‹ Peintures antiques inéditesChapitre 22 sur 28 · L’ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

L’ESPÉRANCE

d’après une mosaïque en relief.

Planche XII. (Voyez p.t3g5 , 396.)

J’ai déjà donné sur ce monument, et sur une répétition qui en existe dans notre cabinet des Antiques, à peu près tous les éclaircissements qui étaient en mon pouvoir, sauf quelques nouveaux détails, concernant la mosaïque en relief et le peu de monuments qui nous en restent , que j’avais

It n'est pas inutile de remarquer ici que l’usage de cercueils en bois de cèdre est attesté , pour les siècles héroïques , par beaucoup de témoignages classiques , tels que celui-ci d’Euripide, Alcest. 365, ed. Dindorf. :

Èr T aïs avraîcn yap p ’ êmtriiri'pca KÉAPOIS Soi ToriaSe Q-etvai.

Cf. Kuinoel. ad h. I. Add. Plin. xxiv , 5 ; et d’après l’usage universel qui se faisait , à cette époque , du bois de cèdre , de cyprès , de mélèze, pour l’architecture et la sculpture : témoin encore ce passage si célèbre d’Euripide,

dans le même discours d’Admète, Alcest. 348-ç): Sot^rj Sè ystpl tsh'Iovwv dépôts ro abv EinacrBèv êv "Xénrpoicnv SKtaO^uetai , il est permis de conjecturer qu’en certains cas le cercueil, Q-vny , était placé sous une enveloppe, KoiXvmyjp, du même bois, peint de figures et d'ornements analogues au rang et à la condition du personnage ; ainsi qu’on peut s’en faire une idée d’après les peintures de vases qui nous représentent V édicule héroïque , ripùov, avec une or: plusieurs figures à l’intérieur, et d’autres à l’extérieur, accomplissant des devoirs funèbres.

réservés pour cette partie de mes recherches où devait se placer l’explication de notre figure d 'Espérance1.

Je remarquerai d’abord , comme une chose faite pour exciter quelque surprise, le silence qu’ont gardé, sur cette classe de travaux en mosaïque, exécutés de bas-relief, les antiquaires qui se sont occupés spécialement de la mosaïque. Non-seulement Ciampini, niFurietti, pour ne citer que les antiquaires romains qui ont traité de la mosaïque avec le plus de soin et d’étendue, n’ont fait aucune mention de cette classe de mosaïques ; mais ni M. flirt, qui a écrit une dissertation particulière sur les diverses sortes de mosaïque des Anciens 2, ni même feu M. Gurlitt , qui publia , vers la même époque , un savant mémoire sur le même sujet3, et qui citait les travaux en ce genre de l’Italie moderne, ne semblent avoir eu aucune connaissance des monuments antiques qui appartenaient à cette branche de l’art. M. de Laborde n’en a rien dit non plus dans l’aperçu qu’il a tracé sur l’histoire de la mosaïque et sur ses diverses sortes, à l’occasion de la mosaïque d’Italica, dont on lui doit la publication4; il n’est question nulle part de la mosaïque en relief dans le savant Manuel d’ Archéologie de M. K. Ott. Millier5; et M. Artaud lui-même , qui vient de nous donner le recueil complet des mosaïques de Lyon et du midi de la France, qu’il a fait précéder d’une Histoire abrégée de la Peinture en Mosaïque 6, a commis une omission semblable. Cependant Caylus avait été frappé , dès le milieu du dernier siècle , de quelques beaux fragments antiques de mosaïque en relief qu’il avait observés dans son voyage d’Italie ; et il en avait publié deux7, l’un et l’autre conservés dans notre cabinet des Antiques. Winckelmann réparait, dans la Préface ajoutée aux notes de son Histoire de l’Art, et datée de Rome, ier septembre 1766, l’oubli qu’il se reprochait à cet égard, en citant une figure d 'Hercule assis près de l’arbre des Hespérides , emportée en Angleterre ; seul morceau de ce genre qu’il connût encore8 : c’est le fragment dont il a été parlé plus

1 Voyez plus haut , p. 3 9 5 , 4).

2 Hirt’s Vorlesuivj über die verschiedenen Arten von Mosaih bei den Alten, 1801.

3 Uebcr die Mosaïk, publié à Magdebourg, en 1798, et reproduit dans les Archaologische Schriften du même auteur, avec des notes de Corn. Müller, Altona , i83i , p. 157-186.

