LA GRANDE PAGODE DE PI-YUN-SS.E ET SES DEPENDANCES
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1MP DES LAZARISTES AU Pf'T ANC
PAGODE DE OUO-FO-SSE ( p. 874
YUEN-MING-YUEN ( PALAIS d'été).
LES monuments qui datent de la dynastie des Ts'ing sont rares ; presque tous ceux que Ton voit à Péking sont l'œuvre des Ming. Il en est un cependant qui, à lui seul, suffirait pour illustrer plusieurs règnes, c'est le fameux palais d'été. Il était en réalité composé d'une multitude de palais joints les uns aux autres : le Tch'angtch'oun-yuen, le Yuen-ming-yuen et le Ouan-cheou-chan , construits et décorés par les empereurs K'ang-si, Young-tcheng et K'ien-loung. Ces palais formaient la grande résidence impériale, où le souverain demeurait toute l'année, à l'exception de deux ou trois mois d'hiver qu'il passait à Péking.
L'incendie de 1860 avait laissé de beaux restes ; certaines constructions étaient peu endommagées, les arbres étaient debout et de nombreux vases, ponts, balustrades, colonnettes en marbre décoraient encore ces jardins. Depuis lors tout a disparu, vendu par les gardiens, ou volé de nuit par la population. On a brisé les belles sculptures de marbre pour prendre le fer qui attachait les pierres entre elles ; on a coupé tous les arbres pour en faire du bois de chauffage ; on a vendu les briques, les tuiles vernissées, enfin à peu près tout. Après l'expédition, les palais étaient réparables, en partie du moins ; on n'a rien réparé. Aujourd'hui ce n'est plus
possible, et On en Construit à nouveau quel- Vase en bronze (Palais d'été).
ques-uns ; la dépense que l'on va faire aurait suffi jadis pour remettre entièrement en bon état ce Versailles de la Chine.
Nous lisons dans le Je-sia : « K'ang-si habitait le palais d'été nommé Tch'ang-
tch'oun-yuen (jardin du printemps perpétuel), il y reçut les ambassadeurs, les légats et les différents envoyés des royaumes étrangers. A 5oo mètres plus au nord était un autre palais appelé Yuai-ming-ynen ; ce nom lui avait été donné par K'ang-si et signifiait « jardin de la prudence et de la clarté ». La 48e année de son règne, K'angsi fit cadeau de cette habitation à son quatrième fils Young-tcheng, qui devait lui succéder ; on y voyait comme principales constructions le Ta-kouang-mingtien et le Fonng-scm-ou-sse-tien. K'ien-loung réunit tous les palais ensemble, et ils prirent le nom unique de Yuen-ming-yuen. La 2e année de son règne, l'empereur chargea Lang-che-ning (le frère Castiglione ) de concert avec Soun-iou, Chen-iuen et d'autres mandarins, de tracer les plans généraux, puis il voulut avoir plusieurs pavillons à l'européenne, qui furent exécutés sous la direction du P. Benoît, d'après les dessins du frère Castiglione.
Le P. Benoît écrivait de Péking, le 16 novembre 1767: «A 2 lieues de la capitale, l'empereur a une maison de plaisance où il passe la plus grande partie de l'année, et il travaille de jour en jour à l'embellir. Pour en avoir une idée, il faut se rappeler ces jardins enchantés dont l'imagination brillante des auteurs a fait une si agréable description. Tous ces jardins sont entrecoupés de différents canaux serpentant entre les montagnes factices; dans quelques endroits, passant par-dessus des rochers et y formant des cascades, quelquefois se réunissant dans des vallons et y formant des pièces d'eau qui prennent le nom de lac ou de mer, suivant leurs différentes grandeurs ; des sentiers en zigzag serpentant par-dessous des montagnes conduisent à des palais délicieux. Le palais destiné au logement de l'empereur et de toute sa cour est d'une étendue immense, et réunit dans son intérieur tout ce que les quatre parties du monde ont de plus recherché et de plus curieux. Outre ce palais, il y en a beaucoup d'autres dans les jardins situés, les uns autour d'une vaste pièce d'eau ou dans des îles ménagées au milieu de ces lacs, les autres sur le penchant de quelque montagne ou dans d'agréables