CHAPITRE QUINZIÈME
Grandes lignes de l'Histoire de la Pédagogie (1)
I—AVANT JÉSUS-CHRIST LES CHINOIS ET LES JaPoxais
En raison même de leur ancienne civilisation, les Chinois avaient reconnu dès la plus haute antiquité, la nécessité de l’enseignement populaire, Plus de mille ans avant Jésus-Christ, il existait dans le vaste royaume une organisation scolaire.
Toutes les écoles étaient des écoles de l'Etat. L'enseignement consistait de préférence dans les leçons d'écriture; dans certains cas il s’étendait à la musique et aux cérémonies. Aucun principe religieux n’animait cet enseignement; l’esprit du peuple était exclusivement tourné vers le temporel, La vie morale manquait de sanction. Les deux grands sages Chinois, Lao-Tse et Confucius exercèrent une grande influence sur l'éducation populaire, mais ils se montrèrent, eux aussi, dominés par le principe d’utilité. Malgré certains progrès,
(1) Ouvrages consultés: Revue générale d'Education et d'Enseignement (supplément de l'Education chrétienne de Paris); L'Eglise et l'Education, Mgr L.-A. Pâquet (La Nouvelle-France); Le Fondateur de l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes,
Par un ancien directeur de l'Ecole normale: Paris, 1884: Histoire de la pédagogie, Paroz. Ce dernier auteur est protestant.
les Chinois s’en tiennent encore à leur ancien systême d'éducation.
Le Japon subit, jusqu’au siècle dernier, l’influence de la Chine. Les méthodes chinoises se retrouvent chez les Japonais. Depuis 1854, l’enseignement a subi une transformation complète au Japon. L'organisation scolaire moderne des Japonais fut calquée sur celles de la France, de l’Angleterre et de l'Allemagne.
Les HINDOU, LES PERSES, LES ÉGYPTIENS
Chez les Hindous, l’enseignement était le partage exclusif des ‘castes supérieures: pour les parias et pour les femmes, l'instruction ne semblait pas désirable. Dans les écoles primaires, on enseignait la ‘<-ture, l’écriture, le calcul, la morale et la religicr. La méthode d’enseignement consistait à faire apprendre par cœur d’une façon mécanique. C’est encore cette méthode qui prévaut, aujourd'hui. C’est aux Hindous que le système de moniteurs a été emprunté.
Pays guerrier par excellence, la Perse n’organise l’enseignement qu’au point de vue physique. Il n’est pas question de développement intellectuel dans les écoles des Perses; aussi la profession d’instituteur n'existait pas. Les Mages ou Prétres, étant les seuls dépositaires de l'éducation intellectuelle, possédaient quelques écoles.
En Egypte, les prêtres occupaient le premier rang, ils cultivaient et conservaient la science.
L'Etat égyptien étant composé de castes,
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l'enseignement était proportionné à chaque section; plus la caste était inférieure, plus l’enseignement était restreint. Les castes supérieures étaient favorisées d'écoles d'enseignement scientifique,
L'instruction des enfants du peuple se bornait à la lecture, l'écriture et au calcul. Les jeunes filles recevaient une certaine instruction. A la conquête de l'Egypte par Alexandre le Grand, l'éducation devint plutôt grecque. Plus tard, sous les Arabes, elle reçut une autre direction.
CHEZ LES Juirs
Les peuples anciens étaient abandonnés aux seules lumières de la raison naturelle. Mais il n’en fut pas de même du peuple Juif. Les enfants d'Abraham, par le ministère de Moïse, reçurent de Dieu lui-mên.e des instructions précises sur le culte qu’ils devaient lui rendre, et les lois morales, civiles et politiques qui devaient élever la nation juive au-dessus de toutes les autres; cette théocratie lui imprima un caractère éminemment religieux « fit de l'éducation un devoir sacré pour la famille. L'instruction recommandée chez les Juifs est celle qui est donnée par la vie même. Ainsi, les enfants devaient assister avec les adultes aux grandes fêtes religieuses et nationales, et les parents devaient répondre à leurs questions sur ce qui les frappait. La même recommandation se trouve dans d’autres circonstances.
La base de l’éducation chez les Juifs nous la trouvons dans ces paroles adressées aux enfants:
“Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre, que l'Eternel, ton Dieu, te donne.” Quant à l'instruction proprement dite, elle était essentiellement religieuse et historique, De bonr : heure, on enseignait la lecture et l'écriture aux enfants, afin de les mettre en mesure de lire et d'écrire la loi. Le chant et la musique étaient en honneur, L’'instruction des filles était plus négligée que celle des garçons. D'un autre côté, elles apprenaient dans la famille, à filer, à tisser, à coudre, à teindre, à broder, à faire la cuisine, etc.
Jusqu'au temps du Sauveur, les Juifs n’eurent pas d'écoles pour les enfants. I] y avait bien les écoles des prophètes fondées par Samuel, mais elles étaient spécialement destinées aux jeunes gens qui voulaient étudier la musique et la poésie religieuse. Après le retour de la captivité, on fonda des écoles savantes. On établit aussi des écoles pour former les maîtres des synagogues. À chaque synagogue était adjointe une salle dans laquelle se donnait une instruction publique, les jours de sabbat et de fête.
L'ancienne littérature juive ne renferme pas, à proprement parler, d’écrits sur l'éducation; mais les Proverbes de Salomon et l’Ecclésiastique contiennent un grand nombre de sentences pédagogiques.