4 Mosaïque d'italica, p. 78, suiv., folio, 1802.

5 Handbuch der Archâol.S i63, 6; S 190, 4 ; §212,4;§262, 2 ; S 263, l; § 32 2, 1-5.

6 Histoire abrégée de la Peinture en Mosaïque , p. 1 - 1 3 2 , 4°. Lyon, i835.

7 Recueil III, pl. lix , 2, et Recueil VI,

pl.LXXXVI, 1.

8 Winckelmann’ s Vorrede zu den Anmerkmcj. über die Gesch. der K unst , IVerke , III, xxxm.

haut1, et qui doit se trouver dans la collection de Wilton-House, où il est grave 2, et l’idée qu’en donne cette gravure porte à croire que ce morceau a pu être exécuté d’après le même original qu’un beau bas-relief Albani ; publié par Zoëga3 4. Enfin, M. d’Agincourt signalait, plus récemment encore, à l’attention des antiquaires l’un des fragments publiés par Caylus, qu’il reproduisait, à sa manière, comme un exemple, unique à ses yeux, des travaux antiques de mosaïque en relief11, en y joignant la notion curieuse qu’il empruntait à l’historien Procope, d’une figure de Théodoric, exécutée, suivant lui, de haut relief , par le procédé en question5; mais sans qu’il résulte effectivement du témoignage de l’écrivain grec que cette mosaïque différât de celles qui s’exécutaient habituellement, c’est-à-dire en guise de peinture, et qui servaient de revêtement aux murailles.

La plupart des faits qui viennent d’être rapportés avaient déjà fixé l’attention d’un savant antiquaire , M. YVeleker, qui avait eu occasion d’admirer comme moi les deux mosaïques en relief de l’archevêque de Tarente 6, et qui , aux monuments de ce genre qu’il connaissait en si petit nombre encore, ajoutait un fragment représentant les Trois Heures, d’assez grande dimension, emporté par l’empereur Joseph II de Pompeï à Vienne où il se trouve actuellement dans le cabinet des Antiques. C’est d’ailleurs au même procédé de mosaïque en relief que le célèbre antiquaire de Bonn l’apportait certains travaux de l’art antique, indiqués par les auteurs, tels qu’une statuette de Marcellus, composée de pierres précieuses : Sigillum Marceüi ex pretiosis lap illis , et placée par Auguste dans son Laraire; tels encore que ce portrait de Pompée, cité par Pline7, comme formé tout entier de perles : Imago Cn. Pompeiiè margaritis. M. Welcker aurait pu ajoutera ces exemples celui qui est cité dans cette même phrase de Pline, d’un Muséum 8 construit en perles : muséum ex margaritis; exemple qui nous fait connaître une des plus

1 Voy. p. 395.

2 Antiquit. of Wilton-House, pl. VU, /i°, 1769.

5 Bassiril. t. II , tav. lxiv.

4 Storia dell’ Àrte dirnostrata coi Monumenti, Pitture , Descrizione delle Tavote, t. VI, p. Aoki , tav. xiii , n. 28, ed. Prat.

5 Procop. Bell. Goth. 1, 2 A, t. II, p. 116- 117, ed. Bonn.

6 Voyez dans le Zeitschrift J’ür Geschichte und

Ausleyuncj der Allen Kunst , l’article intitulé :

Erhobene Mosaikarbeit , p. 290-29/1. Le savant auteur s’est seulement trompé dans la dimension de près de deux pieds qu’il attribue à nos deux mosaïcpies , mais, à la vérité, en les citant de mémoire : So viel ich mich erinnere.

7 Plin. xxxvii, 2 , 6.

8 II s’agit sans doute ici d’un de ces petits édicules nommés Musea, dont Pline parle ailleurs , xxxvi, 21, 42 : In œdifieiis quæ musea vocant ; voy. Gurlitt, über die Mosaik, p. i63.

curieuses applications de l’art d’incrustation en pierres fines, qui se liait à la mosaïque, et qui en avait reçu le nom. De plus longs détails à ce sujet seraient déplacés en cet endroit, aussi bien que les explications auxquelles pourrait donner lieu notre figure d 'Espérance , envisagée sous le rapport du sujet quelle représente, et qui laisse encore plus d’un doute à éclaircir et d’un monument à comparer, même après les savantes recherches de M. Ed. Gerhard, sur toute cette classe de figures mythologiques h C’est un travail dont je me suis occupé, mais qui trouvera dans une publication prochaine une place plus convenable pour les développements qu’il comporte.

