LEGENDE
i J. F. Gt.rbillos, jésuite français. 1707.
2 Joachim Bouvet, jésuite fr. 1730.
3 J.-B. Régis, jésuite fr. 1738.
4 Dominique VAKZtitii-n, jésuite fr. 1741.
5 Fr.-X. d'Entrecolles, jésuite fr. 1741.
6 Mathieu Lovo, jésuite chinois. 1746.
7 Valentin Charlier, jésuite fr. 1747.
S Thomas Ya.ng, jésuite chinois. 17.S1.
9 Pierre d'Incarville, jésuite fr. ijS?.
10 F. Et. Rousset, ( fr.-coadj. ) jésuite fr. 1758.
11 L. Debrossard, ( fr.-coadj. ) jésuite fr. 1758.
12 Joseph de Mailla, jésuite fr. 17.S8. i3 Antoine Gaubil, jésuite fr. 1759.
14 Louis Desrobert, jésuite fr. 1760.
i5 Joseph Tchoou, jésuite chinois. 1762.
16 E. Thébault, (fr.-coadj. ) jésuite fr. 1766.
i7Jean-Ét. Kao, jésuite chinois. 1766.
18 Alex. Delacharme, /esm'te /r. 1767.
19 J. D'« Attiret (fr.-coadj. ) jés. fr. 1708.
20 Pierre de Labaume, jésuite fr. 1770. 2i Michel Benoit, jésuite fr. 1774.
22 Hubert de Méricourt, jésuite fr. 1774.
23 Louis Basin, ( fr.-coadj. ) jésuite fr. 1774.
24 Jacq.-Fr. Dollière, jésuite fr. 1780. 23 P. Martial Cibot, jésuite fr. 1780.
26 Jean Collas, jésuite fr. 1781.
27 J.-D. DAMASCÈNE, évêque, aug. ital. 1781.
28 Melchior Liou, miss, chinois. 1781.
29 E. Devaut, J. Delpont, miss.-Étr. fr. 1785.
30 Mathieu de Vkmtavon, jésuite fr. 1787.
3i Fr. Bourgeois, jésuite fr. 1792.
32 Jos. M. Amyot, jésuite fr. ijq.3.
33 Paul Liou, jésuite chinois. 1794.
34 Fr.-X. L au, jésuite chinois. 1796.
35 Thomas Liou, jésuite chinois. 1796.
36 Robert Hanna, lazariste. 1797.
37 Joseph Rauï, lazariste fr. 1801.
38 Charles Paris, ( fr. coadj. ) la^ar. fr. 1804.
39 J. Joseph Ghislain, lazariste fr. 1S12.
40 Albéric M. de Damas, officier fr. 1860.
41 Monument des officiers et soldats. 1860.
42 J. Léon Talmier, lazariste fr. 1862.
43 Jean Tchen, lazariste chinois. 1866.
44 J. Martial MOULY, évêque, lazariste fr. 180?.
45 Antoine Yang, lazariste chinois. 1809.
46 André Jandard, lazariste fr. 1869.
47 J.-B. Kin, lazariste chinois. 1869.
48 Flavien Gambart, lazariste fr. 1869.
49 Mathieu Tchao, lazariste chinois. 1809.
50 Félix Saupurein, lazariste fr. 1874.
5i J.-B. Thierry, lazariste fr. 1880.
52 L. G. DELAPLACE, évêque, lazariste fr. 1884.
53 Justin Dumonteil, ( fr. coadj.) lazariste fr. iSS3.
54 F. A. TAGLIABUE, évêque, lazariste fr. 1890.
55 Cosme Ma, lazariste chinois. 1890.
56 Joseph Salette, lazariste fr. 1891.
57 Jean Chr. K'o, lazariste chinois. 1891.
58 Pierre Tch'en, lazariste chinois. 1891. 5g J. L. Chevrier, lazariste fr. 1893.
60 J.-B. Delemasure, lazariste fr. 1893. -V. B. Les tombes sans chiffre n'ont pas d'épitaphe.
Drapeau des Tsaè-li-ti.
français ; ils voulurent donner à ces deux établissements une extension plus considérable et appelèrent, pour les diriger, les Frères Maristes de Saint-Genis- Laval près Lyon. En 1891, ceux-ci arrivèrent en nombre et bientôt les deux
collèges prospérèrent. Les enfants des Européens à Tien-tsin apprennent, sous la direction des Frères, le français, l'anglais, l'allemand et les différentes sciences. A Péking, plus de cent élèves, tous chinois, étudient le français ; un bon tiers le parle déjà couramment.
