‹ Pédagogie pratique et théorique [microforme]Chapitre 28 sur 187 · NOUVEAU PROCÉDÉ D1I1 PHONIQUE · texte numérisé non relu

NOUVEAU PROCÉDÉ D1I1 PHONIQUE

La syllabe ne se décompose qu'en deux éléments: le son et l'articulation. Exemple, bâton s'épelle: be-â: bâ, te, on: ton, bâton: Pyramide: pe-ÿY (1): py, re-a (2): ra, PyTa, me-1: mi, pyrami, de-e: de, pyramide: charité: che-a: cha, re-i: ri, chari, te-é: té, Charité: monde: me-on, de-e: de, monde, etc.

D'après ce procédé le mot est considéré comme un composé de syllabes et non comme un composé de lettres. Dans la syllabe on ne distingue que

deux éléments; le SON et | ARTICULATION.

On commence par l'étude des sons, qu'ils soient représentés par une lettre où par plusieurs, et l’on fait lire: 4, 9, U, an, un, on, ou, oi, ete. sans lenir comple des lettres. On apprend ensuite à distinguer les signes des articulations en leur donnant des noms aussi peu sonores que possible, et b, p, m, ch, gn, se lisent: be, pe, me, che, gne, “etc., etc.—le mot champignon, cité plus haut, se lit alors: che-am,: cham pe-i: pi, gne-on: gnon.

(1) ——, ne pas dire igrec.

(2)—a, aigu, comme dans te Môt pape.

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SE n’est douteux Pour personne, dit Vincent, que ce procédé soit de beaucoup supérieur à l’ancien.

; Mais il est si

ts de la vérité qu’il ne peut leur causer une brutale surprise s résultats qu’il a produits sont tels qu’on les avait attendus. râce à lui, l’enseignement de la lecture est moins routinier et moins fastidieux: cette étude est considérablement abrégée pour le plus grand bonheur des enfants et pour le plus grand avantage de l'instruction générale.”

L’ancienne épellation décompose la syllabe en autant d'éléments que de lettres; exemple: cheval: cé-ache-é, vé-â-elle. Le procédé phonique ne décompose le mot qu’en deux éléments; le son et l'articulation; par exemple: cheval, che-e, ve-al.

Le son est le produit simple et élémentaire de la voix sans modification.

L’articulation, Où son articulé, est une modifi- Cation du son, produite par certains mouvements des dents, de la langue, des lèvres, etc.

La langue française à treize sons proprement dits et dix-neuf articulations, ou sons modifiés.

Voici les treize sons: a, €, é, è, 1, 0, u, en, ou, an, (ou bien en) in, on, un.

Voici les dix-neuf articulations: b, c, d, {9,5 k,lm,n,pr, 8, t, v, 2, ch, gn, ill.

Une syllabe est la réunion d’une articulation et d’un son (quelquefois c’est un son seul) qu’on Prononce d’une seule émission de Voix.

Dans le langage écrit, les « :bes ne sont pas détachées les unes des autres, :: composant directement de lettres. On compte vingt-cinq lettres: mais ces lettres ne correspondent pas chacune à

un son particulier; la langue française n’a pas

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autant de lettres que de sons proprement dits et de sons articulés; en outre, quelques sons peuvent se représenter par plusieurs caractères différents, qui ainsi sont équivalents dans certains cas: en, an, em, aon, etc.

Il y a deux sortes de lettres: les voyelles et les consonnes.

Les voyelles dans le procédé phonique, sont les sons: a, e, à, 0, U, y.

Les consonnes représentent les articulations: b, C; d, f ÿ; h, j k, l m, n, D, a7T,Ss, l, V, &, 2.

Le son est simple lorsqu'il s'écrit par une seule lettre: a, e, ï ....: il en est de même de l’articulation: b, c, d .... On entend par son composé et articulation composée un groupe de voyelles ou de consonnes qui ne représentent qu’un seul son ou qu’une seule articulation : en, On, an... (sons. composés), ch, gn, ill(1) (articulations composées).

C’est ici qu’il importe d'établir ce qui distingue le procédé phonique de l’ancien procédé de lecture: nous voulons parler du mode de désignation, ou de l'appellation des lettres . “Il importe, en effet, dit Charbonneau, de ne pas confondre le nom des lettres, qui est bien connu (d, bé, cé, dé, etc.) avec leur valeur, c’est-à-dire avec la prononciation qu'elles affectent quand elles sont réunies en syllabes (on peut ainsi figurer cette valeur a(2), be, que, de, fe, que, etc.)

(1) Prononcez: che, gne, ye.

(2) Prononcez a comme dans la rade.

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Ceci posé, dès qu'il s’agira d'apprendre à lire à un enfant, il sera évidemment préférable de désigner et de lui faire désigner les lettres par leur valeur et dire: a, be, que, de Je, etc. Supposez, en effet, que l’on veuille faire lire à l'enfant la syllabe ma. Si, en apprenant les lettres, il les a nommées emme, à, il dira forcément et logiquement emme, à: EMMA; il faudra le dérouter en lui apprenant que emme et à réunis se disent ma; c’est une double étude et une double peine.

Mais s’il a appris à désigner ces deux lettres par me, a, il ne s’agira plus que d’une simple élision d’e muet, et il lui sera bien plus facile de dire me a: mea, et plus vite ma. C’est à cette dernière appellation que se rallient la plupart des auteurs modernes: les enfants apprennent d'abord à désigner les lettres par leur valeur(1). Plus tard, quand ils savent lire, et qu’il n’y a plus à craindre d’embrouiller leur intelligence, on leur enseigne le nom des lettres, qui est retenu très facilement, et que les enfants emploieront presque exclusivement dans la suite pour désigner ces lettres.

Tandis que l’ancien procédé oblige les enfants à apprendre tout d’abord une série de lettres majuscules et minuscules, italiques, gothiques, ete., etc., puis un nombre considérable de syllabes qui ne disent rien à leur esprit, le procédé phonique se contente d'enseigner quelques sons simples,

(1) C'est-à-dire que l’on donne aux lettres la prononciation qu’exige leur groupement en syllabes. Ex.: fable, te-a: ta, ble-e; ble—table.

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quelques articulations simples; puis elle combine ces sons et ces articulations qui donnent des syllabes avec lesquelles on forme immédiatement de petits mots et de petites phrases à la portée des enfants. Des 5 *s simples elle passe aux sons composés, aux artwulations doubles, enfin ar:x diphtongues et aux autres difficultés de la lecture élémentaire, procédant toujours graduellement, ne présentant à l'élève qu’une difficulté à la fois.

Supériorité du nouveau procédé

Dans l’ancien procédé, il faut nommer toutes les lettres qui entrent dans chaque syllable du mot; par exemple, le mot imminent: il faut dire: t-emme: ime, emme-i: mi, enne-é-enne-té: nent: imminent.

Voilà le procé lé que les maîtres de la pédagogie moderne sont tous d’accord à déclarer antipédagogique.

Le nouveau procédé consiste à décomposer les mots en syllabes et les syllabes en deux éléments seulement: le son et l'articulation. On fait lire les sons sans tenir compte des lettres et des accents, Ex.: a-e-Éé-è-i-0-u-y; an-on-ou-in-en, etc. Il faut prononcer ces sons sans avoir recours à l’épellation et leur donner leur valeur réelle, Ainsi, nous devons prononcer a aigu, e muet, (non pas é), o aigu(1), y se dit à et non pas 2 grec.

(1) Comme dans le mot votre.

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