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L'AGRICULTURE

Notre population étant surtout agricole, ce serait rendre un service éminent au pays que d’inspirer aux enfants de la campagne l'estime et le goût de l’état de leurs pères et de leur faire sentir combien il est honorable et heureux. L’instituteur s’attachera donc à faire aimer l’agriculture et la vie des champs, à combattre la routine et À faire naître le désir d'étudier les bonnes méthodes de culture. Dans les centres industriels et cemmerciaux, il devra s'appliquer surtout à faire connaître aux enfants ce qui se rapporte à l’industrie et au commerce.

Nous avons dans les lignes qui précèdent, l'orientation de l’enseignement de l’agriculture à l’école primaire et l’idée de la bifurcation du programme primaire que les hommes compétents réclament depuis longtemps. Former les enfants des centres agricoles de la même manière que la population des centres: industriels et commerciaux, c’est favoriser une agglomération excessive dans les villes et dépeupler les campagnes. Le pays a déjà trop souffert de cette erreur de jugement.

Le programme primaire laisse assez d'initiative à l’instituteur pour qu’il varie Ja matière des exercices suivant les besoins des localités où il enseigne.

On n'inspirera l'amour et l'estime de l’agriculture qu’en en faisant une matière importante et constante des leçons de lecture, d’arithmétique, de géographie, des sciences usuelles et des leçons de choses. Que le maître en fasse voir la supériorité au point de vue de la dignité humaine, de la paix, de l’honorabilité; les ressources diverses que peuvent y trouver les hommes laborieux et intelligents qui, rompant avec la routine et les méthodes surannées, se tiennent au courant des progrès de la chimie agricole, de la mécanique industrielle, du commerce local et international; les avantages qu’elle présente au point de vue religieux et social, ainsi que les qualités et les vertus requises pour qu’on y trouve le bonheur et l’indépendance.

Le maître ne doit pas laisser ignorer aux enfants que, dans cette profession comme dans tous les états de vie, on rencontre des difficultés, on se heurte à des obstacles, mais en même temps qu’il enseignera les moyens de résoudre ces difficultés, de surmonter ces obstacles, il tâchera de faire toucher du doigt les avantages qu'elle offre en échange c. qui sont de beaucoup supérieurs à ceux que peut offrir la vie dans les grands centres.

Ce n’est pas par des abstractions que le maître attachera l'enfant aux travaux des champs.

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Ce sont les opérations journalières, le soin que le bon fermier prend des animaux domestiques, des produits agricoles, du sol même qui le nourrit, la construction des bâtiments, le rendement des diverses semences, la culture des arbres fruitiers, l’horticulture avec ses mille et une attractions et industries, l’apiculture, ete. etc., qui doivent être le thème des diverses leçons. L'enfant goûtera un vrai plaisir à entendre parler de choses qui l'entourent. Il en verra l'exactitude de retour au foyer domestique ; les services qu’il sera appelé à rendre aux parents lui fourniront l’occasion d'appliquer les leçons de l’école, de faire quelques problèmes, certains calculs, de donner quelques renseignemcnts, de demander des explications, etc. Il s'intéressera à ce qui se passe autour de lui, il jouera même un certain rôle dans l'exploitation de la ferme dont on lui aura appris à saisir l’importance. Il obtiendra peut-être de ses parents un petit lopin de terre qu'il cultivera dans ses moments de loisir et dont les revenus lui appartiendront, ou il prendra soin de quelques animaux domestiques avec assurance d’en tirer profit pour lui-même ou pour les pauvres. Formé ainsi, l'enfant, devenu homme, se gadrera bien de quitter sans de très graves raisons, ce sol natal où il aura gouté tant de douces et salutaires jouissances.

Les résultats seraient bien supérieurs et beaucoup plus facilement obtenus, si l’instituteur avait près de son école un lopin de teire, une petite erme expérimentale; les leçons l’agriculture se-

raient ainsi facilement illustrées par de petits par*erres de fleurs odorantes aux divers nuances: roses, lis, œillets, etc.; de fruits delicieux: fraises, framboises, groseilles, melons, etc.; de plantes potagères: patates, céleri, poireaux, oignons, etc.

Il est peut-être bon d’ajouter que l’instituteur n'inspirera l'amour de l’agriculture que s’il connaît suffisamment la matière. Toute communauté, chargée de former des maîtres ou maîtresses d'école, devrait avoir au moins quelques pieds de terrain destinés à la démonstration de la leçon d'agriculture. En cette matière, comme en tout autre, la compétence du maitre est un facteur absolument indispensable(1).

QUESTIONS

l'instituteur doit-il s'attacher à fai

culture et la vie des champs

former les enfants des ce

que ceux des centres i

l'amour de l’agriculture

ture, qu'est-ce

i erses leçons agriculture? Quel sera, pour l'enfant, le résultat immédiat

d'un enseignement intelligent de l’agriculture ? Comment

l'instituteur pourrait-il tirer parti d’un lopin de terre situé près

de l’école, et dont on lui accorderait la jouissance ?

a) Voir Notes Dédagogiques, page 298.

NOTES PÉDAGOGIQUES

Agriculture: Un mot seulement relativement à l’agriculture, Cet enseignement ne doit pas être trop livresque.

D'une part, il faut l’étayer sur certaines notions scientifiques, concernant, par exemple, les amendements, les labours, les engrais ete. Ces aotions seront inculquées en classe, à l’aide de petites expérie: es,

D'autre part, et c’est là le côté le lus important, il consistera en exercices d'observation aux À amis et aux jardins— visites à diverses cultures, greffage et taille des arbres, culture des légumes, des fleurs, apieulture, ete. Et à propos de ces exercices, le maître inspirera l'amour du sol, fera la guerre à la routine, aux pratiques vicieuses, £i ces visites collectives n'étaient pas praticables, qu’on invite au moins quelques élèves à les faire individuellement, qu’on leur indique les choses à observer et qu’on les fasse ensuite parler en classe. Ils seront heureux de pouvoir être utiles, et leurs observations personnelles seront écoutées avec curiosité. Elles seront le point de départ des réflexions du maître. Cela n’empêchera en rien de faire un cours régulier et assez vigoureusement suivi. Telles que disposées dans le programme, les leçons se trouvent d’ailleurs à concorder avec les divers travaux ou les différents phénomènes de la culture.

Ce qui importe dans les écoles rurales, c’est de maintenir la pensée des élèves sur les sujets agricoles. Les maîtres doivent se convaincre de l'utilité que peuvent avoir, à ce point de vue, les leçons de cho: es, les lectures, les dictées, les problèmes d’arithmétique, ete. Les exercices se fixent dans le cerveau de l'enfant, monopolisant en grande partie son effort intellectuel pendant les années dr l’école primaire. S'ils lui parlent souvent des choses de la terre, ils exerceront sur son cerveau une ineffaçable impression, en même temps qu'ils lui inculqueront, sans surCharger le Programme de ses études, les plus utiles leçons. Et ainsi, sans perte de temps, sera créée cette atmosphère terrienne si désirable dans les écoles de la campagne,

Le cours d’agriculture fournira aussi plus d’une occasion favorable de montrer aux élèves comment tenir à jour un compte ouvert aux exploitations: compte des plantes fourragères, compte du bétail, compte de la basse-cour, compte du jardin potager, ete. Ces notions plus spéciales se juxtaposeront d’elles-mêmes ro déjà étudiés de la comptabilité agricole. (R. du

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CHAFTTRE DOUZIÈME

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