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femelle, sauf en ce qui concerne l’extrémité de la dernière paire : celle-ci se termine par un seul crochet et est dépourvue de ventouse adhésive. La longue cirre spiralée qui se voit chez la femelle lui fait également défaut.
L’anatomie de la jeune femelle et du mâle ne diffère pas sensiblement. A.la bouche fait suite un pharynx contractile, puis un œsophage très fin. L’intestin, fermé en cul-de-sac, occupe la plus grande partie du corps. Il n'existe pas d’anus. Au-dessus du tube digestif se montre, vers la face dorsale, un organe excréteur,impair,complètement fermé en tube chez la femelle, plus large et plus aplati chez le mâle. I’organe respiratoire, rudimentaire chez le mâle, comprend deux tubes ouverts à l'extérieur par des orifices.les stigmates. Ces tubes conduisent à une poche à air cylindrique qui se continue elle-même par des trachées bien visibies par transparence sous forme de touffes étendues jusqu'au niveau de la quatrième paire de pattes.
Les organes génitaux, situés à la partie postérieure du corps se réduisent à une glande (testicule ou ovaire) et un canal génital impair (canal déférent ou oviducte) débouchant à la partie postérieure de la face ventrale, près de l'extrémité du corps. Chez la femelle l’orifice sexuel prend la forme d’une fente longitudinale. Chez le mâle il est situé dans une sorte de vaste dépression formée par un repli du tégument épaissi à l’extrémité et formant ventouse. De l’orifice sort un long pénis chitineux.
La femelle adulte, gravide, prête à pondre, présente un aspect des plus singuliers. C’est une grosse vésicule brunâtre, tachetée ça et là de jaune blanchâtre du diametre d'environ 600 à 700 microns et qui, quelquefois, peut attein-
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dre jusqu’à un millimètre. Sur un point de cette sphère s’insère un tout petit corps blanchâtre, allongé, muni de quatre paires de pattes. C’est le céphalo thorax de animal et la sphère c’est l’abdomen qui, peu à peu, a grossi et s'est démesurément gonflé dépassant de vingt à trente fois et même souvent plus la taille de l’Acarien entier. A l’intérieur de cet énorme abdomen le tube digestif s’est'gorgé de matières nutritives ; l'organe excréteur s’est peu à peu ramifié en tous sens et s’est rempli de substance excrétées. Ce sont elles qui, par leur accumulation en certains points, forment les taches blanchâtres. La partie terminale de l’oviducte s’est dilatée en utérus et contient des œufs incessamment formés, des embryons à tous les stades de leur développement. Elle refoule peu à peu lintestin et la vésicule abdominale finit par n'être plus qu’un sac rempli d’embryons et de matières excrétées.
L’œuf donne d’abord une larve à trois paires de pattes. C’est le stade hexapode. Puis cette larve subit les modifications qui vont la transformer en Pédiculoïdes adulte : régression des pattes et transformation en nymphe apode. Puis reformation des pattes et formation des différents organes de l’adulte, organes sexuels y compris. Le jeune Pédiculoïdes quitte alors, et seulement, l’utérus maternel. On voit que tout le développenent est intra-abdominal et que la femelle ne met au monde que des individus adultes, déjà sexués et aptes à reproduire immédiatement. Bref, elle est vivipare et ce n'est pas là un des traits les moins curieux de cet acarien.
La durée du développement, c'est-à-dire l'intervalle de
temps qui s’écoule entre le moment où la femelle est fécon-
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dée et celui où elle donne le jour à ses premiers enfants est assez variable. Webster rapporte, en effet, d'après des expériences de Wildermuth, qu'avec une température de 33 à 38° le développement dure six jours, de 22° à 27° il dure neuf jours.et de 10° à 16° vingt jours. La durée du développement paraît done modifiée par la température. De son côté M. Brücker a vu des femelles pondre au bout de cinq jours.
Chaque jour, pendant une quinzaine de jours en moyenne, la femelle peut donner naissance à un certain nombre de jeunes femelles (de deux à huit) et de temps en temps à un mâle. Ceux-ci sont donc toujours moins nombreux dans les pontes que les feinelles. Du reste la régularité des naissances est elle même sujette à des variations, sans qu’il soit possible de savoir pourquoi. Une femelle observée par M. Brücker donna régulièrement du 8 au 16 octobre plusieurs individus par jour. Puis brusquement, les naissances cessèrent pour ne recommencer que plus de quinze jours après : le 10 novembre, il y avait plusieurs jeunes femelles et mâles auprès de leur mère.
On peut considérer qu'en moyenne une femelle donne de 40 à 50 jeunes. Si l’on songe que ces femelles sont déjà en état de mettre ax monde des enfants le sixième jour de leur vie, on voit qu'il s'agit d’une espèce extrêmement prolifique. Si chaque génération comprend 45 femelles fécondables au bout d’un jour et donnant 5 jours après 45 nouveaux individus femelles, on voit qu’au bout de peu de temps un nombre énorme de Pédiculoïdes pullulerait dans un milieu, si, Comme il arrive généralement, l’absence d’une nourriture
suffisante ne venait heureusement en limiter la multiplication.