Le nouveau vicaire apostolique fut enfin nommé après huit mois d'attente ; le choix tomba sur Mgr J.-B. Sarthou qui fut transféré du vicariat de Tcheng-ting-fou ( Tche-ly sudouest) à celui de Péking ( Tche-ly nord). Mgr Sarthou avait passé presque toute sa vie de missionnaire dans la capitale ; il était en dernier lieu curé de l'ancienne cathédrale lorsqu'on vint l'y chercher pour l'élever à l'épiscopat.
N lisant l'histoire de la Chine, on est frappé de l'antagonisme qui a existé de tout temps entre ce grand empire et celui du Japon. Malgré son immense population, la Chine a presque toujours été battue ; le peuple chinois, en effet, est plutôt lettré que militaire, et sait mieux manier le pinceau que l'épée. De plus, avec la dynastie étrangère qui règne en Chine, le patriotisme a disparu ; tandis qu'au Japon il s'est conservé et augmenté par la gloire des armes. La Chine ne demande que la paisible possession de ses provinces ; le petit peuple belliqueux qui l'avoisine ne rêve que gloire et conquêtes. Lorsque les raisons manquent, un prétexte suffit, et dans la guerre que nous allons brièvement raconter, c'est la Corée qui, placée comme une pomme de discorde entre les deux pays, a été le motif invoqué.
En 1894, le peuple coréen, opprimé plus que de coutume par les nobles et par les mandarins, sortit de son apathie, et des révoltes éclatèrent dans diverses provinces. La
DYN. DES TS'lNG. GUERRE SINO-JAPONAISE ( 1 894-9 5 ).
Chine voulut aller défendre le roi de Corée son protégé ; mais avant même qu'elle eût commencé l'envoi des troupes nécessaires, une brigade de l'armée japonaise, sous le spécieux prétexte de protéger ses nationaux, avait débarqué en Corée au mois d'août 1894. L'orgueil chinois en fut blessé et les troupes impériales partirent, soit en suivant la route de terre, soit embarquées sur des transports. Les premiers coups de canon furent tirés par le Japon qui coula le Kao-cheng, bateau anglais affrété par les Chinois; c'était la guerre. Les Chinois s'y préparèrent avec activité, mais les Japonais étaient prêts depuis longtemps, et à la suite de plusieurs combats heureux, la Corée presque tout entière fut envahie par leurs armées. Les troupes ' Port- Arthur (ville). -- 1 Port de l'est. - 3 Port
de l'ouest. — 4 Passe. — 5 Pointe du Tigre, forts. —
chinoises avançant par la Mantchourie 6 Golfe du Pé-tche-ly. - F Forts. - R Route des s'étaient retranchées près de la ville de JaPonais- — Y Yamen du gouverneur. Ping-yang; après avoir résisté quelque temps, elles furent obligées d'abandonner
leurs lignes et de se retirer de l'autre côté du fleuve Ya-lou qui sépare la Corée de la Mantchourie. Les Japonais, campés sur l'autre rive, voulurent forcer le passage et envahir le territoire chinois; un moment d'arrêt eut lieu, et pendant quelques semaines chacun se prépara à l'attaque comme à la défense. C'est alors que la Chine envoya des renforts considérables, embarqués sur six grands transports escortés par toute sa flotte, à l'embouchure du fleuve Ya-lou.
Cette flotte n'était point à dédaigner; elle se composait du Ting-yuen et du Tchen-yuen, grands navires cuirassés de 7.335 tonnes; du Léi-yuen et du King-yuen de 2.900 tonnes, soutenus par le Ts'ingyuen et le Tche-yuen de 2.3oo tonnes, filant 18 nœuds; enfin de cinq autres navires
L'amiral Ito, d'après un dessin chinois.
PKKING.
i Port-Arthur. — • Ta-lien-ouan. — 3 Kin-tcheou. — 4 Fou-tcheou. — 5 Pi-tse-ouo. — 6 Baie de la Société. — 7 Golfe du Pé-tche-ly. — 8 Ile de Haè-yang. — y Entrée du fleuve Ya-lou. — 10 Mantchourie. — 1 1 Corée. — C. Flotte chinoise. — J. Flotte japonaise.
