‹ PékingChapitre 11 sur 224 · YU · texte numérisé non relu

YU

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On rencontre cependant dans les ouvrages des anciens auteurs chinois, certains textes relatifs à la création du monde et de l'homme, au paradis terrestre, à la chute d'Adam, au déluge et aux autres événements des âges primordiaux. En voici quelques exemples :

Création bu monde : « Celui qui est « lui-même son principe et sa fin a créé « le Ciel et la Terre. » ( Tchouang-tse. ) « Il y a une vie qui n'a pas reçu la vie. » ( Lié- (se . )

Création de l'homme : « Quand le ciel s et la terre furent créés, il n'y avait ni « homme ni femme ; Nn-koa pétrit de « l'argile pour en faire un homme : c'est la « vraie origine du genre humain. » ( Toungfou-t'oung.) — ■ « Il n'y avait d'abord que le « ciel et la terre ; enfin un homme et une « femme. » (Confucius. )

Paradis terrestre : « Au sommet de la « montagne K'oun-loun est un jardin, où «un doux zéphir souffle sans cesse. Ce « jardin est placé près de la porte fermée « du ciel. » ( Hoè-nan-tse. ) — « L'homme « habitait alors au milieu des bêtes ; « l'univers n'était qu'une famille ; on culti- « vait la vertu ; rien ne pouvait donner la « mort. » ( Tchouang-tse. )

Chute d'Adam : « Le désir im- '« modéré de la science a perdu le «genre humain. »( Hoè-nan-tse. ) — « La gourmandise a perdu le mon- « de ; il ne faut pas écouter les « paroles de la femme. » (Lo-pi. )

Déluge: « Les eaux immenses se sont répandues et ont submergé toutes choses. » (Confucius.)— « Sous Icao, l'empire n'était pas formé ; les eaux stagnantes couvraient « de tous côtés la campagne. » {Moung-tse. )

Ces passages se rapprochent d'une façon très remarquable du texte mosaïque;

L'empereur Yao

I Ti-kien-t'ozt-chouo. )

leurs auteurs, qui vivaient 5oo ans avant notre ère, avaient eu sans doute quelques relations avec le peuple Juif, comme nous le verrons plus loin.

L'empereur Yao est mieux connu que ses prédécesseurs. On peut dire que les temps historiques commencent à partir de son règne ; les livres sacrés des Chinois le nomment dès la première page. Il arriva jusque dans la province du Pé-tche-ly, et vint habiter T'ang-sîen, près de Pao-ting-fou. Yao associa à l'empire son gendre Choun, et celui-ci, après être monté sur le trône, s'adjoignit Yu, appelé par tous les auteurs « le Grand Yu ». C'est à ce dernier que revient la gloire d'avoir fait écouler les eaux et desséché les vallées, au moins dans le nord de la Chine. Yu n'était encore que le ministre de Choun quand il commença ses travaux d'assèchement. Il paraît probable que la plaine du Yen-king, où l'on entre par Tch'a-tao au nord-ouest de Péking après avoir passé la première chaîne de montagnes, était sous l'eau ; ce pays en effet forme cuvette, et c'était là que venaient se déverser, sans aucune issue, les eaux du fleuve Houn-ho et de ses affluents. D'après la tradition, Yu fit percer la montagne qui se trouve au nord-ouest de Hoè-laè-sien, et ouvrit ainsi un passage aux eaux. Ce lieu est fort intéressant, on le nomme Tchoukoung-ho ; tout y accuse un travail de main d'homme. La rivière se précipite, en mugissant, au travers des montagnes par des trouées sauvages; elle redescend jusqu'au superbe pont de Lou-keou-k'iao, pour aller se jeter dans le Pé-ho, puis se perdre définitivement dans le golfe du Pé-tche-ly.

Le P. K'o, dans sa liste des dynasties, omet les deux premières, en disant que « la durée et le nombre des empereurs de ces dynasties n'ont rien de clair, ni de certain». Passons donc de suite à celle des Tcheou, qui compte trente-cinq empereurs.

DYNASTIE DES TCHEOU. OUEN-OUANG. OU-OUANG. (i I22AV. J.-C.) I }

LE dernier empereur de la dynastie précédente se nommait Tcheou-sin ; c'était un tyran détesté des princes feudataires et du peuple.

En ce temps-là vivait un homme remarquable appelé Ouen-ouang, souverain du petit royaume de Si-pé ; son père Ki-li et sa mère T'aè-jen l'avaient élevé dans la vertu. Il gouvernait son royaume avec la plus grande sagesse, et les sujets de Tcheou-sin eurent recours à lui pour se délivrer du tyran. Plus de quarante princes le supplièrent d'accepter le trône. Accusé auprès de l'empereur, il fut mis en prison, et c'est pendant sa détention qu'il écrivit sur les Pa-koua ses « Commentaires»

qui ont été conservés jusqu'à -Ç nos jours. Mis en liberté, il se *. a retira dans son petit royaume, ^ et après un règne de cinquante

ans, il mourut dans la 97e année de son âge. C'est le père du fameux Ou-ouang, fondateur de la dynastie des Tcheou. L'histoire dit qu'il eut une très nombreuse postérité et jusqu'à cent fils ; on le représente habituellement entouré de petits enfants jouant avec lui.

PKKING.

Ou-ouang, second fils de Ouen-oiiang, succéda à son père et fut pendant treize ans simple prince de Si-pé. Se rendant à la prière des Grands de l'empire, il prit les armes

avec plus de huit cents petits princes, pour détrôner Tcheoitsin qui malgré sa nombreuse armée fut complètement défait.

Ou-ouang fut proclamé empereur, et tous les princes le reconnurent pour leur légitime souverain ; vou'ant conserver leur amitié, il donna à chacun d'eux un fief important. C'est alors que les seigneurs de la famille Yao reçurent en apanage la ville de Ki, comme nous l'avons dit dans l'Introduction ; ses frères qui l'avaient aidé, reçurent également des principautés particulières, et aucun de ceux qui avaient travaillé à son élévation ne fut oublié. Il rétablit les cérémonies anciennes, composa une

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f?9Ë]F=! nouvelle musique, remit en orjl/fl2^ d'"e 'e calendrier et fit les plus ^QifL^S-S sages règlements pour la prospérité de l'empire. Sous son règne qui dura sept ans, on commerça à exploiter des mines de cuivre, à frapper monnaie et à faire des vases de bronze et d'autre | métal. Ou-ouang mourut à

Portrait de l'empereur Ou-ouang. (Ôuan-siao-fan.) ^ la 92e année de SOn âge,

vers l'an i i 16 avant Jésus-Christ. Sa mort fut un sujet de deuil pour tout l'empire; on honora sa mémoire en lui élevant un superbe tombeau.

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