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alors nous présente des laques de quarante-cinquième ordre, nous croyant assez jeunes n pour les acheter. Mais nous de causer, de lui faire des cigarettes, de dire que nous sommes Français, de rire, de débiter des compliments à la dame de céans, tt Ah ! TOUS Franzé ! nous disent-ils dans leur langue , TOUS aimez à rire comme nous ; tous êtes allés faire la guerre en Corée ; tous avez une belle frégate U la Guerrière » et des officiers en bel uniforme qui nous apprennent à nous battre n
Que d’heures entières nous avons ainsi passées avec ces aimables causeurs! Puis, tout eu n’ayant l’air de rien, on fouille dans les étagères, on y découvre on joli cabinet de laque, ulkoùrà?» (Combien?) Aussitôt le bonhomme prend un air profond, se frotte les cuisses , hésite , fronce le sourcil , et après une mimique anxieuse vous jette du fond de la poitrine et comme avec douleur: u Ftàz-yàck-ichi-bou ! n (Deux cents bous, c’est-à-dire trois cent vingt francs.) — Remarquez bien que cela en vaut quarante. Alors ou se rassoit, on bavarde, on lui dit : »Ala gigoto! n ce qui signifie a Montre-moi des choses pareilles -n : il étale alors des centaines de choses ravissantes, riant, riant toujours, et il faut voir toutes les drôleries qu’il raconte ! Sur ce, les naïfs cèdent, offrent la moitié du prix, et sont encore volés de cent francs. I..es malins reviennent un autre jour, entortillent le marchand en le tentant par un achat en gros,
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PÉKIN. YEDDO. SAN FRANCISCO, puis n'ont plus l'air d’y tenir du tout : notre homme soupire alors et, d’une voix indescriptible, vous crie sur le seuil de sa porte que vous quittez : a Magotto ! magotto ! magotto ! Xi jiou bou ! » (Au plus bas prix, vingt bous.) On rentra on recause, on refume et on reboit du thé ! On tire douze bous de sa poche, on les met dans la main du marchand, qui refuse, se prosterne, range sa boutique ; mais enfin , au bout de deux heures, au moment où l'on s’en va pour tout de bon , il vous appelle et vous jette avec désespoir pour douze bous les objets dont il vous avait demandé deux cents ; vous tapez trois fois dans vos mains, il s’écrie ulronchi !» et le marché est conclu ! .Alors, il semble que tout le nuage des anxiétés du dernier moment s’est dissipé : le rieur est votre meilleur ami, il vous fait rentrer chez lui, emballe l’achat dans de ravissantes petites boites avec un soin minutieux , vous donne des gâteaux , essaye de vous tenter encore , et chacun demeure enchanté de son marché. Quant aux Anglais , jamais ils n’agissent ainsi : aussi je les ai vus payer certains objets sept et huit fois plus cher que nous : ils arrivent roides comme des piques, dans leurs faux -cols, s’arrêtent fièrement sur le seuil de la boutique, et trouvant trop au-dessous de leur dignité de marchander, ils payent grassement, regardant d’un air de mépris le Japonais, avec lequel ils ne s’abaisseraient jamais à causer familièrement.
TOKOSKA.
Certes, c’est, autant qu’yne politique franche, la familiarité de notre nation, l'abandon, l’amour de la plaisanterie, le côté badin et vifde notre caractère, qui nous ont conquis toute la sympathie de ce peuple de grands enfants.
MIONOSKA.
Excursion à cheval. — Les lis sur les toits des chaumières. — Compassion des voyageurs pour les mendiants. — Un bain chaud à Oudawara. — Administration d’un fief de daïmio. — Sentiers abrupts sur le Anne d’un volcan. — Le Baden-Baden de l’aristocratie japonaise. — Une seène de l’âge d'or. — Le chiri-fouri, danse nationale. — Jolie tcha-jia d’Atta. — Une pèche aux flambeaux. — La cuisine japonaise.
15 mai 1867.
Nouveau départ : nous devons pénétrer dans l’intérieur jusqu’au pied de la montagne sacrée de Fuzzi-Yama, à la ville sainte deHakoni : cette course a été faite, nous dit-on, pour la première fois l’année dernière par des Européens, entourés d’escortes et précédés des lettres du Taïkoun. Nous serons accompagnés de deux guides connaissant tous deux à fond la langue et les mœurs du Japon, et nous devons partir ce matin; mais le conseil des ministres de Yeddo n’a pas encore envoyé nos passeports ni désigné notre escorte : nous avons attendu toute la journée , les chevaux sellés à la porte. L’arrivée prochaine du Colorado noxus fait regretter ce retard.
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MIONOSKA.
16 mai.
Le gouverneur de Yokohama a reçu hier soir nos passe-ports : à cinq heures du matin, en selle! et de l’entrain. Nos hettos partent comme des dards en avant ; notre escorte de yakonines s’avance , et son chef, vieux noble à la figure martiale, armé de trois sabres, et portant une coiffure que je ne lui envie pas, nous salue profondément. La première partie de la route était animée d’un aspect de fête : tous les postes militaires de la ville et des faubourgs , défendus par de gros canons et hérissés de piques, de lances, de hallebardes et d’arquebuses, étaient décorés avec apparat ! Les rues étaient balayées , on voyait les femmes en toilette écarlate, les officiers allant, venant, sur des chevaux noirs caparaçonnés d’argent, et faisant briller leurs plus beaux sabres : ce devait être un grand jour pour la population japonaise ! Voici en effet le successeur désigné du Taïkoun , suivi d’un cortège de plus de trois cents chevaliers, qui vient visiter Yokohama.
Pour nous, nous continuons notre route vers l’ouest, suivant ce magnifique Tokâïdo qui devient peu à peu fort sauvage. Aux rues prolongées des villages , bordées des élégantes tcha-jias et djorojias où nous appellent tout le long de la route des U obéïhô ’î et des sourires, succédèrent des points de
vue superbes ; nous suivions , presque sous un berceau de cèdres séculaires, une suite de collines qui devinrent bientôt des montagnes ; et un horizon de verdure se déroulait devant nous, avec des précipices et des cascades , des forêts vierges et des rizières, des temples antiques en silhouette, de grandes roches rougeâtres couronnées de verdure , et la ligne lointaine d’une mer azurée.
Peu à peu , nous avancions dans une campagne de plus en plus féerique : nous retrouvions cet accueil amical et aimable qui réjouit toujours le cœur, et des lointaines rizières ou des sentiers perdus on accourait pour nous fêter; de l’eau pour rafraîchir nos chevaux ; pour nous du thé, des gâteaux et des sourires, voilà ce que, sous un soleil ardent, nous trouvions dans chaque coquette cabane. Toutes ces maisons, disséminées au milieu de bosquets d’azaléas, decamélias, avaient la partie supérieure de leur toiture de chaume recouverte d’une légère couche de terre d’où s’élevait comme une épaisse couronne de lis bleus en pleine floraison. C’était un charmant coup d’œil! Mais j’ai été bien surpris en apprenant l’histoire de ces jardins suspendus comme une auréole d’azur sur de si légers kiosques. Il parait que c’est de ces lis que les Japonais extraient l’huile rosée dont les femmes parfument leurs longs cheveux noirs comme l’ébène. Il existe à ce sujet un ancien édit religieux du Mikado dont l’originalité m’a bien