musée de province
GASTON LA TOUCHE
d'elle, la vieille maman place'e à contre-jour et le mari appuyé contre le lit. Le tableau était conçu dans une gamme de gris avivés d'un peu d'or. Il donnait une impression de silence et de recueillement. C'est peut-être le premier bon tableau qu'ait peint M. La Touche et il date de 1888. Après maintes études sur nature, pour la première fois, l'artiste osa travailler de mémoire, sans avoir le modèle sous les yeux. De ce point de vue il marque dans l'œuvre de l'artiste une date importante, ill fut l'occasion d'une deuxième médaille.
Cependant La Touche ne persévéra pas tout de de suite dans la voie qui était pourtant celle où il devait s'illustrer. L'année suivante il revint aux sujets naturalistes. « La GrèveàAnzin», inspirée de Germinal, date de 1889.
Un autre La Touche s'élaborait lentement dans le mystère de l'inconscient. On s'en aperçut d'une manière éclatante en 1890. Le Salon de la Société nationale des Beaux-Arts venait d'être fondé. L'artiste envoya deux tableaux « Phlox » et « Pivoines », symphonie de fleurs,de femmes et d'enfants où se révélait enfin le peintre des joies de la vie. Pour quelques-uns ce fut une révélation. Pour
d'autres, ces tableaux ne marquaient qu'une étape décisive dans l'évolutio i harmonieuse d'un talent solidement attaché aux réalités mais qui se tournait lentement vers la lumière et vers la joie comme certaines fleurs vives se tournent vers le soleil.
Désormais l'œuvre de M. Gaston La Touche s'imprègne d'un rayonnement et comme d'un poudroiement de soleil.