CONCERT DE FEMMES GRECQUES, d’après un vase peint de centorbi.

Planche XIII (Voyez p. 284.)

Ce vase, qui nous eût offert un monument unique de la peinture des Grecs à la cire, sur une base d’argile, s’il se fût conservé dans l’état où il fut trouvé dans un tombeau de Centorbi, en i83o, a malheureusement beaucoup souffert de l’accident qu’il éprouva dans son transport de cette ville à Palerme. La voiture où il était versa en route ; il fut brisé en plusieurs morceaux; et le baron Pisani, qu’un heureux bazard conduisit sur les lieux, acheta ces morceaux et les réunit h grand’ peine, de manière à rétablir la forme entière du vase; mais non pas la peinture même, qui était enlevée ou endommagée en beaucoup d’endroits. Je dois ces détails, aussi bien que le dessin même que je publie, au baron Pisani1 2, mon digne et excellent ami ; et j’ai cru devoir les consigner ici avec l’expression de ma reconnaissance.

Ce vase , si précieux, même dans l’état d’imperfection où il se trouve,

1 f encre Proserpina , illustrata da Od. Gerhard, Poligr. Fiesol. 1826.

- Voici les expressions mêmes d’une lettre de cet antiquaire, qui concerne la découverte du vase en question , et l’acquisition qu’il en lit : «Questo vaso fu ritrovato intero e ben conservato in un sepolcro vicino Centorbi, nell’ anno i83o. Quegli elle l’avea ritrovato lo portava in Palermo per venderlo ; ma sventura-

tamente , cadde per strada la vettura ed il vaso fu fatto in pezzi. Vidi io per caso tali rottami, li comprai , e feci opéra grandissima per riunirli ; ma la pittura ad encausto resté in diverse parti danneggiata. » Les mêmes détails sont donnés par un habile antiquaire sicilien , D. Niccolé Maggiore, dans une intéressante Notice sur ce vase , insérée au Bullet. dell’ Instit. archeol. 1 833 , Gennaro, p. 5-8.

n’est cependant pas Tunique monument qui nous soit resté de la classe de vases peints à laquelle il appartenait. On sait- qu’il existe dans le musée du prince de Biscari , à Catane , deux fragments du même genre , c’est à savoir , une tête semblable à celle de la femme du milieu sur notre vase de Centorbi , et un autre fragment provenant d’un rebord de vase avec des ornements et des figures peints ou dorés sur fond rose. A ces deux fragments déjà signalés parun docte antiquaire sicilien, D. Niccolô Maggiore \ et que j’ai pu observer par mes propres yeux, je dois joindre l’indication d’un vase trouvé en 1 8 3 Zi , dans un tombeau voisin deKertch, lequel vase est orné, d’un côté , d’un groupe des trois Parques dessiné sur fond rose , avec des traces de dorure et de peintures à la cire dans les vêtements des figures1 2. Ges exemples, récemment offerts à l’intérêt des antiquaires, ont fixé de nouveau mon attention sur un vase qui se trouve déjà depuis plusieurs années dans le cabinet de feu M. Durand. Ce vase, d’une dimension considérable, d’une forme ri clie et compliquée, qui dut provenir de la Grande-Grèce ou de la Sicile, avait été peint, sur une couche de blanc, qui recouvrait l’argile, de

figures, au nombre de quatre, debout et vêtues; et Ton ne peut douter, d’après les nombreuses traces de couleurs qui existent encore sur le fond rose du vase, que la peinture des ligures n’ait été exécutée à plusieurs couleurs mélangées à la cire et posées avec le pinceau, dans le goût de celle qui nous est indiquée par Athénée : na üwWwç. Mais cette peinture a tellement souffert par l’effet de la vétusté, que les figures n’apparaissent plus que comme des ombres ; en sorte que Ton ne saurait se faire une idée juste du genre de travail qui avait produit ce monument curieux de la Céramographie grecque. Le sujet même de la composition est difficile à déterminer, sauf en un point, c’est à savoir que cette composition était d’une nature funéraire ; ce qui résulte de la présence de deux stèles co-

