‹ PékingChapitre 153 sur 224 · YUEN-MING-YUEN. CANAL IMPÉRIAL · texte numérisé non relu

YUEN-MING-YUEN. CANAL IMPÉRIAL

réservoir placé derrière les bâtiments européens et qui alimentait toutes les o-erbes et cascades ; l'eau était amenée par une grande machine hydraulique, mais dès 1786, le

P. Bourgeois écri-

vait qu'elle était déjà détériorée et que l'on montait l'eau à bras d'hom-

me ; elle avait

Brique vernissée, bleue turquoise sans autre couleur.

Êrique vernissée, bleu marine, jaune d'or, vert d'eau.

donc duré 25 ans !

cela n'est pas étonnant, car le Chinois, soit mépris,

soit négligence, finit toujours par revenir aux petits moyens qui lui sont propres. On a vendu des milliers de livres de plomb provenant des feuilles qui doublaient le réservoir. La petite montagne d'où on avait une si belle vue, d'après les lettres du frère Attiret, existe toujours, ainsi que les ponts, mais sans balustrade et plus ou moins endommagés ; les sentiers en zigzag, les grottes en rocailles sont encore là, parce qu'on n'a pu les emporter ! On voit aussi de superbes cartouches en tuiles vernissées à plusieurs couleurs, représentant des fruits, des fleurs, des oiseaux, des nids, enfin des motifs charmants, mais toutes enlevées de leur place et tellement ébréchées qu'on ne pourrait plus rien en faire. Ce que ces palais ont dû coûter de temps, de peine et d'argent est incalculable ; il fallait aussi une rare intelligence et une véritable science architecturale pour mener à bien ces immenses travaux, dont rien en Europe ne saurait donner une idée même approximative. Tout y était en effet original et imprévu, riche et simple en même temps, régulier et contourné de mille façons ; c'est le genre chinois, qui n'a guère changé depuis des siècles.

1° LE CANAL IMPÉRIAL.— Dans la relation de Marco-Polo, nous lisons que « le Canal impérial allait de Kambalick (Péking) jusqu'à King-saï (Tchenkiang). Il était navigable pour les navires, et avait prirt,

° or Brique vernissée, flamme violette, fleurs

40 journées de longueur, avec des écluses pour dis- crème ">êlée de vert et de bleu marin.

tribuer l'eau ; sa largeur était d'environ trente aunes. » Tout cela est exact, mais il ne faudrait pas croire que l'empereur des Yuen qui vivait dans ce temps-là, Koubilaï-

kan, ait lui-même fait creuser en entier ce long canal. Bien avant lui, les monarques chinois avaient déjà fait de grands travaux pour relier entre elles les rivières, surtout dans le sud de l'empire. Les Yuen, d'après les Annales, ayant manqué leur expédition contre les Japonais et perdu cent mille hommes dans un typhon, voulurent pouvoir se passer de la mer pour approvisionner la capitale, et commencèrent le canal qui

Ecluses du canal impérial.

unit Péking au Pè-ho, puis Tien-tsin au fleuve jaune. Les Ming qui avaient leur capitale à Nan-king se transportèrent à Péking sous Young-lo, et terminèrent alors tous les travaux de cet important ouvrage qui joint le sud au nord. Ce canal, quoique fort mal entretenu, sert encore au transport des riz impériaux; chaque année, 10.000 barques le parcourent et approvisionnent le nord de la Chine, c'est par elles que vient tout le riz distribué par l'empereur aux familles des soldats tartares. Ajoutons cependant que depuis la création d'une marine marchande à vapeur, le transit diminue beaucoup sur ce canal ; les quais de Tien-tsin sont chargés d'innombrables sacs de riz, que transportent ensuite les barques à T'oung-tcheou ; là, le canal est employé pour remonter jusqu'à Péking, près de la porte Toiing-pieti-men ; du fleuve à cette porte, il y a cinq écluses entièrement démolies; à chacune, il faut transporter les sacs à dos d'homme, jusqu'au niveau supérieur. On passe sous le pont de Pa-li-k'iao, célèbre par la défaite des troupes tartares en 1860. Ce pont n'a rien qui le distingue des autres, c'est un pont à trois arches seulement et le parapet porte encore les traces des boulets français. Si on veut subir l'ennui de cinq transbordements, on peut aller en barque de Péking à Tien-tsin par ce canal et le Pè-ho.

2° PONT DE LOU-KEOU-K'IAO.— Marco-Polo parle du superbe pont de Loukeou-k'iao bâti en cinq années ( 1 189-1 194) par l'empereur Ming-tchang de la dynastie des Kin. Ce pont est une merveille ; ceux qui le traversent ne peuvent s'empêcher de l'admirer ; il a 35o pas de long (Marco-Polo dit 1000 pieds), sur 18 pas de large ; onze arches le supportent, elles vont s' abaissant du milieu vers les rives. Le parapet

Pi,, xxvi.

GRAND ARC DE TRIOMPHE EN MARBRE [tombeaux des min... i\ 3!>3

MONTAGNE, TOUR HT LAC DE YU-TS'U EN-CHAN I p. 3t3 I.

MP. DES LAZARISTES AU PfT ANC.

EXTERIEUR DES MURAILLES DE PEKING (p. 342).

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