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deux ou trois jours on peut être sûr, ainsi que Cambillet s’en est assuré, que les Pediculoïdes sont morts.
Toutes ces méthodes sont difficilement applicables à bord desbateaux. Nous ne recommanderons pas le moyen par trop radical qui consiste à noyer la cargaison et même à submerger le navire qui la porte, ainsi que le firent jadis les Hongrois car ilexiste un moyen simple et efficace : la sulfuration des céréales suspectées. Elle a été pratiquée au Havre sur 1200 tonnes d’orge infestées et restant à décharger. Trente quatre grammes de soufre ont été brûlés par mètre cube.
L'opération commencée le matin, fut terminée à 6 heures du soir, après un contact de dix heures. Les panneaux furent ouverts à 1 heure du matin pour permettre l'aération et à 6 heures du matin le travail recommençait. Les ouvriers ne se plaignirent cette fois d'aucun prurit. Seuls quelquesuns d’entre eux prétendirent avoir ressenti quelques démangeaisons, mais les lésions qu’on pouvait remarquer étaient extrêmement discrètes. Cette méthode est donc très recommandable d'autant plus qu’elle n’altère en rien les grains ; au contraire on peut dire qu’elle aide à leur conservation en détruisant les nombreuses larves qui les parasitent. Elle a du reste été préconisée dans ce but depuis déjà longtemps.
Ces petites épidémies sont donc en somme bénignes. Néanmoins elles ont souvent des répercussions fâcheuses. Nous avons vu qu’en 1850 et en 1872 elles soulevèrent une certaine émolion dans les pays où elles sévirent. N'ayant jamais observé d'accidents de cette nature, la popu-
lation s'inquiéta, les esprits s’échauffèrent, et, l’exagéra-
. ? A “4 A \ tion Sen mêlant, des bruits de toute nature se propagèrent :
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On affirmait que le blé contenait du « poison » où que le boulanger avait «empoisonné » ses grains. Le procureur de la République fut même saisi d’une plainte et une enquête dut rassurer les gens effrayés.
Au Havre les épidémies n'ont point eu de suites aussi tragiques. Cependant il faut reconnaître qu’elles peuvent entrainer des perturbations assez sérieuses dans le travail des quais: Elles interrompent les déchargements, immobilisent les navires,ce qui est aussi préjudiciable au commerce qu’à la bonne utilisation de la flotte. Du reste actuellement, les dockers, prévenus, ne travaillent plus pour ces sortes d’opérations qu'avec un sur-salaire, considérable souvent : travail en double équipe et salaire double. Il y en a qui arriventà des journées de 80 francs! De plus la maladie immobilise des équipes d'ouvriers. Les hommes atteints ne le sont sans doute pas bien gravement, mais encore est-il vrai que les lésions sontassez gênantes, pour les obliger à quitter leur travail. Il en résulte ure incapacité temporaire qui peut
atteindre une dizaine de jours et plus. Du fait de cette inca-
pacité se soulève la délicate question des accidents du tra-
vail.
Or, dans des cas semblables il semble bien à première vue qu'il ne peut s agir d'un accident à proprement parler. [1 semble difficile de qualifier de ce terme une éruption qui atteint à la fois un grand nombre de personnes sans que l’on puisse préciser le moment exactoù la cause de ces lésions à agi, et qui, fait plus important, peut se transmettre aux femmes des ouvriers qui, elles, n'ont point pris part au travail.
Si la dermatose était provoquée par un organe de la cé=
réale, comme par exemple les piquants et les barbes propres à certaines d’entre elles et qui y existent d'une façon normale, éruption provoquée par leur manipulation pourrait être assimilée à une maladie professionnelle. Mais il en est ici tout autrement
Qu’est-ce qu’un accident du travail dans l'esprit du législateur ? C’est, comme le dit le P' Balthazard, un fait anormal résultant de l’action soudaine et violente d’une cause extérieure physique se produisant à un moment bien déterminé au cours du travail et provoquant des blessures externes, des lésions médicales o1 des troubles psychiques.
Or, dans les cas qui nous occupent, il y a eu lésion du fait de l’action d’une cause extérieure représentée par le Pediculoïdes, n’agissant pas sans doute d’une façon soudaine et violente, au moins en apparence. Cette cause n’est pas inhérente à la cargaison : elle est due à un état spécial de cette cargaison : l’Acarien ne 8e trouve malgré tout qu’à titre exceptionnel dans les céréales et, en tout cas sa présence y est anormale.
I1 nous semble donc que l’on peut considérer l’éruption due au Pediculoïdes comme un accident de travail qui s’est produit au moment ou l’Acarien est passé sur le corps des hommes. Par conséquent elle peut être considérée comme un fait visé par la loi de 1898. Au reste n’a-t-on pas considéré, comme accident du travail les cas de fièvre jaune survenus il y à une quinzaine d’années à Saint-Nazaire et causés par la piqûre des moustiques (Stegomyia fasciata) sortant, à l'ouverture des panneaux, des cales de l’Anne-Marie ?
Les ouvriers atteints paraissent donc fondés à demander
les indemnités de demi-salaire et de soins médicaux, du