1 Voyez la Notice citée à la note précédente, p. 7-8, où l’auteur nous promet une publication prochaine de ces deux superbes fragments qui doit avoir lieu dans un recueil de M. Zalin. M. Ed. Gerhard a fait aussi mention du premier de ces deux morceaux dans sa Lettcra al D. du Serradijalco , intorno i monumenti jigulini délia Sicilia ; voyez les Annal. dclV Instit. archeol. t. Vit, p. 36. Je ne cite la terre cuite , coloriée et

dorée , du Musée Blacas, pl. ni, p. i3 , qu’afin de

ne rien omettre de ce qui a quelque rapport avec le genre de monuments qui nous occupe.

2 C’est dans un journal français, le National, du 10 mars i834 , que se trouve , avec d’autres détails que j’ai supprimés , la nouvelle de cette découverte ; il en est fait aussi mention dans une note du Ballet, dcll' Instit. archeol. i834, n. XII 6, p. 234 , en ces termes : « Una magnifica urna di slile etrusco e di grande dimensione, con orli e modanature in rilievo, e dorata in alcuna parte. »

niques, peintes en rose, entre lesquelles sont placées les figures ; car ce cône est un symbole essentiellement funéraire1. J’ajoute que le pied du vase est décoré de palmettes de feuilles d’acanthe en relief et dorées : ce qui lui donne un nouveau trait de ressemblance avec notre vase de Centorbi.

Quant à ce qui concerne l’exécution de la peinture, sur ce dernier vase, on sent que n’ayant pas eu le monument sous les yeux, je n’aurais rien à ajouter aux renseignements déjà publiés par D. Niccolo Maggiore, qui écrivait en présence du vase même, et qui pouvait y reconnaître des détails d’exécution et des particularités de couleurs et de costume qui se dérobaient à mon examen dans un dessin , tel que celui que j’ai eu à ma disposition. Encore moins pourrait- on juger, d’après ce dessin, ou même d’après le monument original, du style de l’art auquel il appartient, et de l’époque qui l’avait produit. Tout ce que l’on peut admettre, c’est que les vases du genre de celui-ci ne commencèrent à être exécutés que dans le siècle des successeurs d’Alexandre , puisque la première mention qui s’en rencontre dans l’histoire de l’art se rapporte à la célèbre Pompe de Ptolémée Philadelphe ; et que cette circonstance coïncide avec les progrès du luxe qui s’introduisit à cette époque dans toutes les branches de l’art. Mais l’opinion d’un illustre antiquaire , qui semblerait disposé à rejeter plus bas, vers l’époque romaine, les vases peints de Centorbi, en général, et celui-ci en particulier, et qui se fonderait à cet égard sur l’âge récent de la civilisation hellénique de Centorbi2, cette opinion, dis-je, ne repose que sur une base erronée. La plupart des monuments grecs de Centorbi, y compris les figurines de terre cuite que j’ai vues à Païenne, dans le cabinet du baron Pisani, et dont je possède quelques-unes5, qui sont un don précieux de son amitié, appartiennent certainement par leur style au beau siècle des arts de la Sicile, au siècle des Hiéroclides; et qui sait, d’après les rap-

1 Aux preuves que j’en ai données en plusieurs endroits de mes Monuments inédits, notamment , Achilléide , p. 97 - 102 , j’ajouterai ici l’exemple que nous fournit un de nos vases de Bernay, où le monument funèbre est indiqué par une lyre appuyée contre un cône ; vase précieux par le travail et par le sujet , comme par la matière , et dont je me propose de faire l’objet d’une publication particulière.

2 K. Ott. Müller, Uebersicht cler Griechisch.

Kunstgeschiclite von 1829-1835, dans YAllyemeine Literatur-Z eitung , Junius i835 , n. io5 ,

3 Je publierai ces figurines dans un Mémoire depuis longtemps rédigé, qui comprend l'inventaire de tous les objets déposés dans les tombeaux antiques, envisagés principalement sous le rapport des intentions réelles ou symboliques qui s’attachaient à la présence de ces objets.

ports intimes qui existaient entre Hiéron II et les souverains de l’Égypte, entre Syracuses et Alexandrie, si notre vase de Gentorbi n’est pas un de ceux qui avaient figuré dans la Pompe de Ptolémée ?

