but que l'orthographe, mais ils doivent servir à réveiller l'idée chez l'enfant. C'est en cultivant la pensée qu’il faut développer et régulariser son expression, et non s'occuper exclusivement des règles du langage. ‘“ Pour réformer l’enseignement routinier, dit Wirth, qui exprime ici une idée émise bien avant lui par le P. Girard, il est essentiel de remplacer l’enseignement mécanique du livre qui arrête le progrès des élèves et leur inspire le

PS

dégoût de l'étude, par des exercices de langue qui, tout en s’occupant de la forme, excitént la pensée, l’imagination et même la conscience des élèves, et rendent l’enseignement agréable et proftabie. ” C'est dire que dans un livre d'£xercices orthographiques où de Devoirs £rammaticaux Îles exercices d'invention, de lexicologie, de dérivation, de permutation, etc., doivent marcher de front avec lenseignement grammatical proprement dit (x).

Il y en a qui ont voulu supprimer les exercices orthographiques pour les remplacer exclusivement par la parole du maître, les leçons de choses et les lectures expliquées, C'était exagérer la valeur pratique de ces procédés, excellents d’ailleurs. Les devoirs écrits permettent aux élèves de récapituler les leçons du imaître et d'exercer leur initiative, Ce genre de travail familiarise les enfants avec l’orthographe d'usage ou l'étude des mots considérés isolément, et l'orthographe de règles ou des modifications qu’ils subissent dans certaines conditions.

Les exercices orthographiques doivent être gradués avec soin. Loin d’accumuler les difficultés, nous devons chercher à les isoler pour les faire surmonter l’une après l’autre, Ils doivent être courts et contenir de fréquentes récapitulation, car la répétition est la condition essentielle du succès.

On ne saurait faire fi de lorthographe : une rédaction bien pensée et très bien ordonnée, mais remplie de fautes d'orthographe, ressemble à un édifice dont le plan est l'œuvre d’un artiste, mais dont la construction a été confiée à de détestables ouvriers.

() Il faut aux enfants une Srammaire d'idées, et ce n’est qu'une grammaire de mots one l’on cherche à graver dans leur mémoire, (Le ère Girard.)

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