plus faibles et moins bien armés ; l'amiral Ting aidé par quelques officiers européens, en avait le commandement. Si cette flotte avait été mieux commandée et suffisamment approvisionnée, les Japonais n'en auraient point eu facilement raison ; mais l'incurie et le gaspillage lavaient mise dans un état d'infériorité notoire, et les principales pièces n'avaient que quatorze coups à tirer. La flotte japonaise qui cherchait à se mesurer avec elle, était autrement commandée et outillée ; elle se composait également de 12 navires: le Matsouchima, le Ytsoukouchima, X Hachidatc, tous trois de 4.278 tonnes, armés des plus puissantes pièces Canet qui aient jamais été fabriquées. De plus, VYochi- 110 presque aussi fort que les précédents et filant 22 nœuds et demi, le Takachio, le Naniva, YHakitesouchima, le Fouso, tous quatre dépassant 3. 000 tonnes ; enfin quatre autres navires de moindre importance. Elle avait à sa tête le vice-amiral Ito, et pour chef d'état-major le vice-amiral Kabayama. Chaque navire était commandé par des officiers de mérite, ayant fait leurs études en Europe et sachant se servir des engins perfectionnés qu'ds avaient entre les mains. Le 10 septembre, la flotte japonaise quitte sa base d'opérations, et le 16 pousse une reconnaissance vers l'île de Haè-yang et l'embouchure
Le vice-amiral Kabayama ; d'après un dessin chinois.
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DYN. DES Ts'lNG. GUERRE SINO-JAPONAISE (1894-9$).
L'amiral Ting ; d'après une photographie japonaise.
du fleuve Yalou. Le 17 au matin, deux jours après la bataille de Ping-yang, on signale la flotte chinoise dont les deux grands cuirassés formaient le centre, il était
onze heures et demie ; la flotte japonaise reçoit de l'amiral l'ordre d'attaquer, et à midi et demi un croiseur chinois prend feu et coule, traversé de la poupe à la proue par un obus Canet. Plusieurs navires japonais s'enflamment et souffrent beaucoup, mais l'amiral les délivre et vers trois heures l'action était engagée sur toute la ligne. Le Tche-yuen coule à fond, d'autres navires chinois flambent, l'un d'eux va s'échouer et est incendié, les deux grands cuirassés en feu continuent le combat, mais privés de munitions ils allaient peut-être se rendre, lorsque les Japonais, à court également après ce combat de cinq heures, s'éloignent, remettant au lendemain l'achèvement de leur victoire. Pendant la nuit, ce qui restait de la flotte chinoise, six navires sur douze, parvint à se retirer à Port-Arthur. Quoique gravement endommagée, la flotte japonaise ne perdit aucun navire, mais les tués ou blessés furent nombreux. Les Chinois eurent non seulement à déplorer la perte de leurs marins, mais encore celle de leurs navires et celle de leurs espérances. L'enthousiasme fut grand au Japon, l'empereur envoya ses félicitations à l'amiral Ito, qui les avait bien méritées par les prudentes manœuvres que la rapidité de ses navires lui avait permis d'exécuter autour de la flotte chinoise. La tristesse et le découragement furent grands à Péking où, selon la déplorable coutume, on dégrada de braves officiers qui en somme s'étaient bien battus ; le vice-roi Li-houng-tchang luimême, dont on avait méprisé les sages avis, ne fut pas épargné.
Environ un mois après, la flotte chinoise en partie réparée et bien fournie de munitions, alla s'enfermer dans le port de Ouèehaè-onèe, sur la côte du Chan-toung ; c'est là que toutes les forces japonaises l'atta-
L'amiral Koui, chef d'état-major ; d'après une photographie japonaise.
no
i Port-Arthur. — 2 Kin-tcheou. — 3, 4, 5 Villages. — R Route de Mantchourie et de Corée. — B Baie de la Société. C Baie du Pigeon. — D Baie des Jonques. — E Kerr bay.
quèrent ; après un combat qui dura plusieurs jours, ils en achevèrent la destruction. Des deux grands cuirassés, l'un fut coulé par une torpille, l'autre dut amener son pavillon. Sur douze torpilleurs chinois, dix furent pris et les deux autres coulés. Les croiseurs subirent le sort des cuirassés ou se firent sauter; bref, il ne resta pas même aux chinois un bateau pour porter la nouvelle du désastre. L'amiral Ting et plusieurs de ses officiers se donnèrent la mort.
Les Japonais triomphants, quoique bien éprouvés eux-mêmes, ramenèrent leurs prises dans les ports du Japon, et, à partir de ce moment, ils restèrent maîtres incontestés de la mer.
