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DYN. DES TSING. MONUMENT DU PÉ-TANG

en i8g5 des bandes de fanatiques ravager ses chrétientés, piller ses résidences, brûler ses églises ; ce fut un désastre complet. Grâce à la fermeté du ministre de France, à la sagesse de Mgr Dunand, vicaire apostolique de Tch'eng-tou, qui avait reçu de lui, sous la forme d'un titre chinois, une autorité ex- ^fe ceptionnelle, tout fut réglé en quelques mois. Aujourd'hui, les indemnités justement exigées se paient, et les églises sont en construction. Par une faveur toute spéciale, pour assurer l'avenir, les fameux caractères impériaux Tche-kieti T'ien-tchou-t'ang (bâti par ordre impérial) seront placés sur le fronton de la nouvelle cathédrale. On a vu une fois de plus par ce fait la nécessité du protectorat de la France sur les missions catholiques, protectorat qu'elle n'a jamais abandonné et que l'Eglise n'a jamais songé à lui enlever. On verra toujours un consulat à côté d'une église, et le pavillon aux trois couleurs abriter la croix catholique !

Pour assurer la sécurité des établissements religieux et soutenir ce protectorat qui donne à la France un relief et une prépondérance incontestables, elle entretient dans l'Extrême- Orient une puissante escadre, qui vient apporter à la diplomatie un secours souvent nécessaire. Les amiraux et les officiers rivalisent entre eux de dévouement pour la gloire de la reli- Monument du Pé-fang (1896).

gion et de la patrie. Pendant l'hiver de 1894-95, chacun a pu voir le ministre de France à Péking partager entre la légation de France et la mission, un corps respectable de

marins commandés par deux intelligents officiers, qui venaient protéger la croix et le pavillon français. En souvenir de cette triste année, la mission française a élevé dans le parc du Pé-t'ang, un monument commémoratif en l'honneur de la Vierge protectrice, monument sur lequel on peut lire en chinois cette inscription : « Une guerre terrible étant venue mettre en péril l'empire, la dynastie et la religion, on a élevé ce monument votif à la Vierge qui les a protégés contre tout danger. » Enfin l'empereur vient d'envoyer pour le réprésenter au couronnement du Czar et de là en France, avec une mission spéciale, le célèbre Li-houng-tchang dont le nom est si connu dans toute l'Europe.

En parcourant cette partie historique consacrée à la ville de Péking, on sera frappé de la vitalité de ce peuple chinois qui a traversé tant de siècles en conservant ses coutumes, ses usages, ses lois, son gouvernement. L'horreur du changement, le respect du passé, la soumission à l'autorité, est ce qui caractérise la Chine, mais aussi ce qui l'immobilise. Quel est l'avenir que la Providence lui réserve ? personne ne saurait même le conjecturer; cependant si elle entre résolument dans la voie du progrès, si ses yeux s'ouvrent aux vérités religieuses qui seules peuvent la moraliser, cette grande nation peut encore retrouver sa gloire, la cour son éclat, la ville son ancienne splendeur.

Pl. xi

MONSIELR K'J I p. 3a5).

monseignelr sartiiol n>. 3261.

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