Elève de M. Flandrin et de M. Gleyre
dessins de la guerre à YlUustratiôny est un artiste jeune et d'une valeur haute. Il sait voir et rend ce qu'il voit d'une fagon un peu brutale, mais bien personnelle.
M. Charles Landelle^ -^ Aimée. Une grande fille brune, vêtue d'une sorte de pagne Ae soie noire. Elle se tient légèrement penchée, dans une attitude provocante. Ses grands yeux noirs sont ceux de la gazelle. L'étofTe de soie semble caresser les formes de son jcorps qu'elle fait saillir et laisse voira travers sa transparence. M. Landelle a depuis longtemps étudié ces types orientaux, qu'il rend ainsi avec beaucoup de style en les enjolivant et les débarbouillant un peu pour ne point les faire trop vrais. M. Landelle est de ceux qui parent la nature. Mais j'ajoute bien vite qu'il la pare avec beaucoup de soin et de goût.
M. Layraud*. — Le gouvernement anglais a acheté à M. Layraud une grande machi7ie mélodramatique, Brigands et Captifs^ une scène de l'Ambigu représentant un jeune gentleman et sa femme entourés par des bandils.
Ces chevaliers de la montagne ont des figures rébarbatives et des façons toutes persuasives, une politesse affectée et soulignée par le canon du tromblon. L'un d'eux présente, avec la grâce ironique d'unPra Diavolo, une plume au gentleman, qui paraît de méchante humeur. La jeune dame anglaise, vue de dos et charmante, regarde avec efifroi un grand diable de brigand qui lui sourit d'un air trop galant. Horace Vernet, au temps de la Confession du brigand y eût fait d'un tel su-
1. Élève de P. Delaroche. Médailles de 3* classe en 1842, de 2* classe en 1845, de 1'* classe en 1848, de 3* classe en 1855 ; décoré en 1855.
2. Élève de MM. L. Cogniet et Robert Pleury. Prix de Rome en J863, 2« médaille en 1872.
L'ART FRANÇAIS BN 1872. , 321
jet un tableau de genre. M. Layraud l\a peint grandeur naturelle et, au dire de ses amlSyil s'est volontiers peint lui-même, avec son air robuste et m&Ie, dans chacun de ces détrousseurs italiens. Si bien que le tableau pourrait s'appeler M. Layraud, sous tnngt costumes différents, arrêtant une famille anglaise. Il y a de très* remarquables qualités dans celte scène théâtrale, qui fait songer aux bandits de Joseph Bouchardy plutôt qu'à ceux que rencontra l'Ârioste. Le paysage, vraiment farouche, a une certaine grandeur sombre. Il n'est pas jusqu'aux drôles qui jouent, sur cette toile, les troisièmes rôles qui ne soient fort bravement peints. Mais les aventures d'un couple britannique, soumis au chantage par une poignée de brigands, pouvaient-elles intéresser beaucoup le public, et surtout présentées dans de telles dimensions? On n'imprime point les anecdotes dans le format in-folio.
M. HiPPOLYTE Lazerges* — Èvâ. Dans un vert paysage, frais, printanier, rayé de papillons, une femme est debout, blonde, et se haussant vers le fruit défendu. M. Lazerges a peint cette Eve avec grâce. Je trouve en* core, à ce nom de Lazerges, un bon portrait de femme. Il est de M. Paul Lazerges, un toutjeune homme, élève de son père.
M. Edmond Lebbl*. — Un vœu et Une rue à San G&rmano. De chaudes et vigoureuses études d'Italie. La lumière qui vient du haut de l'église, dans le Yasu^ est
U Nôà Narbonne, le 15 juillet 1807. Élève de M. F. Bouchot. On lui doit : Descente de croix , Je'sus aux Oliviers, la Mort de la Vierge , le Génie éteint par la Volupté, Suzanne au hain, Ecce homo. Saint Sébastien au tombeau, Reniement de SairU-Pierre, le Christ au Ca* lice, Foyer de VOdéon un soir de première représentation, etc., etc.
11 a obtenu une 3' médsjlle en 1843^ une 2* en 1848 et un rappel en 1857. Il a été décoré en 1867.