‹ Peintres d'aujord'huiChapitre 11 sur 63 · L EGLISE DE BERCK · texte numérisé non relu

L EGLISE DE BERCK

Besnard y a travaillé pendant deux années presque exclusivement.

L'ensemble de la décoration se compose sur chacun des murs nord et sud, de quatre grandes peintures placées entre les fenêtres, de deux peintures plus petites à chaque extrémité et, au-dessus de chacune des cinq fenêtres ogivales, d'une figure d'ange en tunique de belle couleur tenant des deux mains un cartouche dans lequel se trouve inscrit un commandement de Dieu.

Les quatre petites peintures représentent sur le mur sud d'un côté sainte Elisabeth et de l'autre saint Vincent de Paul. Sur le mur nord à l'une des extrémités, saint Jacques donnant un vêtement à un pauvre, à l'autre extrémité saint Louis, roi de France, protégeant un malheureux.

Sur le mur de la tribune des orgues au-dessus de trois ouvertures ogivales, sont représentés deux grands anges rouges plus grands que nature soutenant de leurs mains étendues au-dessus de leurs

têtes, d'un geste infiniment majestueux, l'immense croix de bois brut sur laquelle agonise un agneau égorgé dont le sang retombe en gouttes rouges que recueille dans un calice un ange placé à notre gauche. Les ailes étendues de ces deux anges sont d'un vert diapré. Elles se dessinent sur un fond bleu sombre, mais les visages se détachent déjà sur le jaune qui de proche en proche remonte peu à peu vers sa source : le triangle placé au sommet de la composition et d'où vole vers nous le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe. Ce triangle est éblouissant. C'est le foyer spirituel d'où émane toute lumière.

Du point de vue couleur cela se résume par conséquent en deux grandes robes rouges sur un ton bleu sombre avec de grandes ailes vertes qui se détachent sur du jaune vif remontant vers sa source triangulaire, tandis que dominent le tout la grande tache sinistre de la croix brune et la tache plus tendre de l'agneau pantelant exécuté dans les gris délicats, chaleureux, avivés par le rouge des gouttes de sang.

Les visages sont un peu sommaires mais touchants. Il y a de la grandeur. Les anges porteurs

ALBERT BESNARD

de l'instrument du supplice sont d'un mouvement lyrique sans être déclamatoire. L'agneau e'gorgé (d'un dessin délicieux) est dramatique et poignant. L'harmonie générale est puissante et ardente. Ce jaune de Naples fait tout chanter. C'est un hosanna douloureux et triomphal *.

Sur la grande arcade percée d'une vaste ogive qui sépare l'église du chœur, Besnard a peint, de chaque côté de laclet de voûte, deux grands anges* à flottantes tuniques blanches avec des ailes multicolores. Les bleus de paon dominent d'un côté. De l'autre côté leur répondent des verts, des jaunes et des rouges assourdis.

Avec des encensoirs d'or, d'un mouvement très large, ces anges encensent le livre de l'Évangile, tout blanc, placé au-dessus de la clef de la voûte, sur une nappe d'autel également blanche et d'où émanent de grands rayons divergents d'un jaune rayé de blanc.

I. Daté de 1898 et demeuré en très bon état. L'ange qui porte une épée est évidemment : la Justice. Celui qui porte le ciboire est manifestement : la Charité. On ne peut pas être plus clair.

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