‹ PékingChapitre 13 sur 224 · DES TCHEOU. BOUDDHA. SI-OUANG-MOU. ( IOO$ AV. J.-C · texte numérisé non relu

DES TCHEOU. BOUDDHA. SI-OUANG-MOU. ( IOO$ AV. J.-C

d'avoir régné pendant près de huit siècles. Il était versé dans les sciences et même dans l'astronomie ; disgracié plusieurs fois, par suite des intrigues de ses ennemis, il demeura fidèle jusqu'à sa mort, reprenant sans amertume le pouvoir dès qu'il était rappelé à la cour. Il mourut plein de gloire, et l'empereur lui fit construire un tombeau magnifique près de celui de Ou-oaang.

Manifestation de Bouddha, (Livre bouddhiste: Fo-hing. )

Cha-kia-moii-ni ou Bouddha, naquit dans le royaume de Mogada en Behar, sur les bords du Gange, de l'illustre famille des Cha-kia. L'histoire officielle, appelée T'oungkien ou Kang-kien, place la naissance de Bouddha à l'an io3i, mais les annales des Ouée (386-556) la fixent clairement à l'année 687. Cette date est regardée comme très probable par les derniers critiques. Bouddha vécut 79 ans, et sa mort a dû arriver vers l'année 644 avant Jésus-Christ.

D'après les livres de ses sectateurs, « Bouddha avait un teint d'or, un corps sans « tache comme la pierre de jade ; ses cheveux étaient de la couleur du « lapis lazuli » « et retombaient en boucles arrondies, n'étant ni mêlés ni crépus ; il possédait ainsi « toutes les beautés. »

La religion de Bouddha ou de Fo, se répandit d'abord dans l'Inde ; mais elle ne fut officiellement acceptée en Chine que la 67e année de l'ère chrétienne. On lit, en effet, dans l'histoire chinoise : « Sous le règne de Ming-ti, quinzième empereur de la

«dynastie des Han (65 ans après J.-C), le souverain, inspiré par un songe, envoya « en Occident les deux mandarins Tsaè-tsing et Tsin-king, avec ordre de ne point rêve- « nir avant d'avoir trouvé le Saint que le Ciel lui avait fait connaître. C'était à peu

« près le temps où saint

« Thomas prêchait dans « l'Inde la foi chrétienne, « et, si ces mandarins eus- « sent suivi leurs ordres, « peut-être que la Chine eût « profité de la prédication « de cet Apôtre ; mais les « dangers de mer qu'ils « craignaient, les obligea « de s'arrêter à la première « Isle, où ils trouvèrent l'i- « dole de Fo ou Foé, qui « avait déjà corrompu les « Indes, plusieurs siècles « auparavant, de son exé- « crable doctrine.» (p. lecomte, p. 417.) Deux ans après, ces émissaires revinrent à Lo-yang, ville située près de Kaè-foung-

Portra.it de Éouddha.. ( Sien-fo-tsi-tsoung. ) foll dans le Ho-1ian, OÙ Se

trouvait la cour. Ils rapportaient la statue de Bouddha ou Fo, et c'est ainsi que le Bouddhisme fut introduit dans l'empire.

On rencontre fréquemment dans les livres chinois le mot Saint appliqué à Soui-jen, à Fou-si, à Confucius, quelquefois à Bouddha, souvent aux empereurs. Cette qualification se donne à tous les grands personnages qui se sont illustrés à un titre quelconque ; l'empereur K'ang-si, de la dynastie régnante, en a été honoré.

