DESSIN INÉDIT DE GÉRÔME
il s'appelle Gérôme! » L'idylle, chaste et naïve dans son habileté de facture, était bien simple. Deux adolescents, une jeune fille et un jeune homme, animant au combat deux coqs. Au loin, la mer toute bleue. Un tombeau. Des lignes pures. Mais l'impression même d'une peinture pompéienne, le délicat d'un camée antique. Une simplicité qui séduisit.
« La Grèce est la patrie delà simplicité, » a écrit Edmond About, qui, dans son Voyage à travers l'Exposition des Beaux- Arts (185 5), disait de Gérôme : « M. Gérôme fut Grec du premier coup, parce qu'il fut simple. » Depuis, et deux ans après, M. About menaçait M. Gérôme de « tourner au Gérard Dow », — ce qui, après tout, n'est pas si désagréable, je pense.
A partir du Combat de coqs^ J.-L. Gérôme était célèbre. On allait, sur le lit de mort du romantisme agonisant, le sacrer roi des néo-grecs. Il s'en tint longtemps, en effet, à ces sujets antiques, et, à propos de son Intérieur grec, Gautier écrivait peu d'années après : « L'Intérieur grec de Gérôme est le seul tableau qu'on puisse mettre à côté de la Stratonice d' I ngres , un petit chef-d'œuvre de style, de grâce et de science. » Et l'auteur de Fortunio louait le peintre de n'avoir pas eu « le
jésuitisme d'appeler cet Intérieur : Marché d'esclaves ou Captives exposées en vente, croyant qu'un art si chaste, si sobre et si pur que le sien suffit à voiler ce qu'un tel sujet peut avoir de scabreux'.» V Intérieur grec était, en effet, un de ces coins de ville où, dans la Suburre romaine, Messaline se glissait, avide, sous un pseudonyme de courtisane. Ce qui nous intéresse surtout dans la vie des gens illustres, c'est l'éclosion même de leur talent, ce sont leurs origines, leurs débuts. Lorsque l'artiste entre en pleine gloire, on n'écrit plus sa biographie qu'avec le titre de ses oeuvres. On peut dire que Gérôme a, depuis 1847, ^^^^^ ^o^" stamment et s'est toujours montré sur la brèche*.