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I. Par exemple dans la salle des mariages d'Arcueil

sent tout ce que M. Paul Baudouin a gagné dans la fréquentation de Fauteur du « Bois Sacré », c'està-dire de l'artiste dont les idées décoratives ont été les plus hautes et les plus noblement éducatrices. On sent aussi le profit qu'il a retiré de la contemplation des grandes compositions murales de l'amphithéâtre de chimie à la Sorbonne ou du portique de l'Ecole de Pharmacie.

Dans l'intervalle de ces quatre coupoles circulaires, M. Paul Baudouin a imaginé des peintures représentatives des stades successifs de l'évolution des saisons et du monde. Après les figures drapées, rassemblées et comme recroquevillées sur elles-mêmes, Nornes immobiles sous un ciel que n'éclairent point les étoiles, l'artiste a représenté l'Espoir sous la forme d'une figure nue, debout, qui baise une fleur; puis la période des pluies dans une gamme de gris, de verts et de cheveux fauves envolés comme des queues de comète sous un arc-enciel orageux; ensuite la période des nébuleuses, monde en formation que symbolisent parmi des nuages pénétrés d'eau irisée des figures nues tour-

Cachan et à peu près dans toutes les compositions antérieures de M. Baudouin.

PAUL BAUDOUIN

noyantes. Entre ces divers sujets on reconnaît — se succédant — des animaux qui font penser aux signes du zodiaque.

Dans la coupole du Printemps, les figures nues entrelacent des guirlandes de fleurs nouvelles sous un ciel très bleu. Elles représentent la vie heureuse qui commence. Des jeunes gens et leurs chevaux représentent ensuite les joies de la vie et nous mènent à la coupole des grandes figures nues de l'Eté qu'entourent des gerbes de blé.

On reconnaît plus loin la personnification de la maturité, jeune mère allaitant son nouveau-né, puis de jeunes Bacchantes nues dansant sur le pressoir parmi les pampres sous un ciel violacé ; ensuite « la mélancolie » où sur un ciel bleu des figures féminines nues et presque michel-angelesques — du moins par les attitudes et le désir de grandeur — semblent lasses ou angoissées, enfin l'Hymne à la vie où, sous un ciel sombre, deux figures drapées passent en volant, leur lyre à la main, tandis qu'un vieillard assis les regarde et qu'un couple d'adolescents nus échangent des fleurs. Éternelle vision de l'humanité où la joie lyrique de la jeunesse et

de l'amour se tempère par la présence de ceux qui s'inclinent vers la tombe.

Dans chacune des trois travées la décoration se compose donc de quatre grands sujets ronds à plusieurs personnages, de trois figures isolées debout et de six représentations d'animaux qui varient, selon les saisons, de l'ours polaire à l'aigle ou au taureau. Ajoutez, dans chaque travée, six groupes nus assis sur la frise et représentant « les occupations des mois ». L'ensemble de la composition mène le spectateur de la vie rudimentaire à la jeunesse et à la maturité, elle le conduit par conséquent de la Douleur à la Joie, puis à la Mélancolie automnale. Cette suite de peintures a par conséquent plusieurs sens selon qu'on la considère de l'un ou de l'autre des divers points de vue qu'elle comporte. On devine, à ces indications, l'ampleur et la variété de la conception générale.

Du point de vue pictural la richesse n'est pas moins grande. M. Paul Baudouin s'est bien gardé de restreindre ses sujets à des actions isolées et particulières. Il a fait surgir de belles formes dont chacun peut interpréter le sens particulier selon ses propres qualités d'esprit et les a fait se jouer

PAUL BAUDOUIN

Cliché D. Freiiler

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