TEMPLE DES LAMAS
du ministère des Finances est à sa droite avec le fouet ; à sa gauche se tient le premier mandarin de la province avec la semence qu'un troisième sème derrière le souverain ; les trois princes tracent chacun dix sillons et les neuf dignitaires chacun 18, ils sont accompagnés de mandarins selon leur grade ; enfin, des vieillards choisis parmi les plus anciens laboureurs du peuple, achèvent le travail. Les grains récoltés à l'automne et conservés dans les magasins (Cheng-ts'ang), ne doivent servir qu'aux offrandes.
40 TCHAN-T'AN-SSE, temple des lamas. — Ce temple se trouve dans la ville impériale, au nord des établissements catholiques du Si-che-k'ou. Anciennement, sous les Ming qui l'ont bâti, il se nommait Tsing-fou-tien, mais K'ang-si le reconstruisit la 5e année de son règne et l'appela Houng-jen-sse ; il est plus connu sous le nom de Tchan-t'an-sse. Plusieurs centaines de lamas, payés par l'empereur, desservent cette pagode qui est richement dotée ; les cours sont pavées de marbre ; on y rencontre trois magnifiques monuments: le premier se nomme T'ien-ouang-tien ; le second, Tse-jen-pao-tien ; le troisième Ta-pao-tien ; c'est dans ce dernier que se voit la fameuse statue de Fo, dite miraculeuse. D'après la tradition, cette statue qui mesure un peu plus de cinq pieds, est venue seule de l'ouest, dès l'apparition de Fo. Elle est en bois de Tchan-t'an, et a été fabriquée par le roi You-tien-ouang , la 12e année du règne de Mou-ouang de la dynastie des Tcheou. On en avait fait 3-2, mais Fo lui-même a révélé que celle-ci était la seule ressemblante. Le roi de Po-sse ( la Perse) en commanda une copie et l'appela Jou-laè-siang , c'est-à-dire qui vit et marche de soi-même ; elle était jadis revêtue d'une
espèce de vernis noirâtre et changeait de couleur ùitMe de Tcha„t-an sse.
selon la température et selon l'heure ; mais l'impératrice-mère, sous l'empereur Ouan-li des Ming, la fit complètement dorer. Depuis sa fabrication jusqu'à la 60e année de
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Masques des diables (cérémonie du Êouddha-vivant ).
K'ang-si (c'est K'ang-si lui-même qui raconte tous ces fabuleux détails), il s'est écoulé 2710 années. Après être restée dans l'ouest 1280 ans, elle partit d'elle-même pour le Koui-tse-kouo et y demeura 68 ans, puis au Kan-sou 14 ans, à Si-ngan-fou 17 ans, au Kiang-nan 173 ans, au Ngan-hoiri 367 ans, et plus ou moins longtemps en d'autres lieux ; enfin, elle arriva à Péking dans la pagode Cheng-ngan-sse et au palais impérial où elle resta 54 ans ; le palais ayant été brûlé, elle retourna à la pagode pour 5o, ans ; tout ceci se passait avant et pendant la dynastie des liuen. Sous les Ming, elle arriva au Kioa-foang-sse et y demeura 128 ans; bref, après plusieurs autres pérégrinations, elle se rendit définitivement à la pagode Houng-jen-sse, la 4e année de K'ang-si ; on peut l'y visiter. Une de ses mains est élevée vers le ciel, l'autre retombe vers la terre. Cette statue est très vénérée et l'empereur lui-même va l'adorer.
On trouve encore dans le temple un nombre infini d'autres idoles ; il y en a même une qui porte le nom de Lon-ki-fo-eul, traduction exacte de Lucifer, en langue chinoise ! Le Bouddha ou Fo vivant célèbre dans cette pagode une cérémonie fort curieuse, à laquelle on peut assister. Le 8e jour de la première lune de chaque année, il se rend avec tous les grands lamas à la pagode de Tchan-t'an-sse. Arrivé devant le Ta-paotien, il monte sur un trône et assiste à l'office que récitent à voix très grave une centaine de lamas divisés en deux choeurs.
Une lampe faite d'un crâne humain brûle sur un escabeau ; des conques marines accompagnent les chants. Le Houo-Fo se revêt des ornements de cérémonie : une espèce de dalmatique avec l'éphod juif, une mitre semblable à celle du grand-prêtre des Hébreux, le tout jaune brodé d'or. A ses côtés se trouvent des lamas-ministres,