‹ Pédagogie pratique et théorique [microforme]Chapitre 158 sur 187 · LA · texte numérisé non relu

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Tout maître zéle doit être familiarisé avec l'emploi de ce

procédé.

9. Tableau noir.--‘ dit avec raison qu’un tableau noir vaut un assistant. ‘‘::! oeut-être le moyen par excellence de rendre l’enseigneme 1: riurif. L’'instituteur ne saurait craindre de faire un usag : ‘e et auxiliaire indispensable,

C’est le livr nu \ toute la classe, au maître comme aux élèves. Il ‘ur l'ivoir presque constamment devant les yeux.

C'est 1à surto: ! au» ‘ievrait étudier ensemble, en faisant un large emploi : la mttiiode d'observation et d'invention, toutes les spécialité Up c'emn ‘n n’est plus propre à frapper l'imaginatie: ès , ieur attention, à mettre de l’activité dan ] vie et de l'intérêt dans les leçons et la corre: 100 €e- à 0 Rien ne sauve plus de temps.

Que l’on appel: auss :! vent les élèves au tableau

noir, pour les fair. réponure aux interrogations de contrôle, ar lesquelles on s assure qu’ils ont compris et retenu ce qui eur a été enseigné.

10. Le manuel. —‘Le meilleur livre élémentaire, écrivait Lhomond dans la préface de sa grammaire, c’est la voix du insitre. Rien ne peut tenir lieu de ce secours. Prétendre qu’un livre puisse le remplacer, c’est pure charlatanerie.”” Ces paroles sont très sages. Personne aujourd’hui n'est tenté d’y contredire.

Toutefois, il n'en reste pas moins indéniable que l'emploi du manuel est nécessaire, Un enseignement purement oral fatiguerait le maître et les élèves. Avec ce système il y aurait en outre, le danger de ne laisser dans la mémoire des enfants que des impressions fugitives, et celui de condamner trop souvent à un funeste désæuvrement toute une portion de la classe.

Ce qu’il faut éviter, c’est l’usage trop exclusif du manuel. Le maître doit se servir du manuel, il ne doit jamais en abuser et négliger la leçon orale.

Pour que l'étude d’un texte puisse être de quelque ressource pratique aux élèves, il faut que cette étude soit précédée, ou tout au moins accompagnée, d’une explication sérieuse donnée par l’instituteur. A défaut de cette explication, les élèves sont jetés sans préparation dans l'inconnu; et tous leurs efforts restent stériles, ou à peu près. La mémoire peut bien se charger de mots, mais l'intelligence est vide d'idées précises et justes. Ils sont fatalement livrés à l’ennui d’abord, à un invincible dégoût ensuite. Le livre finit par leur inspirer une horreur instinctive, dont ils auront plus tard mille peines à se défendre.

En résumé, le manuel n’est qu’un auxiliaire.

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Et son utilité varie selon les spécialités. Voici, relativement à son mode d'emploi, quelques principes empruntés aux meilleurs traités de pédagogie. Dans la lecture, évidemment, le manuel est appelé à jouer un grand rôle—de plus en plus prépondérant au fur et à mesure du progrès des élèves. En catéchisme et dans les récitations de mémoire, le texte doit s'apprendre à la lettre et le livre est la condition même du travail. En histoire, le manuel n’est qu'un aide-mémoire, un moyen de rechercher et de contrôle. En mathématiques et en grammaire, le tableau aoir et la leçon orale sont presque tout. En géographie et dans les leçons de sciences, le livre ne peut venir utilement qu'après l'étude de la carte ou l'observation des phénomènes, et son importance est bien secondaire.

Mais, encore une fois, c’est le point à retenir, toute étude dans un manuel, pour être profitable, suppose et exige des explications suffisantes et de nombreuses interrogations de contrôle.

Le livre ne devient l'ami de l'enfant, que quand celui-ci le comprend bien, quand il lui sert d’auxiliaire pour retrouver les choses dont le maître lui a parlé. Il l’ouvre alors avec plaisir, et se plait à chercher et à apprendre la leçon qui lui a été expliquée.

Mais il importe que les élèves, après avoir étudié le texte, ne soient pas forcés de le réciter mot à mot. Sans doute, le maître sera nécessairement amené à exiger le texte exact, littéral, quand il s’agira d’une définition qui ne comporte pas d’à peu près, d’une formule qui doit rester gravée dans la mémoire, des résumés de l’histoire, des prières, des leçons de catéchisme et des morceaux qui servent d’exercices de diction. Pour le reste, il acceptera volontiers tout ce qui reproduira la pensée du manuel, sous quelque forme que l'enfant l’exprime. Il encouragera même les écoliers à dire les choses à leur façon, se contenant de redresser avec douceur les incorrections de langage et les termes impropres.

11. La lecon orale —Le manuel est utile dans l’enseignement primaire. Mais ce n’est qu’un guide et un secours. L'enseignement direct, la leçon orale joue un rôle prépondérant. La voix du maître, les explications, les interrogations du maître, voilà la condition principale du succès. C’est par la parole, une parole toujours correcte, animée, vivante, que l’instituteur prend contact avec ses élèves, qu’il éveille et soutient leur attention, qu’il les forme à l’observation, qu’il les provoque au raisonnement.

