LES JARDINS IMPÉRIAUX. MÉE-CHAN
percés de neuf portes, dont voici les noms : Au sud, Tcheng-yang-men ou Ts'ien-men faisant face au palais, Tch'oung-ouen-men ou Ha-ta-men, Saen-ou-men ou Choun-tchemen; au nord, Ngan-ting-men et Teu-cheng-men ; à l'est, Tch'ao-yang-men ou Ts'ihoa-men et Tonng-tche-men ; à l'ouest, Fou-tch'eng-men ou P'ing-tse-men et Si-tchemen. Chaque porte est flanquée d'une demi-lune, comprenant une grande avant-porte en maçonnerie percée de meurtrières pour les canons, et de deux petites portes de côté ; celles-ci en cas de guerre sont fermées par une énorme grille en fer cachée dans la construction qui les surmonte et qu'on laisse tomber en guillotine. Les avant-portes se nomment T'ieti-leoti, la demi-lune Yuè-tcheng, les portes l 3
de côté Yuè-tcheng-men ; il est évident que ^^^^^^^^^^^^^^^^^g du temps où elles ont été construites, ces for- 5r§Sg||l
tifications étaient très respectables, aujourd'hui " ~~ ~^Jle de reneeinU d» p*Uis ( xuo-leou. > elles n'arrêteraient pas l'ennemi, quelques obus feraient tout sauter !
4° NA\-TCH'EN'G — . Cette ville a été construite et entourée de murs bien après la ville tartare, la 23e année de l'empereur Kia-king des Ming. Ses murailles ont 28 li de tour, soit 15.900 mètres ; elles sont percées de sept portes: au sud, Young-tingineti centrale ; Tsouo-ngan-men ou Kiang-tsa-men à gauche ; Yo-ngan-men ou Nansi-men à droite ; à l'est, Kouang-kiu-men ou Cha-ouo-men et Toimg-pien-men ; à l'ouest, Kouang-ning-men ou Tchang-i-men et Si-pien-men . Ses murs ont 20 pieds d'épaisseur à la base et 14 au sommet, sur 25 pieds de haut. Comme dans la ville tartare, les quatre angles portent de grands pavillons en briques, nommés Kiao-leou ; enfin la ville chinoise a aussi ses avant-portes et sa demi-lune mais sans porte de côté.
D'après la croyance chinoise, les bons esprits traversant l'espace à 100 pieds de haut, aucun monument ne doit atteindre cette hauteur, pour ne pas les gêner, aussi les édifices les plus élevés, comme les pavillons surmontant les portes, ont tous 99 pieds, soit environ 33 mètres. De chaque côté des portes sont dressés cinq mâts pour suspendre les étendards. De l'intérieur on peut facilement monter sur les murailles par des chemins en pente douce, en donnant une légère gratification aux gardiens. De là. on domine toute la ville, et la promenade de la porte Ha-ta-men à la porte Chountche-men, sur les remparts, n'est pas sans intérêt : au nord on voit la ville tartare qui ressemble à une vaste forêt, car les arbres y sont à profusion ; au sud on a sous les yeux la ville chinoise, et, si l'on s'arrête à la porte Ts'ien-men, le palais s'aperçoit en entier à quelques centaines de mètres.
LES jardins de plaisance de l'empereur et des impératrices sont situés au nord e à l'ouest du palais impérial.
1° MÉE-CHAN. — En sortant du palais par la porte du nord Chen-ou-men, on a devant soi une charmante montagne réservée à l'empereur ; elle se nomme King-chan ou Ouan-soui-chan , plus connue sous le nom de Mée-chan (montagne de charbon). On dit en effet qu'un amas de charbon y est préparé pour les cas de siège. Cette montagne artificielle a 210 pieds de haut en suivant la pente et deux // de tour, soit 1 i5o mètres. Au bas se trouve un palais appelé Tsi-ouang-leou, puis un chemin pour monter aux cinq kiosques qui la dominent. Elle date des Yuen, mais c'est l'empereur Kiaking des Ming qui a fait construire les pavillons. Celui du milieu, le plus élevé, est carré et couvert de tuiles jaunes vernissées, les deux suivants de droite et de gauche sont hexagones, couverts de tuiles jaunes et vertes mélangées ; les deux derniers, près des précédents, sont ronds et couverts de tuiles d'un vert bleuâtre à couleur irisée fort
Vue du Mée-chan.
agréable. Chacun de ces pavillons est placé sur un tertre, de telle sorte que la montagne forme cinq élévations couvertes d'arbres. Derrière la montagne, au nord,
Pl. xx.
TRAPPE N.-D. DE LA CONSOLATION ( p. 3o4 ).
PAVILLON DE L'HORLOGE l nouveau pé-t'ang, P. 3 I 5 I.
PAVILLON IMPERIAL (nouveau pé-t'ang. p. 3i5).
PAGODE DE KOUANG-MING-TIEN i p. 3Co