PRINCIPES
1. Le maître doit s'adresser tout d’abord aux sens des élèves, à la vue, à l’ouie, au toucher, pour inculquer plus facilement les principes. Exemple: —On met sous les yeux de l'élève divers objets des billes, des fèves, des crayons, etc., et, en les lui faisant compter, on lui donne l’idée concrète du nombre. On écrit et l’on fait écrire les chiffres qui représent nt les différents nombres: 1, 2, 3, 4, ete., on les lui fait obse. ver, et il arrive facilement à saisir l’idée abstraite du nombre,—On lui met sous les yeux une gravure représentant un enfant pieux en prière; par lui-même, ou avec un très faible travail du maître, il saisit la beauté de la piété, ete. (C’est en quoi consiste l’enseignement intuitif: Il faut que l'enseignement snit intuitif.
2. L’instruction de l'enfant ne doit être qu’un développement régulier des connaissances qu’il possède déjà. L'enfant de cinq ans qui arrive à l’école, possède généralement un vocabulaire de 600 mots. Vous le faites réfléchir et raisonner sur les nombreuses notions qu’il a acquises machinalement presque sans ordre. Vous ordonnez petit à petit toutes ces connaissances et, en développant son esprit d'observation, vous lui faites découvrir d’autres idées en procédant toujours de proche en proche. Vous allez ainsi du connu à l'inconnu. Exemple:—L’enfant connaît son père, sa mère, ses frères, des chiens, des bœufs, des pupitres, des livres, etc. Vous attirez son attention sur la signi.
fication de ces mots désignant des personnes, des animaux ou des choses, et servant ainsi à les nommer. Faitc:-lui observer que son nom est Pierre, celui de son père, Jean, etc. Il arrivera facilement à savoir ce qu'est le nom en grammaire. C’est la seule méthode qui convienne aux enfants. De là le principe: On doit toujours procéder du connu à l'inconnu.
3. Voulez-vous faire connaître une règle générale? Mettez tout d’abord sous les yeux de l'enfant des cas particulic:s, des exemples distribués de manière que l'enfant trouve la règle luimême, au moins, la comprenne aussitôt que vous l'aurez énoncée. Exemple:--Les homme: chanlent, les jours finissent, les chevaux reçoivent de la nourriture, les honnêtes gens rendent ce que vous leur prêtez, etc. Vous faites remarquer la terminaison des verbes au présent de l'indicatif, chanlent, finissent, ete., en ent, et, lorsque vous dites à l'enfant que le pluriel à la troisième personne du présent de l'indicatif exige «en général la terminaison ent, il comprend la règle. Vous avez procédé du particulier au général. C'est la marche à suivre à l’école primaire.
+ 4. Inutile de songer à faire entrer directement dans l'esprit et le cœur des enfants, des idées générales comme la bonté, la vertu, l'universel, etc. Dieu lui-même nous est connu per l’intermédiaire des sens. Parlons done tout d’abord aux enfants de ce qui tombe sous leurs sens, des objeis, des choses, des actes de vertu, de courage, et neu à
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peu nous les rer dons capables de saisir l’idée mên:
de la vertu, du courage, de l'honnêteté, de la
saveur, du goût, etc., ete. Nous arrivons ainsi | aux choses abstraites c’est-à-dire aux principes, aux règles, aux choses invisibles, en faisant raison- 4 ner sur les choses concrètes, comme les arbres, les | fleurs, les vêtements, les livres, ete. Nous allons du concrel à l'abstrait.