‹ PékingChapitre 117 sur 224 · TRANSFERT DU PÉ-T ANC · texte numérisé non relu

TRANSFERT DU PÉ-T ANC

impérial, et cependant ce décret était absolument nécessaire ; s'il n'avait pas paru dans la Gazette officielle, les provinces n'auraient pas manqué de dire que les missionnaires étaient chassés, le Pé-t'ang confisqué, et les conséquences d'une telle rumeur eussent été désastreuses. Il faut reconnaître que le 7e prince père de l'empereur, ainsi que le viceroi, ont été sincères en cette circonstance, l'intérêt de l'Etat leur en faisant du reste un devoir ; le projet de convention une fois rédigé, ils le firent approuver par l'empereur Kouang-su.

Le souverain-pontife Léon XIII trouva le projet acceptable et donna son assentiment, puis il députa le même missionnaire qui le lui avait apporté pour le présenter aux deux autres parties intéressées : le supérieur général des Lazaristes, auquel le Pé-t'ang avait été légalement remis depuis plus de 100 ans,

et le gouvernement Léon XIII ( dessiné par un chinois).

français dont le droit de protectorat sur les établissements religieux était incontestable et incontesté.

Le supérieur général des Lazaristes acquiesça sans difficulté, et le gouvernement français laissa à M. Constans, ambassadeur à Péking, le soin de terminer l'affaire. A son retour, le missionnaire avertit Li-houng-tchang du succès de sa mission ; en lui remettant l'acceptation du pape et du supérieur général, il déclara formellement que

PKKING.

rien ne serait conclu sans l'assentiment du ministre de France, et qu'il eut à s'entendre avec lui. Avec une habileté consommée, M.Constans obtint du vice-roi de sérieux avantages et rendit à la mission des services signalés. Par son énergie et la connaissance des Chinois qu'il avait compris en quelques mois, il veilla à ce que tous les articles du projet fussent ponctuellement exécutés ; ce projet accepté par les parties intéressées devint alors seulement acte officiel.

Bien plus, le ministre de France obtint du Tsoung-liyamen plusieurs autres concessions importantes en faveur de la mission française ; le délai de deux ans pour la rétrocession du Pé-t'ang fut abrégé, mais, ce que les missionnaires n'auraient jamais cru possible, les Chinois enlevèrent une grande pagode qui eut masqué la nouvelle cathédrale. Grâce à la bonne entente des autorités, à la bonne volonté de tous, à la bonne foi tout exceptionnelle des Chinois spécialement du vice-roi, à l'action intelligente de l'ambassadeur, cette grande question fut terminée à la gloire de la France, comme de la religion et au grand contentement de l'empereur.

Voici le texte de la Convention et du Décret impérial :

Art.' I. — A partir du Ier de la ic lune de la i3e année de l'empereur Kouangsn, commence le délai de deux ans accordé aux missionnaires pour évacuer le Pé-t'ang et le Jen-tse-t'ang qu'ils devront livrer en entier, maisons, arbres, etc., sans en rien enlever, excepté le mobilier.

Art. II. — Le Ier de la nc lune de la présente année, après avoir mesuré les quatre côtés du Si-che-k'ou, on livrera à l'évèque du Pé-t'ang les deux tiers du sud de ce terrain avec les arbres et tout ce qui s'y trouve, sans rien enlever, déraciner ou démolir.

Art. III. — Le Pé-t'ang a été donné par l'empereur K'ang-si aux missionnaires pour y demeurer ; il a envoyé des officiers du palais pour veiller à la construction de

Le 7' prince (Tsi-yè).—( 1SS8 )

DYN. DES TSING

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