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Examinons maintenant quel est le sort des jeunes Pédiculoïdes qui viennent de naître. Ils restent d’abord sur la vésicule abdominale de leur mère, et y vivent en parasites. On les voit s’y promener lentement. De temps en temps ils s'arrêtent, enfoncent leur rostre dans la sphère, restent immobiles un court instant, puis reprennent leur promenade interrompue.
Presque immédiatement après leur naissance, au bout de 24 heures environ, le besoin de la reproduction se fait sentir et ils commencent à s’accoupler. Les mâles étant toujours plus rares que les femelles, chaque mâle fécondo successivement plusieurs femelles. Surélevant son abdomen à l’aide de la troisième paire de pattes un peu plus longue que les autres, il embrasse de la quatrième paire, l’abdomen de la femelle qui se trouve ainsi également surélevé. Leurs extrémités postérieures se mettent en contact. Les autres femelles, groupées autour du couple, attendent plus ou moins patiemment la fin de l'opération, essayant quelquefois de prendre la place de leur sœur accouplée. L’acte dure un temps variable de cinq minutes à une heure. Le mâle se dégage alors et recommence la même opération avec chacune des autres femelles. Son rôle est alors terminé et il va mourir peu après, sans avoir quitté l’abdomen de sa mère dont il reste constamment le parasite. Il est possible, ainsi que le croyait Newport et les anciens auteurs avant la découverte du mâle, que son rôle soit encore plus accessoire et que la femelle puisse se reproduire par parthénogenèse. Telle est du moins l’opinion de M. Blanc.
Dès que la femelle est fécondée, elle quitte sa mère. Elle
a emmagasiné dans une vésicule spéciale — simple dilata-
Ut
tion du conduit génital — le sperme du mâle ce qui va lui permettre de féconder elle-même ses œufs dès qu'ils seront mûrs.
Si la température est assez élevée elle devient alors très active. Très vorace, il est de toute nécessité pour elle et pour sa future postérité qu'elle trouve rapidement une proie, car elle ne supporte pas un jeûne de longue durée, et, privée d'aliments, meurt au bout de quelques jours. Si dès lors l’hôte que parasite sa mère ne peut plus fournir une nourriture suffisante pour subvenir à ses besoins, elle l’abandonne immédiatement et se met à la recherche d’une nouvelle proie.
Agitant continuellement la première paire de pattes qui lui sert d’organe de tact on la voit se déplacer rapidement à l’aide de ses quatre pattes médianes. Rencontre-t-elle ce qu'elle cherche (c’est, en général, on le verra, une larve d’insecte) elle grimpe sur elle, se promène agilement sur son dos ; Se comportant comme sur sa mère, elle enfonce de temps en temps son rostre dans les téguments de sa victime, aspire les liquides et grâce aux contractions de son pharynx, les refoule dans son œsophage. En même temps elle inocule une salive venimeuse contenue dans un appareil spécial que Laboulbene et Megnin ont décrit en 1885 ; il se compose de quatre paires de vésicules visibles par transparence sous les téguments et qui, groupées autour de l'œsophage, s'ouvrent dans le pharynx. Sous l'effet de ce venin ainsi que l’a montré Blanc (Bull. Soc. de France, XXXVII, 1912) les mouvements de la larve se ralentissent d’abord, puis elle ne tarde pas à mourir. Si les
Acariens sont nombreux, la mort peut-être immédiate.
pol
Ne pas jeûner est une condition indispensable pour la vie de la jeune femelle. Bien plus, elle n’a que peu de temps à sa disposition pour trouver son garde manger. En effet peu après la fécondation son abdomen commence à s’allonger et à s’arrondir. Il grossit ainsi peu à peu et au bout d’un pétit nombre de jours, cinq en règle, il est devenu la sphère arrondie qui donne à la femelle gravide son aspect si particulier. Au fur et à mesure que les dimensions de cette vésicule s’accroissent les mouvements de l’animal deviennent de plus en plus pénibles. Quand le développe: ment maximum est atteint l’Acarien complètement immobilisé ne peut plus se mouvoir, Il commence alors à pondre et une nouvelle génération apparaît.
Quel est donc l’habitat ordinaire du Pediculoides ventricosus ? Amerling à observé en Bohême, des chaumes de blé parasités par de petits Acariens.
D’après la description que cet auteur en donne, Moniez, (Rev. biol, du Nord de la France,1895) identifie ces animaux au Pediculoides ventricosus. Pour lui, l’Acarien habite normalement les tiges dé céréales. Quand les chaumes se sont desséchés ou quand ils ont été transportés dans les granges pour être battus, les conditions de son existence se modifient et la nourriture lui manque. Affamé il s’attaque alors aux larves d'insectes qui parasitent les grains. En résumé pour Moniez il serait donc herbivore. Il semble probable qu’il y a eu erreur de diagnose avec une espèce voisine, le Pediculopsis graminum, parasite en effet des céréales et des graminées. Webster ne pense pas qu'il soit:
possible que le Pediculoides ventricosus s'attaque aux céréales.