Pendant ce temps, l'armée de terre forte de plusieurs divisions, n'était pas demeurée inactive. Poussant sa marche en avant, elle refoulait devant elle les troupes chinoises que l'infériorité de l'armement, le manque de cadres et l'ignorance de leurs chefs rendaient peu redoutables aux Japonais munis d'armes perfectionnées et bien commandés par le maréchal Oyama, le général Yamasi, le major Sainto et nombre d'officiers instruits. La ville de Kin-tcheou tomba facilement en leur pouvoir, et sa garnison s'enfuit à Port-Arthur, poursuivie par les soldats du mikado. Ce fait d'armes avait lieu le 6 novembre, et dès le 7 les magnifiques forts de Ta-lien-ouan étaient occupés sans résistance. Les Japonais y recueillaient d'immenses approvisionnements, des armes, des munitions et de nombreux canons Krupp encore tout chargés ; les Chinois n'avaient pas tiré un seul coup. La baie de Ta-lien-ouan fut occupée sans difficulté le 9 par dix-sept navires de guerre japonais, qui n'eurent que la peine d'y entrer. Dans tous ces combats, pas un seul japonais n'avait été tué ; 621 fusils à répétition, 12g canons, 33.coo.ooo de cartouches, 2.000.000 de charges d'artillerie, tombèrent entre les mains des Japonais, sans compter le trésor de guerre et les approvisionnements de bouche.
Le 16 novembre, l'armée japonaise divisée en trois colonnes marche sur Port- Arthur. L'attaque générale a lieu le lendemain ; dès huit heures du matin, les plus importantes défenses du front de terre sont enlevées et avant le coucher du soleil, on voyait flotter le drapeau japonais sur cette redoutable forteresse qui passait pour
DYN. DESTs'lNG. TA-LIEN-OUAN. — SIMONOSAKI. — TRAITÉ DE PAIX (1895). 3 } I
imprenable. Les Japonais perdirent 6 capitaines, 1 lieutenant et 270 hommes. Malgré l'infériorité notoire des Chinois en fait de tactique militaire, la prise de Ta-lien-ouan et surtout celle de Port-Arthur a été si facile et a coûté si peu, qu'on est en droit de supposer que les Japonais, connaissant la vénalité des habitants du Céleste empire, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, n'ont pas négligé ce moyen d'épargner le sang de leurs soldats, bien certains que les avances faites seraient largement compensées. Quoi qu'il en soit, personne ne peut mettre en doute et la science des officiers japonais, et la vaillance de leurs troupes.
Le Ier décembre, après avoir laissé une forte garnison pour garder leur conquête, les généraux ramenèrent l'armée japonaise à Kin-tcheou, qui devint le centre de leurs opérations dans le nord ; Ta-lien-ouan resta leur base d'opérations pour la flotte et les transports. Les succès de l'armée de terre furent, ce semble, moins éclatants que ceux de la marine.
Les Japonais eurent l'intention de marcher contre Moakden, berceau de la dynastie, mais ne le firent pas ; Chan-haè-kouan, l'entrée de la Chine
Droorement dite n'é- Le vice-roi Li-houng-tchang, d'après une photographie chinoise.
tait pas éloigné, ils ne se risquèrent pas à l'attaquer. Leurs troupes commençaient à souffrir cruellement du froid, et leurs mouvements furent ralentis par les difficultés de la circulation, de sorte que presque tout l'hiver s'écoula sans attaque sérieuse de part et d'autre. Cependant, si en décembre l'armée japonaise se fut acheminée vers Péking, il est bien probable qu'elle y serait entrée sans combat. La seule place défendue était Chan-haè-kouan, qui n'eût pas arrêté six heures les vainqueurs de Port-Arthur. On s'attendait si bien à l'arrivée de l'ennemi, que la cour de Péking garda, pendant plus de deux mois, cinq cents voitures attelées pour prendre la fuite vers Si-ngan-fou. Sauf les forts de Ta-kou, loin d'être imprenables,
et les vingt ou trente mille hommes de troupes passables que conservait le vice-roi Li-houng-tchang comme suprême ressource, il n'y avait plus rien. Des masses de pauvres gens n'ayant de soldat que le nom, armés de lances, de fusils à mèche, d'espingoles et souvent d'un simple bâton ferré, arrivaient bien de toutes les provinces, mais ne faisaient qu'augmenter la misère devenue horrible par la pénurie des grains qui ne pouvaient plus arriver d'aucun côté.
Ce rude hiver de 1894-95 arrêta les vainqueurs et donna le temps à la diplomatie de considérer le péril qu'il y aurait pour l'Europe à voir la Chine presque disparaître et le Japon grandir trop vite. Bien conseillés, les Chinois se résolurent enfin à demander la paix.
