BERTHE MORIZOT
PORTRAIT DE JEUNE FILLE (dcSSin)
(Collection de M"'« Rouart.)
M°^^ BERTHE MORIZOTi
Les femmes peintres ne manquent pas, dans l'histoire de l'art : ce qui y manque davantage, c'est proprement la peinture de femme, une peinture exprimant l'aspect particulier que doivent offrir les choses à des yeux et à un esprit féminins.
Quelques femmes cependant, jadis, ont essayé de faire une telle peinture féminine. Les pastels de la Rosalba Garriera et les portraits de j^mc Yigée-Lebrun, qui n'ont d'ailleurs, ni les uns ni les autres, aucune des qualités d'une œuvre d'art supérieure, n'en sont pas moins imprégnés d'un charme spécial, assez fort pour les empêcher d'être perdus dans la foule des nonvaleurs de la peinture. C'est qu'ils traduisent, malgré tout, une vision du monde que nous sentons très distincte de la nôtre, plus légère, plus flottante, plus douce, telle, h peu près, qu'elle doit exister dans les yeux d'une femme.
Cette vision artistique, ni la Rosalba ni M""" Vigée-Lebrun n'ont su, malheureusement, la