PLANCHE XXX
Une jeune femme est figurée tenant une cassette , dont elle tire une très-longue bandelette , qu’ elle montre à deux jeunes gens . Ils juaroissent F examiner avec attention , et y prendre un grand intérêt. Ces jeunes gens sont nus; leurs manteaux sont pliés, et passés autour de leurs bras. Un d’eux tient une lance, l’autre un long bâton. L’acclamation ordinaire kaaos est répétée audessus de chacun d’ eux . 11 semble que F on peut voir dans la femme repré-
3.® Jeune guerrier avec un casque, un bouclier, et une Jaiice , poursuit une lemnie,et semble lui adresser des reproclics . Tischbei^ . tom. i. pl. iç). et t. iy.pl. 4^.
Ces deux jn-inlures sont prises d’un même original, mais dans la seconde , deux personnages accessoires sont représentés, une ic-mme , et un vieillard lenanL
un sceptre.
(i) ■\^'1XCKELMA^•X . Mon. Inédit, n. ii5.
(2 j Peintures Ant. et Inédit, de Vases Grecs . pag. 20. Les Vases rcpré.sentant Céjihale cl Aurore publiés par Tisebbein et M. Millin , sont de la fabrique de Nola . V. Sfiprà pag. 17.
sentée dans cette peinture une figure allégorique peut-être la Gloire , ou la ' , elle inspire aux jeunes gens une noble émula-
tion eu leur montrant la bandelette “ récompense de ceux , qui se distinguoient par leur valeur dans les combats ou par leur force , et leur adresse dans les exercices du stade . La guirlande ou couronne placée dans le partie supérieure de la composition , vient à 1’ appui de 1’ explication proposée ^ .
PLANCHE XXXI. iV.” i.
Le vase de la belle fabrique de Nola représente d’ un côté Bacchus , et de l’ autre un Satyre : le premier est figuré avec une forte barbe, tenant d’une main un tbyrse , et de l’autre un cantliare dont il laisse couler le vin , action , que les artistes anciens ont souvent attribuée 'f à Racclius . L’inscription, qui est auprès de
(i) A/jfTH . V. Suprà pag. 3. not. 5.
(a) Une bandelette servoit dans Y antiquité à un grand nombre d’ usages . Elle rappelle qnelqutibis des cérémonies religieuses ou liinèbres ; mais dans cette peinture elle paroit être une recompense de la victoire .
A’ de nombreux témoiguages , qui viennent à 1’ appui de celle explication on peut ajouter encore celui de Pausamas . liù. iv. cap. i6. lib. vi. cap. 20. lib. ix. cap. 21. V. Peintures Aiit, et ined. de Vases Grecs. page •]2. note 5.
(3) M. Le Chevalier de Rossi , qui a autrelbis possédé ce même vase , interprétant d’ une autre manière le sujet de celte peinture , s’ est exprimé en italien en ces termes , que je donne traduits . 11 nie semble que celte peinture repré.sente Ariadne qui fournit à Thésée le fil, par le moyen duquel U poiirroit sortir du Labyrinthe. La princesse lire d’une de ces cassettes qui étoient chez les ancieu.s destinées à divers u.sages , mais suiTout ù contenir les ajustemens des femmes, un long ruban et V offre à Thésée , en le regardant d’ un air tendre et avec une espèce de sourire . L’ on me dira , sans dpule , que c’est un fil qu’ Ariadne donna à ce jeune prince . Quant à moi , je crois cpie du simple fil II’ auroit pas été propre à lui servir de guide dans cette occasion pareeqn' il auroit liicilenicnl pu se rompre dans les détours si multipliés du Labyriiilbe. C’est pourquoi 1’ on a voulu avec raison , représenter dans cette peinture que la jeune princesse donne à Thésée une quantité de ruban par le moyen duquel il puisse , en revenant sur ses ]>as , trouver l’ issue du I..abyrinthe J et il me semble que c’ est là un trait de cette délicatesse ordinaire aux Grecs que d’ avoir imaginé qu’ Ariadne ait voulu que ce qui servoit à sa propre parure piil au.ssi servir à sauver son amant . Que 1’ ou
ne me dise point que ce riibau , qu’ Ariadne oflre ici à Thésée , est une de ces bandelettes que recevoient ceux qu'on initioit aux myslcrc.s de quelque divinité, car la longueur de ce ruban excède de beaucoup celle d’ une bandelette dans la partie qui sont de la cassette , sans compter puis toute celle qui s’ y trouve encore renfermée .
Je reconnois Thésée dans ce jeune bomnie qui est à la droite d’ Ariadne , et je vois dans V autre 1’ un de ses compagnons . 11 faut oljserver que celui que je crois être ce héros est armé d’ une lance et a les pieds ornés d’ une riche chaussure, l’autre au contraire n’a qu’un simple bâton à la main , et a les pieds toiit-à-fàit nuds , tout annonce eu lui une personne d’ une condition inférieur , d' ailleurs c’ est vers Thésée qu’ Ariadne est tournée, et Thésée la régarde attentivement aiii.si que le ruban qu’ elle lui offre , tandis que 1’ on ne voit dans autre figure que Y expression de la simple curiosité d’ un spectateur .
L’ on trouvera dans peu de peintures de ce genre autant de grâce , d’ élégance , d’ expression , et de noblesse de style que dans celle-ci . Le vase fui trouvé à Nola ; mais il n’ est pourtant pas de la fabrique de cette ville , il paroit plutôt appartenir à la poterie de 13ari ; ce qui est une nouvelle preuve que le commerce de ces vases les rendoît comimins dans différentes villes; et que dans les endroits mêmes où l’on en fabriquoit de plus fins , 1’ on faisoit aussi usage de ceux qui sortoient des fabriques plus ordinaires , dans lesquelles cependant l’on se servoit, pour la peinture de ces vases, d’habiles artistes comme celui dont le jiinceau a tracé les figures qui sont représentées dans 1« nôtre .
(4) Suprà pag. cj.
cette figure a beaucoup souffert , il semble cependant qn’ on peut y lire encore ho hak kaaos le beau ' jeune homme .
PLANCHE XXXI. TV.” a.
Le vase est egalement de la fabrique de Nola . D’ un côté sont deux femmes ; une d’ elles tient une cassette qu’ elle présente à l’ autre , qui semble s’ éloigner et refuser ce qui lui est offert . Un pareil sujet applicable à quelque circonstance ordinaire de la vie civile, n’est guères susceptible d’explication.
Du côté opposé est un épbèbe dans le costume ordinaire .