IMPORTANCE ET ORIENTATION DU DESSIN A L'ÉCOLE PRIMAIRE
Le dessin à l’école primaire n’est pas une étude d'agrément. C’est une matière d'utilité générale. Il n’y a aucune classe de la société qui n'ait très souvent l’occasion d'utiliser ses connaissances ou de déplorer son ignorance en dessin. D'autre part, le dessin est une nécessité pour l'exercice des professions manuelles, et la masse du bataillon scolaire devra gagner sa vie à la sueur de son front et à la fatigue de ses bras.
Le but de cet enseignement n’est pas le beau artistique, ni la représentation d’une gravure ni même d’un objet en lui-même. C'est la culture de l'œil, l'exercice de la main, le sens du beau matériel, que l’on doit promouvoir et du même coup, on développera par voie de conséquence l'esprit et le cœur. Rien n’est plus salutaire que l’habitude de la précision, des proportions et l’esprit d’observation. La sûreté du coup de l’œil va’ rarement sans la certitude du jugement.
tables | fé aéragus
Dre A
Four obtenir ces résultats si désirables, le dessin doit être enseigné de telle manière qu'il soit une préparation générale aux diverses nécessités de la vie, c’est-à-dire une formation intégrale de l'enfant. L'homme le plus idéaliste aura besoin d’une maison, de meubles, ete. Il faut qu'il soit capable d'examiner, de juger et de modifier un projet d'habitation ou un objet quelconque destiné à son usage, D'ailleurs, l’histoire, naturelle, les sciences physiques, la géographie, l’arithmétique, doivent trouver dans le dessin un auxiliaire de t les instants. Il faut donc que, dans l’enseigner-nt du dessin, l'enfant puisse trouver une Connaissance générale et non pas de simples tours de force, ou des procédés particuliers( 9
QUESTIONS
Quelle est l'importance de l'étude du dessin ? Quel est le but de l’enseignement du dessin ? Comment le dessin pourrat-il atteindre ce but ?
(1) Voir Notes pégagogiques, page 301.
NOTES PÉDAGOGIQUES
Dessin: Bur Du pessiN À L'EcoLE PRIMAIRE.—Le but ue cet enseignement doit atteindre à l'école primaire, c’est sn former le goût de l'enfant, de développez sa faculté d'observation, et surtout de lui fournir le moyen d'exprimer avec facilité sa pensée pr: des t:acées représentant des objets variés qui concernen* l'haoitation, l'ameublement, l'outillage et les industries loca.»s. Ainsi, on ne considèrera pas le dessin comme un art d'agrément, ni un moyen de favoriser une vocation artistique; mais comme un art éducatif, usuel et pratique, un mode d’expression indispensable dans l’industrie moderne, une véritable écriture des formes matérielles.
Dans cet enseignement, le maître doit donc s'appliquer à faire acquérir aux élèves: 1° une adresse manuelle suffisante: 2° une grande précision dans l'observation visuelle. Ce secon résultat est beaucoup plus important que le premier; car la sûreté d'observation, le talent de bien voir, est la qualit’ indispensable à tout dessinateur.
DEFAUTS À EVITER.—Ce qu'il importe d'éviter dans l’enseignement du dessin, c’est :
1° De transformer l’enseignement simultané en enseignement individuel, —chaque élève ayant un modèle différent et le reproduisant à sa fantaisie, sans explication suffisante ni correction efficace de la part du maître qui, dans ces conditicas, ne saurait donner qu'un temps très court à chaque enfant;
2° De faire transcrire les modèles exactement avec |: même grandeur, ou par des procédés mécaniques, tels que ie calque, les quadrillages, l'usage exclusif du compas à pointe sèche et des bandes de papier. Ces procédés ont le grave inconvénient de ne pas suffisamment exercer chez les élèves la faculté d'observation, et d’éloigner leur attention de la vue d'ensemble et de la recherche des proportions générales, dont il est important et quelquefois si difficile de leur faire tenir compte;
3° D’imposer aux élèves une notable perte de temps en leur faisant copier, d’après l’estampe, de grands dessins à détails compliqués, dont ils ne comprennent ni les jeux d’ombre, ni les déformations perspectives.
MODELES DE DESsiN.—1l° Tracés au tableau noir.—Dans la leçon de dessin, le tracé au tableau noir est le procédé démonstratif par excellence. Au commencement, le maître dessine à
Pneu mainl ts inn needs | dune imuconpmenne à
peu près tous les modèles que les élèves doivent reproduire. Plus tard, le tableau noir sert encore à recevoir les figures géométriques et les tracés théoriques, ou certains détails sur lesquels on veut attirer l'attention, afin de préciser une forme incomprise, ou de redresser une erreur commise par plusieurs élèves. C’est aussi au tableau noir que l’on trace l’esquisse préparatoire à la reproduction d’un modèle mural ou au dessin d’un objet en nature.
