‹ Peintres et sculpteurs contemporainsChapitre 114 sur 151 · Élève de M. L. Cogniet · texte numérisé non relu

Élève de M. L. Cogniet

tout à fait bien étudiée. M. Lebel a ramassé avec succès le pinceau de M.Bonnat, qui précisément abandonnait l'Italie pour TArabie-Pétrée .

M. Lecadre*. — Le Sommeil. — Il y a un talent vrai dans ce tableau. Il représente une femme couchée sur un divan, dormant toute vêtue, en pressant, deses mainscroîsées, son enfant sur sa poitrine. Le visage de la femme est surtout réussi ; il est charmant et reposé. On aperçoit sur les lèvres l'espèce de moiteur des pores. Gela est vivant, bien vu et bien rendu. Ge qui rend cette figure désagréable, c'est la robe dont elle est revêtue, une robe d*un velours grenat, à reflets étranges, jaunâtres, et qui semblent boueux. On jugerait que la femme endormie de M. Lecadre vient dese crotter affreusement. Elle doit être rompue de fatigue pour avoir trop marché dans un terrain mouillé. Sa robe de velours a positivement besoin d'être brossée. Ge détail n'ôte rien, je me hâte de le dire, au mérite de cette peinture, qui a déjà attiré sur le nom de son auteur l'attention des gens de goût.

H. Lece[evalier-Chevignard.'— Antonello de Messine et Giovanni BHlinL Le peintre Jean Bellin, costumé en gentilhomme, s'introduit dans l'atelier du roattre messinois, lui demande son portrait, et le voyant peindre, découvre ainsi^ dit le livret, le secret de la peinture à t huile. Le livret eût mieux fait de dire: constate ou apprend ce secret. Peu importe. M. Lechevalier-Ghevignard a représenté cette scène, contée jadis par Borghini, avec tout l'archaïsme voulu. Ses personnages sont roides comme des primitifs. Celte toile procède de Jean Bellin lui-même» Elle a d'ailleurs de rares qualités de distinction et de dessin.

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