L'ABÉCÉDAIRE DES ARTISTES
C'est par lettres alphabétiques qu'il nous reste à juger bien des artistes encore. Lorsqu'on s'est habitué à visiter un Salon, à Tétudier, à rechercher partout les œuvres remarquables, on éprouve au bout d'un certain temps un sentiment contraire à celui de la première visite : on s'aperçoit qu'il est vraiment bien des œuvres dignes d'intérêt, et que si l'art contemporain ne nous fournit point un morceau capital, au moins nous donne-t-il des miettes précieuses, et qu'on redoute de laisser perdre. Que d'omissions I que d'oublis dans le cours de ces visites du critique ! Je vais tâcher, pour le dernier Salon, d'en réparer quelques uns.
M. Adan * — Sur ses deux tableaux, il en est un que je trouve vulgaire. Ce sont les Joueurs de boules. Il y a de l'esprit, mais banal. Au contraire, la petite toile : On attend le parrain^ est une chose tout à fait charmante. Le paysage est frais et vert, et l'œuvre est fort jolie.
M. Alexander *. — Son Ambulance pendant le siège de Paris est un fusain trop réaliste. Un patient entouré de médecins et d'ambulancières aux types communs, et qui semblent poser devant un appareil photographique attend, nous dit le livret, que le docteur Fano procède à une amputation. Les tètes des personnages sont si farouches qu'on croirait voir plutôt Fuaidès couché sur une table avec Jauzion, Bastide et la Bancal, tout prêts à l'égorgiller doucement.