2° Grandes feuilles murales. —Ce sont des dessins préparés à l'avance sur une feuille de papier grand format. Les dessins au tableau noir ont cet avantage que les élèves voient de quelle manière le maître commence, continue et achève le travail; mais ces sortes de modèles sont destinés à être effacés à bref délai, tandis que les dessins sur grandes feuilles peuvent être préparés avec soin en dehors de la leçon, et être ensuite conservés indéfiniment pour servir plusieurs fois. Dans le dessin d'imitation, le modèle mural reste sous les yeux des élèves pendant tout le travail, dans le dessin géométrique, le maître retire le croquis coté. Et c’est à l’aide de ce croquis personnel qu’ils exécutent leur dessin au net, suivant: une échelle déterminée. Aussi bien que le modèle tracé à la craie au tableau noir, le modèle mural doit avoir plusieurs qualités indispensables. Il doit être visible à distance, être de bon goût, avoir des proportions simples, employer exclusivement la vue géométrale, c’est-à-dire ne pas représenter d'objets en perspective.
3° Cahiers-modèles.—Les cahiers-modèles sont des recueils de dessins ou de croquis cotés, que les élèves doivent reproduire, mais soit à une échelle différente, soit en les modifiant, soit en les complétant. Autrement, ces recueils présenteraient plus d’inconvénients que d'avantages.
4° Objets en nature.—Ce sont les meilleurs modèles. Pour le dessin d'imitation, ils comprennent: des surfaces et des solides en carton, des moulages d’ornements rudimentaires, des figures géométriques en bois découpé se détachant en blanc sur un panneau en bois gris, des objets usuels, des feuilles naturelles ou artificielles empruntées à diverses plantes.
PROCEDES D'ENSEIGNEMENT. —1° Modèle au tableau noir, expliqué et tracé pièce à pièce. —Chaque détail de l'opération graphique est tracé puis expliqué par le maître, tandis que les élèves reproduisent immédiatement, et comme trait par trait, le modèle indiqué. Le maître passe dans les rangs, pour voir si les explications ont été comprises et mises en pratique. Ce procédé, qui convient aux commençants, laisse peu d'initiative à l'élève; mais il a l'avantage d'imprimer une excellente direction à la marche du travail de toute une classe, et il met le maître en communication permanente avec ses élèves. Dans une
classe nombreuse, on peut placer un élève adroit entre deux autres moins habiles: il leur servira de moniteur, mais toutefois son rôle se bornera à les guider. Il suffira alors généralement au maître de corriger le travail de cet élève. C'est ainsi qu’on donnerait plus facilement de l'unité à la marche d'ensemble,
2° Modèle quelconque, expliqué brièvement au début de la leçon.—Le maître donne à ses élèves des explications orales sur un modèle (feuille murale ou objet en nature) prépare à l’avance et exposé devant toute la classe, Il en exécute l’esquisse au tableau noir et, s’il est utile, les élèves prennent quelques notes sur les explications qui leur sont données; puis ils commencent leur dessin au net suivant une échelle et des conditions déterminées.
3° Modèle du cahier de l'élève, expliqué avant la copie.—Un même modèle graphique, ordinairement choisi dans le cahier modèle, est mis à la disposition de chacun des élèves; et il doit être copié servilement, mais dans des conditions de dimension, de position ou d'achèvement déterminées à l'avance par le maître. Suivant que ces conditions sont plus ou moins détaillées et plus ou moins précises, l'interprétation demande à l'élève une part d'initiative personnelle, ou restreinte, ou plus grande. Les explications, les tracés au tableau noir, les interrogations du maître ont dû d’ailleurs préparer le travail de copie,
CHOIX D'UNE BONNE METHODE DE DESSIN.—[La méthode adoptée doit offrir les avantages suivants:
1° Présenter des exercices intéressants et bien gradués;
2° Etre à la portée de presque tous les élèves qui doivent faire en même temps le même travail:
3° Restreindre autant que possible la copie servile des gravures et lithographies ombrées; et, par le choix des modèles, donner une large part à l’éducation du sens de la vue, à la réflexion et à l’initiative personnelle de l'enfant.
4° Sans négliger la théorie relative aux tracés géométriques et aux règles de la perspective à vue, ne pas trop s’y attarder, mais passer rapidement à des études pratiques;
5° Conduire finalement les élèves à dessiner, en perspective à vue, des objets d’après nature et quelques ornements élémentaires.
CHOIX DES EXERCICES D’APPLICATION.—Pour ces exercices, le maître doit tenir compte du milieu où vivent les élèves. En ville, on orientera plus spécialement le dessin vers l’industrie; à la campagne, vers les besoins ordinaires de la vie. A un autre point de vue, dans les écoles de filles, les exercices doivent être adaptés suffisamment aux occupations du sexe.
CoRRECTION.— Pendant le travail des élèves, le maître circule près des tables, veillant à ce qu’ils se tiennent bien; à
L “herr rte ÿ dame ot M dus Var 6
SH oE-—
ce qu'ils ne déplacent pas le papier—autant que possible sans réglure aucune—posé bien droit devant eux; à ce qu’ils fassent un usage convenable du crayon, qui sera toujours assez long, et qu’ils dirigeront légèrement, par traits courts et fins, de haut en bas, de gauche à droite. C’est le moment de faire à chacun des observations particulières, de donner rapidement l'exemple aux plus faibles, de faire toutes les observations générales qui peuvent être nécessaires, en les appuyant de démonstrations au tableau noir. La correction collective ne prend ensuite que quelques instants. Par des interrogations bien conduites, le maître y fait concourir le plus grand nombre d'élèves possible.
ble sans ; fassent long, et de haut chacun exemple ales qui trations lite que ites, le >0sSible.