Je n’aurais pareillement que peu de chose à dire au sujet de la représentation de ce vase. La tête, peinte de trois quarts sur le couvercle, avec un charme infini de style et d’expression, et avec un ton de carnation qui, à en croire le baron Pisani , sans doute un peu enthousiaste comme tous les antiquaires de son pays, serait digne du pinceau cl’un Titien, cette tête, dis-je , a dû être un portrait de femme; et c’est de la même manière que je me rends compte de ces têtes , de face ou de trois quarts, si communes sur les vases de Pouille et de Basilicate, où elles sont généralement peintes en hlanc , avec les cheveux de couleur jaune ou dorée, parmi des ornements en arabesques1. Quant au sujet peint sur le corps du vase, j’y vois une Femme assise, le visage tourné de face, entre deux autres Femmes debout à ses côtés. Cette première femme , autant qu’on en peut juger d’après la position de ses bras, et d'après l’indication d’un instrument quelle soutenait, devait jouer de la lyre; tandis que la femme, debout à sa droite , jouait de la double Jlûte ; et l’une et l’autre accompagnaient le chant de la troisième femme , dont l’attitude et la face dirigée vers le spectateur semblent annoncer l’inspiration. C’est donc un Concert de musique entre trois femmes siciliennes, conçu

1 A cette occasion , je citerai un vase du cabinet de M. Durand , qui me paraît curieux par sa représentation , bien que la fabrique en soit des plus grossières, et l’exécution des plus communes. C’est une de ces grandes phialæ qui ressemblaient tout à fait à un bouclier, et qui en avaient presque la dimension. Dans l’intérieur, est peinte une tête de femme, de face, évidemment avec l’intention d’y produire un portrait ; au-dessus de cette tête , volent deux Génies femelles, nus et ailés , tenant un vase à parfums et une aiguille à cheveux ; et du côté opposé , sont deux autres Génies, tenant, l’un, un miroir, l’autre, une bandelette déployée. Entre autres exemples de ces têtes de face, portraits, qu’offrent les vases peints de la fabrique en question, je citerai encore ceux qui se trouvent réunis sur une planche du recueil de M. Maisonneuve, pl. L. Un vase du musée du Louvre, publié

dans le même recueil , pl. lxxiv, mérite aussi d’être signalé à l’attention de mes lecteurs; On y voit une tête de profil , exécutée dans toutes les conditions du portrait. Cette tête est voilée d’un long péplus , dont la bordure, \syvw rôv , est formée de flots , xvpa-ra, et l’étoffe , semée de paillettes, xéyypot : c’est bien là un portrait de Femme, en costume funèbre , tel qu’il convenait de le produire sur un vase destiné à être placé dans la tombe. Il y aurait, d’ailleurs, beaucoup d’observations à faire sur cette classe de monuments , envisagée sous le rapport des têtes de face ou de. profil, sortes d'effigies idéales, qui en forment le principal ornement ; et c’est un point cl’antiquité sur lequel on consultera avec fruit, dans le Musée Blacas , p. 76, les monuments cités par le savant interprète à l’appui de ce .x qu’il publie lui-même, pl. ix , et pl. xxvi, A, et les réilexions dont il les accompagne.

à peu près comme un des plus jolis tableaux d’Herculanum 1 ; c’est précisément l'accord de la double Jlâte et de la lyre, ce que l’on nommait proprement, chez les Grecs, irvvctv^lct2 * *, et dont nous possédions déjà plus d’une représentation, conforme à celle-là, sur les vases peints5; et cette image d’un concert, exécutée sans doute pour orner la toilette de quelque belle Syracusaine du temps de Théocrite , n’était pas déplacée dans un tombeau , où nous savons, par tant d’exemples pareils , que la civilisation grecque se plaisait à réunir une foule d’objets destinés à servir pour les morts, comme de moyens de consolation, d’illusion ou d’espérance, après avoir été à l’usage des vivants.

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