‹ Peintures antiques inéditesChapitre 2 sur 28 · V DÉDICACE · texte numérisé non relu

V DÉDICACE

un atelier, ne pouvaient me servir que pour y étudier assidûment, dans une reproduction fidèle, les opérations techniques de fart de peindre, ses meubles et ses instruments. Ce fut par le même motif que je fis dessiner et calquer à Pompeï un assez grand nombre de peintures antiques, sans parler d’une Maison entière, celle du Poète Trafique, que je me proposais de publier dans tous ses détails, comme je fai fait , et dans la description de laquelle je m’étais réservé de traiter avec quelque étendue de la Fresque des a nciens . Mes observations se portèrent j usque sur les Peintures des Catacombes de Rome, où je recherchai, avec tout le soin dont j’étais capable, tout ce qui pouvait s’y trouver de rapports, en fait de motifs de composition, de détails de costume et d’éléments de représentation , avec les travaux de l’antiquité profane ; et j’ai composé sur ce sujet un mémoire, lu déjà depuis plusieurs années et destiné au recueil de notre Académie. Je ne parle pas de peintures du moyen âge , telles que celles du portique de Saint-Laurent-horsdes murs, où il s’est conservé, jusque dans le XIIe siècle, beaucoup de réminiscences antiques , et que je fis copier encore à cette intention. J’aurais voulu pouvoir emporter dans mon portefeuille, à défaut des monuments originaux, tout ce que j’avais observé d’éléments de l’art antique et de preuves de son histoire , dans les peintures , même du dernier ordre ou du dernier âge. On voit donc que je m étais préparé d’assez longue main à écrire sur la peinture antique , et qu’il m’avait été permis d’avoir une opinion sur un point important de son histoire, quand je publiai en 1 8 3 3 , dans le Journal des Savants, de courtes observations qui avaient pour objet la Peinture sur mur chez les anciens.

Ces observations, qui n’avaient été développées d’abord que de vive voix, dans une séance de mon cours darchéo-

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logie, précisément à l’occasion des Peintures chrétiennes des Catacombes , ne devaient point sortir de l’enceinte de mon auditoire; et il n’est pas vrai, comme on l’a imprimé dernièrement , qu elles aient été lues à l’Académie des Beaux-Arts. C’est un habile et ingénieux architecte dont elles contrariaient la doctrine, M. Ilittorff, qui me provoqua lui-même à les publier , en prenant vis-à-vis de moi l’engagement d’y répondre; et dès lors, il devenait pour moi un devoir, dans l’intérêt même de la vérité, de rendre publics les motifs de mon opinion, et d’ouvrir sur ce point une controverse qui ne pouvait que profiter à la science. Ce ne fut pourtant pas sans regret que je me décidai à combattre quelques-unes des idées de M. Hittorff. J’avais été l’un des premiers , en France, à applaudir, dans cette même chaire d’archéologie , aux brillants travaux de cet architecte ; j’estimais ses talents ; je partageais à beaucoup d’égards ses vues sur l’architecture polychrome des Grecs ; j’aurais voulu partager de même l’agréable illusion sous le charme de laquelle il était placé, quand il se représentait la Grèce antique peinte sur tous ses murs , comme il avait vu la Pompeï des temps romains, et l’Athènes de Périclès décorée à la manière de la Florence des Médicis ; mais je concevais cette illusion de la paît d’un artiste épris de son art, enthousiaste de l’antiquité ; et j’avoue que, si M Hittorff eût entrepris de soutenir lui-même son travail contre mes observations, j’aurais renoncé à les défendre : tant il m’en eût coûté, malgré ma conviction profonde, d’engager une lutte de cette espèce avec un artiste de ce mérite, et d’avoir pour adversaire un homme en qui je tenais à conserver un ami.

Mais l’auxiliaire qui s’est présenté pour soutenir la doctrine de M. Hittorff ne m’a laissé du moins ni ce remet,

• . . . ^ ni ce scrupule; et je puis dire, avec la même franchise,

que, sans l’avoir cherché ni provoqué en aucune façon, je

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