YOUNG-HO-KOUNG
11° YOUNG-HO-KOUNG. — Sous les Ming, un beau palais princier avait été construit dans le nord-est de la ville tartare pour Young-tcheng, qui devint ensuite empereur. Il est de règle que le palais habité précédemment par le souverain soit changé en pagode dès que celui-ci est monté sur le trône ; aussi, après l'élévation de Youngtcheng, le sien fut un lieu sacré. Son second fils et successeur, K'ien-loung, le reconstruisit et le transforma en un temple magnifique qu'il nomma Young-ho-koung;3. ooo lamas doivent le desservir aux frais de l'empereur, mais ils ne sont ordinairement que quatre ou cinq cents. La pagode est divisée en six parties: la porte Tchaotaè-men, puis la seconde Young-homen avec le palais Tien-kouang-tien , puis le Y oung-ho-koung proprement dit et le palais Young-you-tien ; vient ensuite le Fa-loung-tien et trois pavillons très élevés, nommés Ouang-fouko, enfin plus au nord le Soui-tchentien. On peut visiter en détail, moyennant finances, ce superbe monument ; on y voit une statue de Fo qui mesure 23 mètres ; elle est en bois et torchis fort bien décoré. D'innombrables divinités remplissent tous ces beaux pavillons ; c'est la résidence du Houo-Fo ou Bouddha-vivant ; d u
Bouddha-vivant sur son estrade (Young-no-koung}. *.*.wu ■» ^
moins c'est là que des étrangers, deux français et un russe, l'ont vu et entretenu pendant plus d'une heure, il y a environ 3o ans. Il expliqua aux visiteurs qu'ils étaient trois Bouddha vivants ; l'un à Péking, l'autre à Lhassa, le troisième en route, se succédant tous les trois ans ; au-dessus d'eux est le Talé-Lama ou grand pontife, résidant toujours au Thibet. Le Fo vivant était alors un homme d'une quarantaine d'années, à physionomie très énergique et nullement chinoise, aux yeux noirs, au nez fortement accentué et à la moustache très fournie. Il ne s'engageait jamais à fond et répondait prudemment à toutes les questions : « Connaissez-vous les choses à venir ? — Il y en a que je
connais, d'autres que je ne connais pas. — Nos religions sont-elles bonnes ? — Toutes sont bonnes. — Serons-nous sauvés ? — Si vous êtes bons, vous serez sauvés, si vous êtes mauvais, vous serez punis. » Le prétendu dieu a offert du thé excellent et quelques gâteaux dans une assiette européenne en verre bleu ; il portait des
vêtements chinois très riches et était flanqué d'acolythes à gauche et à droite ; son trône était peu élevé, en bois sculpté et doré; on lui montra l'effigie de l'empereur Napoléon sur une pièce d'un franc, sa figure s'épanouit quand on lui fit don de cette pièce avec quatre autres pareilles ; ces cinq pièces montées en boutons ont servi d'attaches aux vêtements de luxe du Bouddha ! Depuis bien des années, on ne peut plus voir le personnage, et même la simple entrée du Yontigho-koung est devenue plus difficile qu'autrefois.
OBSERVATOIRE.— Ce célèbre monument renferme les instruments dont nous
Moulin à prières.
allons donner la description d'après le P. Lecomte :
Horizon azimltal de six pieds de diamètre. — o Cet instrument qui sert a prendre les azimuts, n'est composé que d'un large cercle posé de niveau dans toute sa surface. La double alidade qui en fait le diamètre, court tout le limbe, selon les degrés de l'horizon qu'on y veut marquer, et emporte avec soi un triangle filaire, dont le sommet passe dans la tête d'un arbre élevé perpendiculairement sur le centre du même horizon. Quatre dragons repliés courbent leur tète sous le limbe inférieur de ce grand cercle pour l'affermir. »
Grand quart de cercle de six pieds de rayon. — « Cette portion de cercle est divisée de dix en dix secondes. Le plomb qui marque sa situation verticale pèse une livre et pend du centre par le moyen d'un fil de cuivre très délicat. L'alidade est mobile et coule aisément sur le limbe. Un dragon replié et entouré de nuages va de toutes parts saisir les bandes de l'instrument, de peur qu'elles ne sortent de leur plan commun. Tout le corps du quart de cercle est en l'air, traversé par le centre d'un arbre immobile