‹ PékingChapitre 150 sur 224 · PA-TA-TCH OU · texte numérisé non relu

PA-TA-TCH OU

MS

choui-miao, et la montagne elle-même Kiu-pao-chan. Les T'angy avaient placé une statue couchée du dieu Fo, en bois de Siang-t'an ; mais elle fut remplacée par la statue actuelle fondue sous les Yuen. L'empereur donna cinq cent mille livres de bronze pour la fabriquer ; il est probable qu'alors, comme aujourd'hui, florissait le règne des pots de vin, car la statue ne mesure qu'environ 3 mètres 5o, et son poids est relativement faible. Sous les Ming, la pagode fut nommée Youngngan-sse ; l'empereur Young-tcheng de la dynastie régnante l'appela Che-fangpou-kiao-sse, mais le peuple a continué à lui donner le nom de Ouo-Fo-sse , Temple du Fo couché.

i3° KIÈ-T'AÈ-SSE.— A six lieues de Péking, à 40 li au nord-ouest du pont de Lou-keou-k'iao, on aperçoit la montagne Ma-ngan-chan , ainsi nommée parce qu'elle a la forme d'une selle de cheval ; sous la dynastie des T'ang, on avait bâti au pied de cette montagne une belle pagode, le Houi-kiii-sse ; sous les Léao, un bonze nommé Fa-kiun construisit l'autel Kiè-t'aè, ou autel de l'abstinence, qui fut placé au milieu d'un beau pavillon ; il est en marbre à trois gradins, et les statues des anciens personnages qui ont le mieux observé l'abstinence, l'entourent. Le 8e jour de la 4e lune, on y célèbre une grande fête où se rendent tous les bonzes des environs ; le supérieur fait un sermon sur l'abstinence et on l'écoute avec respect. Ce temple est encore aujourd'hui très richement doté par l'empereur. De là, on a une des plus belles vues de Péking, et les terrasses sont superbes ; c'est une espèce de séminaire pour les jeunes bonzes, qui y pratiquent l'abstinence et des austérités souvent cruelles. Voici ce qu'un visiteur raconte : « Nous vîmes un jeune bonze d'environ vingt ans qui faisait une pénitence ; il s'était déjà brûlé cinquante fois avec des bâtons odorants offerts à l'idole,

et son bras gauche n'était qu'une plaie, il devait de même brûler le bras droit à la fête suivante. Ce spectacle était navrant ! d'autres se traversent les joues avec des broches, traînent des chaînes, portant sur le dos des chasses garnies de prétendues reliques. Le supérieur venait causer avec nous ; mon compagnon, peu scrupuleux, lui offrait souvent du jambon, du vin et autres liqueurs absolument défendues ; il résistait, protestant de sa foi et de son abstinence ; enfin, un jour, il nous dit :

« Attendez-moi ce soir, je viendrai. » Il était tard, la communauté était au lit, le supérieur se jeta sur les victuailles et même se grisa quelque peu, malgré mes efforts pour l'arrêter. « Il n'y a péché, nous disait-il, que si on est vu, or, j'ai fait coucher tout mon monde ! » Et il s'en donna jusque vers minuit, a Ajoutons que ce temple est réputé le plus régulier et le plus sévère de tout le pays !

14° PA-T'A-TCHOU.— Les temples et les collines de Pa-t'atch'ou sont situés à environ 16 kilomètres à l'ouest de Pékinç.

La plupart des Légations européennes y louent pour l'été des

appartements. L'air y est frais Lu-toung-pin ( Immortel ). Temple des Tao-che.

et pur, l'eau excellente, mais moins abondante que celle des belles sources de Pi-yiïnsse. Un des temples est indiqué par une grande tour blanche qui s'aperçoit de fort loin ; les autres pagodes sont étagées sur le versant de la montagne, offrant ainsi des habitations complètement séparées, où chacun peut retrouver son chez soi. Les alentours ne sont pas sans agréments, et l'on peut aller visiter des sépultures et des parcs encore fort bien entretenus. Dès le mois d'octobre, la fraîcheur ramène en ville tout le personnel diplomatique.

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