Élère de M. Gleyre. Médailla en
2. Elève de Droliing. Médaille de troisiôme classe en 1859. Rappel en 1863.
M. Lecomte du Noûy^ <— Les Porteurs de mauvaiees nouvelles. — II y a toujours eu foule devant ce tableau, qui a obtenu un succès d'attraction. Le sujet n'était cependant pas fait pour attirer le public. Un dirame qui se passe, comme nous dit une inscription peiqte sur le cadre, sous le Roi Siphta Ménephia, de la diihuitième dynastie, 1,500 ans avant Jésus-Christ, ne doit pas, en principe, avoir grande chance d'obtenir un succès populaire. Et pourtant, le tableau de M. Lecomte du Noûy a obtenu ce succès-là. C'est qu'il y avait je ne sais quoi de mystérieux dans la vue de ce Pharaon couché sur ses coussins, se mordant les ongles, impatient d'attendre, contemplant une ville endormie et étendant à ses pieds ceux qui ne lui venaient point dire: Ton rêve est réalisé I El quel rêve était-ce donc? Ceux qui ont lu cet admirable livre de Théophile Gautier, le Roman de la Momiey se rappellent la scène où le Pharaon silencieux, découpant sur le coin de la terrasse sesnoirscontours, comme une statue de bronze scellée à l'établissement, y appelle dans la nuit : Tahoserl Tahoser!ei^ de son sceptre de métal, fend lecr&ne dur des messagers qui ne lui viennent point dire que Tahoser n'est pas loin.
C'est cette scène que M. Lecomte du Noijy a rendue. Il a réédifié Thèbes endormie, avec ses constructions gigantesques, ses pylônes, ses palais de Rbam-* ses et* d'Aménophis , il a étendu sur la terrasse le Pharaon, semblable aune statue osirienne, et il a fait ainsi un très-dramatiqne décor, quoique, à vrai dire, le ciel en soit un peu semblable et la composition tout entière à un beau tableau d'opéra. N'est-ce point pour cela peut-être que le public a tant regardé ce drame? Les cadavres des morts, pareils à des statues
1. Élève de MM. Gérome, Signol et Gleyre. Médailles en 1866 et 1869. Deuxième médaille en 1872.
de bronze couchées à terre, m'ont particulièrement frappé. Ce tableau est très-supérieure au Démosthènt du même auteur, Démostbène s'exerçant à la parole le long d'un rivage où la mer est unie et houleuse et ne mugit pas assez pour que l'orateur, la béte féroce^ comme disait EschinCt son rival, hurle à lutter contre son terrible fracas.
M. LEH0UX^ — BeUérophorij vainqueur de la Chimère, — Une peinture dans le goût des compositions de H. Gustave Moreau. La Chimère ici a une tête d'aigle, le plus lâche des oiseaux de proie.
M. Lematte*. — Dryade. — Dans un vert paysage, une femme est assise, élégante, mais livide, les chairs fluides, les yeux cernés comme toutes les dernières créatures de Cabauel et d'Hébert. Il faut du fer dans le sang de ces élèves de l'Ecole de Rome. M. Hébert a communiqué les p&les couleurs à leur pinceau, qui perd trop en vigueur ce qu'il gagne en élégance.
M. Emile Lévy '. ~ Il y a au Luxembourg une toile exquise de M» Lévy, c'est Orphée déchiré par le^ Mènades ivres. Dans un paysage d'un caractère vraiment antique, où le serpent et le tigre fraternisent, Orphée, mis à mort, est entraîné par la ronde féroce des bacchantes* Gela est d'une cruauté et d'une finesse tout i fait supérieures. Mais, hélas I que le tableau de M. Lévy, la Lettre , ressemble peu à ce tableau-là! La Lettre^ c'est une femme brune, décolletée, une'grosse commère sans élégance, et qui» velue d'une jupe verte, s'étend pour lire une lettre et montrer sa gorge sur un canapé grenat. Les couleurs de bravou/re de Garolus