‹ Peintres et sculpteurs contemporainsChapitre 116 sur 151 · Médaille de deuxième classe en · texte numérisé non relu

Médaille de deuxième classe en

2. Élève de M. Cabanel. Prix de Rome en 1870. Troisième médaille en 1872.

3. Élève d'A. de Pujol et de Picot. Prix de Rome en 1854. Médaille de 3' classe en 1859^ médailles en 1864 et 1866, médaille de 3« classe en 1867 (Ex. un.). Décoré en 1867.

Duran ont porté à la tête de M. Emile Lévy; il a vou1q> lui aussi, faire du moderne. Il a échoué.

Je préfère à cette lourde femme ainsi vautrée, la Jeune fille portant des fruits. La chemise rouge de cette enfant, leâ^ citrons qu'elle porte dans son panier, son air candide et charmant sont choses achevées. On prendrait la fillette au jupon rayé pour une Virginie allant aux Pamplemousses. Mais cette maudite Lettre! M. Emile Lévy est autrement inspiré quand il compose, par exemple, de si jolis dessins pour le Daphnis et Chloé de Jouaust. C'est un vrai Athénien d'Athènes, qui a eu tort de s'arrêter, cette fois, dans un boudoir du quartier Notre-Dame de Lorette.

M, Henry Lévy*, — Hérodiade. — Voilà une des toiles les plus remarquables du Salon de 1872. C'est là une œuvre véritable, presque un chef-d'œuvre. Le peintre a représenté, avec un grand éclat de couleurs, Salomé venant apporter à sa mère la tête de saint Jean, placée dans un bassin. Les cheveux épars, emmêlés, comme le seront bien des Salomé futures, depuis que Regnault a donné à la sienne une chevelure en quelque sorte tragique, Salomé, grande, maigre, l'air étrangement sauvage, porte ce poids pesant de la .tête coupée. Vieille, affaissée, contemplant les lèvres muettes de saint Jean, Hérodiade laisse voir plutôt l'afTaissement stupide de la chair que le triomphe cruel d'une ennemie satisfaite.

Elle regarde ce triste débris avec une expression superbe de lassitude. A quoi boa ce supplice? On devine qu'Hérodiade ne songeait déjà plus à saint Jean* Elle rêve à quelque sanglante et nouvelle fantaisie, à quelque tuerie qui lui fouette les veines, elle est retombée, ennuyée, alourdie, flétrie, dans une sorte de somnolence féroce.

1. Ëlôve de Picot et de MM. Cabanel et Fromentin. Médailles en 186Ô, 1867 et 1869.

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M. Lévy a rendu avec une véritable puissance cette expression si complexe, mais il n'y a pas seulement dans son tableau cette pensée que nous en dégageons en le contemplant, il 7 a des colorations harmonieuses et puissantes, un ^mas d'étoffes, des notes vertes et pourpres, tout à fait combinées en mattre.

Cette Hérodiade aura marqué, dans la carrière de M. Henri Lévy, comme une œuvre absolument décisive; nous attendons désormais ce peintre à des œuvres plus complètes encore. M. Lévy est un coloriste de race, et Técole française peut exiger de lui ce qu^elle a on moment (mais en vain) espéré d'Eugène Devériu, au lendemain de la Naissance de Henri IV qu'on prit pour la naissance d'un Véronêse.

M. Lnc *. — Les Adieux à la patrie* ^^ Un touchant souvenir de FÂlsace, peint avec talent par un Stras* bourgeois.

M. LuMiNAis^. -^ J'ai classé Mi Luminais parmi les hretonsy mais il tient, depuis quelques années, à fonder i'école gauloise, 11 fait de THenri Martin en peinture. Son Invasion, avec ses femmes romaines traînées par des cavaliers roux, nous offre de belles études de croupes de chevaux et de chairs féminines. Le Jeune taureau dompté est une petite toile, Irès-mâle et tr^ vigoureuse, comme tout ce qui sort du pinceau de ce peintre*

M. Machard*. — Narcisseet la source.-^ Hébert, je

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