Ces résultats, les seuls au fond qui soient véritablement éducateurs, pratiques et durables, ne s’obtiennent pas sans beaucoup de peine et discernement.

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La leçon orale, pour produire tous ses fruits, demande en premier lieu une préparation très soignée. Cette préparatior dont aucune maître ne saurait se croire exempt, doit porter principalement sur trois points.

D'abord, il faut chosir le sujet de la leçon, en se conformant au programme et au tableau de l'emploi du temps: en délimiter avec la plus grande précision l'étendue et la profondeur, selon la portée intellectuelle de l’enfant ; et en bien classifier les parties substantielles et les détails, afin qu'il n’y ait dans : leçon absolument rien de vague, d’indécis, ou de mal défini.

Ensuite, il faut que le maître prévoit d’une manière très précise la méthode spéciale à suivre dans sa leçon, les procédés à employer, les industries les plus propres à intéresser, les explications à donner, la nature et l’ordre des questions à poser, les exercices à faire et les devoirs d’application à px a Ce deuxième travail préparatoire est le plus difficile et le plus délicat. Il varie avec le degré d'avancement des élèves, leurs dispositions et lcurs aptitudes; il varie aussi suivant que la leçon est spéciale à a seule section, ou commune à plusieurs sections de force inégale. à k

Il faut enfin que le maître rassemble tout ce dont il pourra avoir besoin pendant la leçon, billes ou bâtonnets, cartes murales, croquis, figures géométriques, modèles d'écriture ou des dessin, spécimens pour les leçons de choses ou de science, etc., etc.

Mais il ne suffit pas que la leçon soit bien préparée, il importe également de la bien donner.

Règle générale, toute leçon comprend une revision rapide mais sérieuse de la leçon précédente, Cela est uis pour mettre de l'unité, de l’ordre et de la suite dans les idées des élèves. Après cette revision viennent nécessairement: l'ex sition de la leçon du jour, l'indication du texte à étudier et l'explication du devoir à faire.

Il convient aussi d'adapter la leçon, forme et fonds, au développement intellectuel des enfants.

Pour captiver l’attention des nlus jeunes, que le maître donne à sa leçon la forme d’une causerie, au cours de laquelle il posera des questions bien choisies. Qu'il parte des réponses trouvées pour suggérer aux élèves de nouvelles idées, ou pour leur faire découvrir quelque principe ou quelque règle. Pendant l'entretien, qu’il écrive au tableau noir toutes les parties principales du sujet étudié. Ces inscriptions seront pour les élèves de précieux points de repère.

Plus tard encore, les élèves seront laissés davantage à leurs ressources individuelles. Le maître sans renoncer à la marche indiquée plus haut, habituera l'élève À partir de la règle pour trouver de exemples. Il le familiarisera avec les notions

sbstraites. à Il lui inspirera une confiance plus accentuée en ses propres forces. Il lui montrera encore la voie, le guidera toujours; mais il l’abandonnera de temps en temps à lui-même. Comme dit Montaigne, on le fera trotter devant soi, ne fût-ce que pour juger de son allure et le mettre à même d'exercer son activité.

Il faudrait toutefois prendre garde d’abuser de la leçon orale. Faite suivant la méthode d’exposition non interrompue devant un jeune auditoire purement passif, elle ne serait qu’une pee de temps. Telle qu’elle doit être comprise à l’école, la eçon orale est une conversation qui s'établit entre le maître et les élèves. Sans doute, celui-là ordinairement parle plus que ceux-ci. Il l’active, le tempère et le dirige vers le but. Mais il encourage en même temps les élèves à payer leur écot; et même il s’arrange pour qu’il en soit ainsi, et pour qu'aucune attention ne reste inoccupée.

12. Les interrogations.—Tant valent les interrogations, tant ve t la leçon. Et à l’école primaire, surtout, interroger est un art délicat Pour y réussir, il est une foule de règles que l’instituteur ne peut perdre de vue sans s’exposer à errer gravement. Le tableau suivant renferme, sous une forme sommaire, les plus importantes de ces règles:

1.—Les questions principales, et même quelques-unes des sous-questions, doivent être soigneusement préparées d'avance.

2.—Toutes les interrogation: seront courtes, claires, nettes, exprimées avec entrain et accomrodées à l'intelligence de ceux qui sont interrogées.

3.—Elles devront se succéder dans un ordre logique et progressif.

4.—Quant à la forme des interrogations, on peut l’abandon- 7 au hasard de l'improvisation, ou aux besoins imprévus de a leçon. :

5.—Que le ton du maître soit ferme, mais toujours empreint de la plus douce bienveillance.

6.—Les élèves seront tous alternativement interpelés, rarement en suivant l’ordre du banc ou des p'ases,

7.— Règle générale, avant de désigner celui : ai ‘cit répondre, on pose la question.

8. Il serait très funeste au progrès de la classe de permettre aux voisins de souffler la réponse. PRE

9.—C'est aussi, de la part du maître, une faute préjudiciable à l'avancement des élèves, que de contracter l'habitude de commencer la phrase ou le mot à répondre. !

10.—Les réponses incomplètes ou erronées seront toujours complétées ou redressées par le maître, puis répétées par l'élève.

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