‹ PékingChapitre 142 sur 224 · FA-YUEN-SSE · texte numérisé non relu

FA-YUEN-SSE

Jî9

plusieurs enfants portant des flambeaux, l'eau lustrale et les encensoirs. Pendant tout le temps de l'office qui dure environ une heure, le Houo-Fo ne quitte pas son trône et se tient gravement recueilli ; la foule occupe toutes les cours, tous les pavillons et l'immense esplanade qui précède le temple; elle est sans cesse troublée, refoulée, mise en émoi par Masques des diables ( cérémonie du bouddha-vivant ).

environ 200 individus déguisés en diables qui courent partout en jetant de la farine ou de la chaux et en criant comme des possédés. Leur déguisement n'a rien de remarquable : têtes de tigre, d'ours, d'animaux divers, de monstres, de diables, de fantômes,

tout cela en carton peint avec des vêtements plus ou moins assortis.

Lorsque l'office est terminé, le Houo-Fo se lève, asperge toute l'assistance, met de l'encens dans les cassolettes et s'avance pour pénétrer dans la pagode jusque-là strictement fermée ; les portes s'ouvrent comme d'elles-mêmes, on aperçoit l'idole entourée de godets allumés où brûle l'huile et le beurre ; l'autel est chargé de chandelles carrées de diverses couleurs.

Le Houo-Fo entre seul et les portes se referment. Rien ne rappelle mieux l'entrée du grand-prêtre des juifs dans

Crâne humain servant de lampe. 16 baint des oaintS.

Lorsqu'ils voient le Bouddha-vivant entrer dans la pagode, les diables commencent à se remuer encore davantage, puis se réunissent tous dans la grande cour et font une

PKKING.

ronde infernale vociférant et poussant des hurlements affreux ; le peuple crie, fuit, revient; les gens du commun, très nombreux, se joignent aux diables masqués, et bousculent les femmes et les enfants; enfin, subitement, sans qu'on puisse voir aucun

truc, les diables s'évanouissent, disparaissent on ne sait comment, soi-disant chassés par les prières du Houo-Fo ; ainsi finit la cérémonie. Alors, le Bouddha-vivant remonte dans sa chaise jaune et retourne chez lui, escorté de nombreux lamas à cheval et en voiture ; le peuple se disperse peu à peu et tout rentre dans le calme.

5° KOUANG-MING-TIEN. — Dans l'intérieur de la ville impériale, près de la porte de l'ouest ( Si-hoa-tften ), on voit la pagode Kouang-ming-tien ; elle est facile à distinguer du temple du Ciel, car elle n'a que deux toitures rondes superposées, tandis que le T'ien-t'an en a trois.

Le Kouang-ming-tien a été bâti la 36e année du règne de Kia-king des Ming, et les empereurs de la dynastie actuelle y ont fait quelques réparations. Ce temple est desservi par des Tao-che qui vivent ensemble sous la conduite d'une espèce d'abbé ; c'est un semblant de monastère ; l'empereur donne une pension à ces Tao-che, qui du reste ne sont pas en très grand nombre. La double coupole est couverte en tuiles bleues, les cours dallées de marbre et deux escaliers magnifiques conduisent à la plate-forme du temple. On n'y adore pas Fo comme chez les Bouddhistes, mais Yu-Hoang, T'aè-ki et d'autres divinités de la secte de Lao-tse.

6e FA-YUKN-SSE. — Ce temple situé dans la partie ouest de la ville chinoise est un des plus anciens de Péking ; il date des T'ang. Sous cette dynastie on l'appelait 2s ing-tchou-sse ; il avait remplacé la pagode Tche-tsnen-sse construite par les Soui, c'est-à-dire vers l'an 6oo de notre ère. Une tour en bois fort belle y avait été

Lama en habit de choeur.

Fl. xxnr.

VUE GÉNÉRALE DE L'OBSERVATOIRE i p. 3f,4 i.

MONUMENT DU HOANG-SSE i p. 370 |.

PAGODE DE PI-YUN-SSE 1 p. 3jz )

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