‹ Peintres et sculpteurs contemporainsChapitre 10 sur 151 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

le papier la moitié des jugements qu'il porte sur eux, dans Tintimité de Tatelier ?

Voltaire a dit avec raison : « Un excellent critique serait un artiste qui aurait beaucoup de science et de goût, sans préjugés et sans enme, » Certes, qu'on trouve donc cet artiste^à et qu'on lui passe, en toute hâte, la férule de la critique. Il la tiendra mieux que personne, seulement il faut le trouver.

Sans doute on a toujours le droit de demander à un homme qui s'institue votre juge de sa propre autorité : de quel droit nous condamnes-tu? Cependant, dès qu'on s'offre soi-même au public, dès qu'on va au-devant de toute critique, n'accepte-t-on point tacitement l'arrêt de la foule, le verdict du passant, l'arrêt de l'inconnu, à plus forte raison d'un homme érudit, intelligent et conscient? Quoi que nous produisions, quelle que soit l'œuvre d'art qui sorte de nos mains ou de notre cerveau, nous ap* partenons tous à l'opinion publique, dont le nom est aussi fragilité comme celui de la femme. C'est devant ce tribunal accessible à tous les sentiments les plus opposés, variables, frivoles, capable des injustices les plus noires et des engouements les plus fiers, que nous nous présentons. Et nous l'aimons en dépit de tout, ce tribunal, et nous ne pouvons nous passer de lui, et nous attendons son arrêt avec émotion, car ce n'est pas seulement la justice qu'il rend, c'est la renommée qu'il distribue. Cent fois ainsi on revient à ses juges qu'on a maudits cent fois.

NouHseulement, à mon sens, la critique n'est

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