Après avoir refusé les premiers négociateurs, comme trop petits pour lui, le Japon accepta enfin l'illustre Li-houng-tchang qui, bien à contre-cœur, mais voulant se dévouer encore une fois pour son pays, partit, malgré son grand âge, pour Simonosaki. Il avait vu l'empereur, il avait vu surtout et écouté de sages conseillers occupant les plus hauts rangs parmi les diplomates européens ; de plus, il avait encore toute sa sagacité et la profonde habileté que personne n'a jamais songé à lui contester. Aussi les Japonais, si heureux les armes à la main, le furent peut-être moins lorsqu'on prit le pinceau ; enfin, un événement imprévu vint faciliter illfnÊfî ^a t^c^ie ^u vice-roi. Un fanatique tira à bout portant sur Li-houngtchang un coup de revolver, dont la balle pénétra sous l'œil gauche du haut fonctionnaire chinois. Pour accorder un armistice, les Japonais demandaient qu'on leur livrât Chan-haè-kouan et Ta-kou ; les Chinois allaient céder, mais ce petit morceau de plomb, si peu honorable
•Sm
Pavillons japonais et chinois.
DYN. DES Ts'lNG. TRAITÉ DE PAIX. LA PRESQU ILE DU LÉAO-TOUNG. J ) 3
Décoration donnée
pour la nation victorieuse, obligea le mikado à une réparation ; il accorda l'armistice sans condition.
Restait la paix à faire, le Japon enorgueilli par ses succès était exigeant, mais la Chine, aux abois, dut accepter les dures conditions du vainqueur. Le Japon demandait Formose, la presqu'île du Léao-toung et une indemnité de 1 milliard 200 millions de francs. Ces conditions draconiennes firent réfléchir l'Europe dont les intérêts étaient en jeu ; la France et la Russie, aidées bientôt par l'Allemagne, prêtèrent leur appui au gouvernement chinois. L'indemnité fut réduite à 800 millions, et la presqu'île avec Port-Arthur fut restituée contre une nouvelle indemnité de 120 millions de francs. Le Japon du reste n'avait pas à se plaindre, il touchait 920 millions
et ajoutait à la couronne impériale la perle de l'Extrême- Orient, l'admirable et fertile Formose.
La Chine enfin eut le bonheur de faire des emprunts plus avantageux encore qu'avant la guerre, assurés sur le revenu de ses douanes, en vue de se libérer vis-à-vis du Japon.
Le sol des dix-huit provinces n'a pas été foulé par l'ennemi, Péking n'a pas vu le drapeau japonais, la cour et la ville ont repris leur apathique tranquillité ; on commence déjà à oublier !
Jusqu'à un certain point reconnaissante aux nations européennes qui l'avaient sauvée, la Chine leur fit quelques avantages. Grâce à l'habileté consommée du ministre de France, Monsieur A. Gérard, la frontière du Mékong fut définitivement concédée ; on donna même au ministre de France et au ministre de Russie, la plus haute décoration que l'empereur de la Chine ait jamais accordée, la plaque d'or carrée à double dragon, avec perle rose du premier rang.
A cette occasion, la France et la Russie obtinrent enfin l'ouverture du palais impérial, et dans une audience solennelle, dont profitèrent les autres ambassadeurs, ils saluèrent le Fils du Ciel chez lui et non dans des pavillons plus ou moins destinés à recevoir des tributaires. Pour apprécier la haute portée de ce succès, il faut se souvenir que même après la guerre de 1860, il n'avait pas été obtenu et qu'on travaillait vainement depuis 1874 a être reçu au palais. Dévoué corps et âme à son pays, le ministre de France termina de plus toutes les
Première réception du corps diplomatique dans le palais impérial (14janvitr 1895).
affaires pendantes concernant le protectorat religieux, revisa les règlements défectueux, assura l'avenir des missions, et, par un travail opiniâtre, une activité ne connaissant pas le repos, remit au premier rang l'influence française dans l'Extrême- Orient. Non seulement il mérita et obtint les éloges et les remerciements de tous les évèques de Chine, mais encore l'appui, l'approbation et les louanges de son gouvernement, qui sut apprécier les qualités hors ligne de son représentant en Chine.
Ruines des établissements catholiques de Tch'eng-tou.
NE des affaires les plus sérieuses que M. Gérard eut à traiter, fut sans contredit celle du Sse-îch'otian. Cette grande province comprenant plusieurs vicariats et près de 100.000 chrétiens, toujours fort agitée et turbulente, vit