TAOÏSME
« connaissent pour le prince des philosophes « chinois, n'en ont pas d'autre que celui « qui lui est consacré, lequel est bâti pour <■ l'ordinaire près des universités, ou joignant « la maison du magistrat, qui tient le premier « rang parmi les doctes. On voit dans ce « temple la statue de ce Dieu toute chargée « de lettres, ou bien on trouve à sa place son « nom écrit en lettres d'or sur une table dont « les caractères sont de la hauteur d'une cou- « dée. On découvre à côté de cette même « statue, celles de quelques-uns des disciples « de ce Confucius que les Chinois ont mis au « nombre des Dieux, et qu'ils estiment beau- « coup moindres que leur maître. Tous les « magistrats de la ville s'assemblent dans ce « temple deux fois le mois, savoir : au temps « du renouveau et du plein de la lune ; et la « coutume de ces personnes est d'adorer ce « Dieu avec de profondes inclinations, avec « des cierges allumés, de l'encens et des par- « fums, après avoir quitté toutes les marques « de leur doctorat. » Voilà de la façon que ces savants adorent cette fausse divinité, qui est presque la même que celle dont se servaient les Égyptiens, lesquels offraient des sacrifices à Mercure le premier jour du mois de Toth. Tous les temples sont ornés des statues de Confucius, et l'on en voit de toutes façons, les unes étant fort grandes, les autres médiocres, et les autres plus petites ; de sorte qu'on peut porter ces dernières avec facilité. J'ai eu la satisfaction d'en considérer et toucher une que le P. Nunnius Mascarenias, assistant du Portugal, m'avait donnée, laquelle m'a fait voir la vérité de ce que je dis. « La seconde secte des Chinois est appelée Sciaguia, ou Omyio (bouddh'sme ). L'in-
Taoïsme Statue du dieu de la Longévité, Lao-cheou-sin Porcelaine polychrome, K'ang-si. \ pé-t'ang I
PKKING.
Taoïsme.
Le Philosophe ayant trouvé le Ling-tche . champignon de l'Immortalité.
Statue en bronze niellé. I pk-t'anc. I
troduction de cette détestable loi est venue du côté de l'Occident, et a été portée du royaume qu'on appelle Trenio, ou Sciuro dans la Chine. Le P. Trigault nous assure que ces royaumes sont appelés du seul nom de Indostan, et que leur situation est entre l'Inde et le Gange. Si nous recherchons maintenant l'origine de cette secte, nous trouverons que les personnes qui se piquaient de science (comme les Brachmanes, les Perses et les Bactriens, qui habitaient dans tout le pays de l'Indostan ), ont été les introducteurs de toutes ces erreurs et de toutes ces idolâtries, et on ne doutera plus que ce ne soient eux qui ont causé tous ces désordres, quand on saura qu'ils ont établi des colonies de leurs nations dans la Chine. Les sectateurs de cette opinion qui suivent de point en point la philosophie de Pythagore, croient qu'il y a plusieurs mondes, et admettent la métempsycose, c'est-à-dire la transmigration des âmes dans les corps des bêtes.
« Le P. Trigault ajoute les paroles suivantes : « Cette ridicule secte suit à l'aveugle l'opinion de « Démocrite, et le sentiment de quelques autres « philosophes, savoir qu'il y a plusieurs mondes dans « la nature ; mais surtout, elle a pour maxime fonda- « mentale de la croyance, la doctrine de Pythagore, « qui enseigne la transmigration des âmes » ; à quoi elle a ajouté plusieurs autres rêveries pour mieux pallier la fausseté de ses préceptes. Ils sont si exacts observateurs des lois Pythagoriciennes, qu'ils se privent de mano-er de la viande, se rasent la tête et la barbe, s'adonnent si fort à la contemplation, qu'ils choisissent les lieux écartés pour cet effet, et se retirent dans les déserts et sur les montagnes, afin d'y vaquer plus à leur aise et de jouir d'un plus profond repos. Leurs temples sont remplis d'un nombre infini d'idoles, qui représentent les plus horribles et
CONFUCIANISME.