On voit par là, qu'il ne faut point confondre ce mot Saint, indiquant une distinction donnée à des hommes éminents, avec l'idée du Saint par excellence, du Saint par essence, conservée par la tradition chez tous les peuples de l'univers qui l'attendaient, selon ces paroles du prophète : « Et erit expectatio gentium ». Cette croyance primordiale commune à toutes les nations, avait été entretenue et ravivée chez les chinois

DYN. DES TCHEOU. BOUDDHA. SI-OUANG-MOU. (lOO$ AV. J.-C.) 2 1

par leurs rapports constants avec l'Occident : Mou-ouang, mille ans avant le Christ, était allé jusqu'à Babylone, et jusqu'en Palestine ; Lao-tse avait été dans l'ouest jusqu'aux environs du Pamir, et peut-être plus loin ; les Juifs, persécutés, s'étaient de

leur côté répandus dans toute l'Asie, cinq ou six siècles avant notre ère ; aussi les disciples de Confucius l'interrogeant un jour sur le Saint, lui demandèrent : « Un tel est-il le Saint ? — «Non, répondit-il. Tel autre « est-il le Saint? — Non. Vous- « mêmes ètes-vous le Saint ? — « Non. Où se trouve donc le « Saint ? » Alors le maître prononça solennellement ces mots : « Si-fang-tche-jen, ion- « cheng-tche-ien ! Les hommes « de l'Occident ont le Saint ! »

Dans la suite, les Bouddhistes voulurent appliquer ces paroles mémorables à Bouddha, mais ils furent victorieusement réfutés par tous les interprètes chinois du texte de Confucius.

Le livre Sien-fo-tsi-tsoang nous apprend que Mou-ouang alla, vers l'an ioo5 avant rlQ^" Jésus-Christ, rendre visite à '\~^^F(^~£)j) une princesse fameuse de l'Occident. Elle se nommait Sisi-ouang-mou. ( sien-fo-tsi-tsoung. ) ouatig-tiiou (mère du roi de

l'ouest). Elle régnait à K'oun-loun, habitait un palais remarquable par ses jardins appelés Lang-foung, ses édifices de marbre et de jaspe, sa tour de neuf étages et ses eaux limpides. Mou-ouang offrit à Si-ouang-mou des présents magnifiques, puis revint en Chine. K'oun-loun était, ce semble, Babylone, où Sémiramis avait régné longtemps. Pour les Chinois, Si-ouang-mou ne fut jamais qu'un personnage mystérieux

dont le royaume, d'après l'historien Sse-ma-ts'ien, était situé du côté de la Perse. L'histoire nous dit encore que sous le règne de Tch'eng-ouang, des hommes du JSi-li vinrent à la cour. Ce royaume était peut-être l'Egypte, et ces voyageurs, des juifs ; car nous savons qu'ils vinrent en Chine sous la dynastie des Tcheou, probablement lors de leur captivité à Ninive, au temps de Nabuchodonosor.

OUS la dynastie des Tcheou naquirent les grands philosophes. Lao-tse fut le premier, et vint au monde dans la province du Hou-kouang ( aujourd'hui le Hou-pé), l'an 604 avant Jésus- Christ. Il précédait Confucius de 52 ans. A la même époque, Nabuchodonosor montait sur le trône de Babylone. On raconte qu'il naquit à l'âge de 8 1 ans, avec des cheveux blancs ; de là son nom Lao-tse ( vieillard enfant ).

Si Ton compare Confucius à Socrate, on pourrait dire que Laotse ressemble à Diogène. Il est représenté monté sur un bœuf, avec un air insouciant qui fait penser à la lanterne et au tonneau du philosophe de Laërte. Il voyagea en Occident, probablement en Perse, soit par l'Himalaya, soit par Samarkande, et put avoir des rapports avec les sectateurs de Bouddha, peut-être même avec les Juifs. On sait peu de chose de positif sur ce philosophe, sinon qu'il eut une entrevue avec Confucius, dans laquelle il lui reprocha son faste et sa vanité: « Le sage, lui dit-il, « aime l'obscurité et fuit les emplois ; celui qui est vraiment vertueux ne fait pas étalage « de sa vertu, et ne l'annonce pas à tout le monde. » Confucius fut peu flatté ; aussi dans ses conférences avec ses disciples parle-t-il bien rarement de Lao-tse. — Voyant l'empire en décadence, ce philosophe se retira au Hou-kouang, et y composa, dit-on,

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