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Les autres auteurs s'accordent également à considérer le Pediculoides ventricosus comme un Acarien carnivore. Et, de fait, il est de règle de le rencontrer parasitant des larves d'insectes. Newport, qui l’a observé et décrit pour la première fois, l'avait trouvé sur des larves et des nymphes dans le nid d’une abeille solitaire, l’Antrophore obtuse.
Depuis on l’a vu sur toutes sortes de larves à téguments mous, larves d’Hymenoptères, de Buprestidés, de Cérambidés, de Lépidoptères.
Une énumération des espèces serait fastidieuse et ne pourrait guère intéresser qu'un entomologiste. Il paraît donc peu difficile sur le choix de sa proie, et en réalité doit attaquer tous les insectes qu'il rencontre. Mais nous savons qu'il ne supporte pas un jeûne de longue durée et que, d'autre part, son abdomen croissant rapidement, va en peu de jours lui interdire tout mouvement. Or une larve agile se dérobe facilement à son attaque.
D'un autre côté si la larve s’agite violemment sous les piqûres de l’Acarien, celui-ci ne tarde pas à mourir : la fine enveloppe de son abdomen, d’une délicatesse extrême, se rompt en effet au moindre choc, compromettant ainsi le sort de la future postérité.
Le Pediculoides ne se développera donc dans de bonnes conditions que sur des larves peu mobiles, incapables de se débattre vigoureusement sous les blessures. C’est évidemment la raison pour laquelle on le rencontre si souvent sur des larves vivant en cavités closes, en particulier sur les larves qui parasitent les grains .des céréales comme le blé, l'orge, le riz.
Mentionnons jes plus connues de ces larves. D’abord la
trop célèbre Teigne du blé (Tinea granella, Linn.) chenille d’un blanc jaunâtre, longue de dix millimètres environ qui n’est que la larve d’un petit papillon nocturne de la famille des Tineides : elle s'attaque à deux ou trois grains à la fois qu'elle enferme dans un tissu commuu de fils à l'abri duquel elle va poursuivre ses métamorphoses. L’Alucite des céréales, (Sitotroga céréalella OI.) petite chenille blanche à tête noire qui donne naissance à un petit papillon de la même famille : également abritée sous une couverture de soies elle perce indifféremment les grains du blé, de l’orge ou du seigle, s’y loge et en dévore le contenu. Le Charancon du blé (Calandra granaria Linn.) coléoptère cosmopolite à tête prolongée en bec, qui, à l’état larvaire se développe aussi à l’intérieur du grain que la mère a percé et doté d’un œuf. Une espèce voisine, le charançon du riz (C. oryzae Linn.) est propre aux grains de riz. Le Tribolium ferrugineum F.autre Coleoptère dont la larve habite les grains de riz ou de blé. Aux Etats-Unis on rencontre souvent notre Pediculoides sur le «Joïint-worm » larve parasite du blé et d’autres céréales qui donne plus tard naissance à des guêpes du genre Isosoma.
Tous ces insectes sont par conséquent de grands destructeurs de grains, fort redoutés des agriculteurs dont ils compromettent souvent les récoltes. On peut donc dire qu’à ce point de vue, le Pediculoides en les attaquant et en les faisant disparaître joue un rôle bienfaisant. Malheureusement il arrive que, par suite de leur pullulation rapide, la provision de larves s’épuise. Les jeunes femelles affamées quittent les grains sur lesquels elles sont nées, se répandent
dans les criblures et poussières qu’elles parcourent en tous
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sens à la recherche d’une proie qui leur fait défaut. Elles vont alors piquer et sucer tout ce qui peut leur fournir la nourriture désirée. Rencontrent-elles un animal elles l’attaquent immédiatement et l’on à observé en Amérique, des chevaux et des bestiaux atteints de lésions identiques à celles de l’homme. Est-ce un homme qui s'approche des grains ? Elles grimpent sur lui et tout comme sur une larve, se promènent à la surface de la peau le piquant de temps en temps.
Mais il faut retenir ce point : jamais, à l’encontre de l’Acarus de la gale, elles ne pénètrent dans la peau. Comment ie feraient-elles ? Leur organisation l’interdit et on conçoit mal que cette vésicule délicate qu'est l'abdomen gonflé de la femelle gravide puisse se développer dans ces conditions. Par contre les piqûres sont toujours suivies de l’inoculation d’un liquide venimeux. Il en résulte si les Acariens sont en nombre suffisant, une éruption cutanée. La démonstration a été faite par plusieurs auteurs : Brücker, Rawles, Goldberger, Ducrey, Houloussi.
Goldberger rapporte les expériences suivantes :
Ayant mis des débris de paille contaminée dans une boîte de Pétri préalablement stérilisée, il l'applique sur la région axillaire d’un sujet : 16 à 17 heures après l’éruption caractéristique se produisit. Une autre boîte de Petri soumise à des vapeurs de chloroforme, est ensuite appliquée sur l’épaule du même sujet : Aucune lésion apparait, le chloroforme ayant sans doute tué les Acariens.
Il capture ensuite cinq petits Acariens, les met dans un verre de montre et les applique sur Pavant-bras : 16 heures
après apparaissent cinq lésions caractéristiques.